Corridor 13 : les lenteurs de la BAD ravivent les interrogations sur l’attribution des marchés

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Les retards enregistrés sur le corridor 13 sont désormais officiellement reconnus par le gouvernement centrafricain. Lors du Conseil des ministres du 20 août 2026, le ministre d’État chargé de l’Équipement et des Travaux publics a fait état de lenteurs liées notamment à la lourdeur des procédures de passation des marchés et aux délais d’obtention des avis de non-objection de la Banque africaine de développement (BAD).

 

 

Le gouvernement demande désormais à la BAD des mesures d’assouplissement et d’accompagnement pour accélérer l’exécution des travaux. Ces difficultés interviennent alors que le financement et la passation des marchés du corridor 13 avaient déjà fait l’objet d’une enquête de Corbeau News Centrafrique en 2023.

Corridor 13 : les lenteurs de la BAD ravivent les interrogations sur l’attribution des marchés
Le superviseur chinois en gilet des travaux parle aux deux conducteurs chinois sur le chantier des travaux routiers de Corridor 13 vers Mbaïki. Photo CNC

 

En 2023, une attribution contestée

 

En mai 2023, Corbeau News Centrafrique avait enquêté sur les conditions d’attribution de plusieurs lots du corridor 13. Les investigations avaient notamment porté sur les décisions prises autour de deux entreprises chinoises : SINOHYDRO Corporation et China Harbour Engineering Company (CHEC).

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Les documents consultés à l’époque par la rédaction faisaient apparaître une première sélection des entreprises par la commission chargée de l’évaluation des offres. Pour le lot 1, SINOHYDRO avait été retenue, tandis que CHEC apparaissait comme l’entreprise sélectionnée pour le lot 2.

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La procédure avait ensuite connu plusieurs évolutions. Une demande de variante avait notamment modifié la configuration initiale, avec la perspective de confier les deux lots à SINOHYDRO.

 

Cette modification avait conduit la rédaction à s’interroger sur les conditions dans lesquelles les résultats de l’évaluation avaient évolué après la sélection initiale.

 

L’enquête ne reposait pas sur une simple lecture de documents disponibles sur Internet. Elle avait été menée auprès des différents acteurs concernés par le dossier. Les représentants des entreprises impliquées avaient été contactés et entendus. Les éléments recueillis avaient ensuite été confrontés aux documents administratifs et techniques disponibles.

 

Un dossier suivi jusqu’à Abidjan

 

L’affaire ne s’était pas limitée aux échanges entre le ministère centrafricain des Travaux publics et les entreprises candidates.

 

Le dossier avait été porté au niveau de la Banque africaine de développement, dont le dispositif de financement impliquait des procédures de contrôle et d’obtention d’avis de non-objection avant certaines étapes de la passation des marchés.

 

Les investigations de Corbeau News Centrafrique avaient ainsi suivi le dossier jusque dans les échanges avec la représentation de la BAD à Abidjan.

 

Cette étape était déterminante. Une entreprise qui estimait avoir été écartée au terme du processus avait fait valoir ses arguments auprès des responsables concernés. Dans le même temps, l’entreprise finalement retenue avait également été entendue sur les conditions dans lesquelles elle avait obtenu le marché.

 

Les différentes versions avaient été examinées en parallèle avec les documents de la procédure.

 

L’enquête publiée en mai 2023 avait ainsi décrit une procédure marquée par des changements dans l’évaluation et par des interventions successives autour de l’attribution des lots.

 

La BAD au centre du dispositif

 

Trois ans plus tard, le Conseil des ministres du 20 août 2026 replace la BAD au centre des difficultés rencontrées sur le corridor 13.

 

Le gouvernement reconnaît des retards dans l’exécution des travaux et identifie plusieurs causes : la gestion de 17 projets distincts, la lourdeur des procédures de passation des marchés et les délais nécessaires à l’obtention des avis de non-objection.

 

Le Conseil des ministres demande ainsi des mesures d’assouplissement et d’accompagnement de la part de la BAD afin de permettre une accélération de l’exécution des travaux.

 

Cette reconnaissance officielle intervient alors que le corridor 13 reste dépendant d’un ensemble de procédures de validation liées à son financement.

 

Les délais ne concernent donc pas uniquement les entreprises présentes sur les différents chantiers. Ils touchent également le processus administratif qui précède et encadre leur intervention.

 

Trois ans après, les mêmes procédures ralentissent encore les travaux

 

L’évolution du dossier depuis 2023 donne un relief particulier aux annonces du Conseil des ministres.

 

À l’époque, l’enquête de Corbeau News Centrafrique avait montré que l’attribution des marchés du corridor 13 s’inscrivait dans une procédure complexe, impliquant plusieurs niveaux d’évaluation, de validation et de contrôle.

 

En 2026, le gouvernement reconnaît à son tour que les procédures de passation et les avis de non-objection constituent des facteurs de ralentissement.

 

Le problème n’est donc plus seulement celui du choix d’une entreprise pour réaliser les travaux. Il concerne désormais la capacité du dispositif de passation et de validation à permettre une exécution rapide des projets.

 

Le corridor 13 regroupe 17 projets distincts. Chaque marché doit suivre les différentes étapes prévues par les procédures applicables aux financements de la BAD. Les retards enregistrés sur une étape peuvent ainsi avoir des répercussions sur le calendrier général des travaux.

 

Une pression croissante sur la BAD

 

Face aux retards, le gouvernement centrafricain cherche désormais à obtenir un assouplissement des procédures auprès de la BAD.

 

La démarche traduit une volonté d’accélérer les validations nécessaires à la poursuite des différents projets.

 

Elle intervient dans un contexte où les travaux du corridor 13 restent un chantier majeur pour les infrastructures routières centrafricaines. Les lenteurs administratives deviennent ainsi un facteur directement lié au rythme d’exécution sur le terrain.

 

Trois ans après l’enquête menée sur les conditions d’attribution de certains marchés, le dossier revient donc au premier plan sous un autre angle : celui des délais de passation, des validations financières et des avis de non-objection.

 

Le Conseil des ministres du 20 août 2026 demande à la BAD de faciliter davantage ces procédures. Le gouvernement veut désormais obtenir des réponses permettant de débloquer les différents marchés et d’accélérer l’avancement des 17 projets inscrits dans le corridor 13.

 

Par Gisèle MOLOMA

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