Wagner mobilise les ex-rebelles du MPC et de l’UPC pour traquer Florent Kema, chef d’État-major de la CMSPR

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les Mercenaires russes du groupe Wagner sont en train d’organiser une vaste opération dans l’Ouham pour capturer le chef du CIEM-SPR, utilisant d’anciens combattants comme supplétifs dans cette chasse à l’homme.
Une opération d’envergure se dessine dans les forêts de l’Ouham où les mercenaires du groupe Wagner concentrent tous leurs efforts pour mettre la main sur Florent Kema, chef d’état-major du CIEM-SPR. Cette traque, qui dure depuis plusieurs mois, prend aujourd’hui une dimension nouvelle avec l’implication directe d’anciens rebelles du MPC et de l’UPC transformés en auxiliaires des forces russes communément appelés russes noirs.
La stratégie déployée par Wagner repose sur une manipulation savante des anciens combattants censés avoir été désarmés. Un ancien rebelle du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), récemment rallié au CIEM-SPR, a été approché par Mahamat Al-Khatim, chef du MPC, qui l’a convaincu de déposer ses armes auprès des mercenaires russes.
Cette reddition apparemment volontaire cachait en réalité un piège sophistiqué. L’ex-combattant du MPC a ensuite été présenté aux Russes comme un élément du CIEM-SPR disposant d’informations sur la localisation de Florent Kema dans la forêt. Cette mise en scène permet aux mercenaires d’obtenir des renseignements tout en gardant leurs mains apparemment propres.
Autour de cet ancien combattant utilisé comme appât, d’autres éléments du MPC, désormais intégrés dans la sphère d’influence russe depuis l’accord de leur mouvement avec le gouvernement, se préparent à participer activement à cette opération de traque. Ces hommes, qui combattaient hier contre l’État centrafricain, servent aujourd’hui d’auxiliaires aux mercenaires russes.
L’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) d’Ali Darassa n’est pas en reste dans cette collaboration avec Wagner. Des ex-rebelles de ce mouvement, officiellement désarmés et démobilisés, ont été discrètement réemployés par les mercenaires russes pour des missions de repérage en brousse. Ces hommes connaissent parfaitement le terrain et les habitudes des populations locales, ce qui en fait des auxiliaires précieux pour les opérations russes.
La promesse d’intégration dans l’armée nationale, brandie devant ces anciens combattants, s’efface progressivement devant la réalité d’une collaboration forcée avec les mercenaires. Au lieu de devenir des soldats centrafricains, ils se transforment en supplétifs d’une force étrangère poursuivant ses propres objectifs.
Cette instrumentalisation des ex-rebelles par Wagner s’inscrit dans une stratégie plus large d’effacement. En refusant d’apparaître directement dans ces opérations, les mercenaires russes utilisent le MPC et l’UPC comme façade pour avancer leurs pions. Cette méthode leur permet de nier toute implication directe tout en dirigeant effectivement les opérations.
L’objectif de cette vaste mobilisation est clair : capturer Florent Kema, ex-député centrafricain devenu chef militaire d’une coalition rebelle. Cet homme représente visiblement une menace suffisamment importante aux yeux des mercenaires pour justifier une opération de cette ampleur.
Depuis plusieurs mois, toutes les tentatives de capture de Florent Kema se sont soldées par des échecs retentissants. Ces opérations ratées ont pourtant laissé des traces douloureuses : incendies de villages, violences contre des civils dans l’Ouham, déplacements forcés de populations. Le coût humain de cette chasse à l’homme s’alourdit sans que l’objectif soit atteint.
Cette nouvelle offensive intervient dans un contexte particulièrement ironique. L’accord de Ndjamena du 19 avril 2025 prévoyait officiellement la dissolution des 3R et de l’UPC. Pourtant, les anciens combattants de ces groupes se retrouvent aujourd’hui enrôlés, sans statut légal ni protection, dans une guerre qui ne dit pas son nom.
Cette contradiction entre les accords officiels et la réalité sur le terrain démontre l’hypocrisie du processus de paix centrafricain. Pendant que les dirigeants signent des accords de désarmement à grand renfort de publicité, les mêmes combattants sont recyclés dans de nouvelles opérations militaires sous direction étrangère.
La transformation des ex-MPC et ex-UPC en simples supplétifs de Wagner constitue un détournement du processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration. Au lieu d’être réinsérés dans la société civile, ces hommes deviennent les instruments d’une puissance étrangère sur le territoire centrafricain.
Cette chasse à l’homme contre Florent Kema , menée avec la bénédiction de chefs rebelles devenus collaborateurs, met en péril le fragile processus de paix. Elle démontre que les accords signés ne valent que le papier sur lequel ils sont écrits quand les mercenaires russes ont d’autres priorités.
Cette situation confirme la dépendance totale du régime centrafricain aux mercenaires russes. Ces derniers ne se contentent plus de conseiller ou d’appuyer les forces gouvernementales, ils dirigent directement les opérations militaires en utilisant les ressources humaines locales comme chair à canon.
La mobilisation des ex-rebelles pour traquer Florent Kema démontre aussi l’échec du processus de réconciliation nationale. Au lieu de pacifier le pays en intégrant véritablement les anciens combattants, le gouvernement les utilise dans de nouveaux conflits armés sous direction étrangère.
Cette instrumentalisation des ex-rebelles par Wagner transforme la République centrafricaine en terrain de jeu pour les mercenaires russes qui manipulent les acteurs locaux selon leurs besoins. Le pays perd ainsi progressivement le contrôle de ses propres forces et de sa politique sécuritaire, devenant un simple théâtre d’opérations pour des intérêts étrangers.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)