Centrafrique : Sous la pression de Wagner, Jules Njawé accuse Paris de « guerre médiatique » pour sauver l’axe Moscou-Bangui

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Centrafrique : Sous la pression de Wagner, Jules Njawé accuse Paris de « guerre médiatique » pour sauver l’axe Moscou-Bangui

 

Centrafrique : Sous la pression de Wagner, Jules Njawé accuse Paris de « guerre médiatique » pour sauver l’axe Moscou-Bangui
le camerounais Jules Njawé. conseiller du dictateur de Bangui, Faustin Archange Touadera

 

Rédigé le 23 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

C’est une scène qui en dit long sur les coulisses du pouvoir centrafricain. Ce vendredi 20 mars 2026, à l’hôtel Ledger de Bangui, le Camerounais Jules Njawé, ministre conseiller chargé des relations publiques de Faustin Archange Touadera, a brisé un silence assourdissant qui règne sur le Palais de la Renaissance. Officiellement il s’agissait de dénoncer, selon la présidence de la République, des « campagnes informationnelles » visant la République centrafricaine. Mais officieusement, tout le monde sait : les mercenaires du groupe Wagner, inquiets de voir leur influence s’effriter, ont forcé la main du pouvoir.

 

Le réchauffement diplomatique est palpable. D’un côté, Paris tend la main à Bangui. De l’autre, Faustin-Archange Touadéra multiplie les voyages à Moscou et prépare l’arrivée officielle d’Africa Corps pour remplacer Wagner sur le terrain. Ce double jeu ne passe pas inaperçu chez ces mercenaires russes de Wagner. Pour preuve, leurs pressions sur le chef de l’État s’intensifient, Wagner exigeant même une “dette de protection” faramineuse de 900 milliards de FCFA. Et pour calmer la bête, Touadéra a envoyé son fidèle conseiller convoquer la presse.

 

Dans ses points de presse, Jules Njawé rejette avec virulence toute accusation contre le groupe Wagner : « faux, non étayés et construits pour susciter artificiellement la méfiance ». Il dénonce un « narratif cohérent » destiné à « altérer la perception de ce partenariat » et à « semer le doute au sein de l’opinion publique ». Mais le plus explosif reste à venir.

 

Jules Njawé le ministre bagarreur évoque ouvertement une possible implication de l’ambassade de France dans ces campagnes de discrédit. Un nom circule : David Denis, présenté comme acteur dans la communication et les relations publiques. Sans preuve, Njawé insiste sur la « gravité » des faits et exige une clarification officielle. Il pose même un ultimatum à l’ambassade de France à Bangui : si ces accusations sont infondées, elles doivent être « formellement démenties ». Sinon, elles relèvent ni plus ni moins d’une « ingérence » dans l’espace informationnel centrafricain, a-t-il martelé.

 

Et il conclut par cette phrase qui sonne comme un message direct aux Wagner :

« L’attaque ne concerne pas uniquement la Russie, elle concerne aussi notre droit souverain à choisir nos partenaires. »

 

Dans la foulée, il appelle la ministre des Affaires étrangères à se saisir du dossier pour défendre ce qu’il nomme à sa manière et ce, pour séduire l’entourage présidentiel, la « souveraineté informationnelle », il explique son terme, la capacité d’un État à protéger son espace médiatique contre les influences extérieures.

 

Derrière les grands mots, le calcul est limpide comme l’eau potable des Libanais à Bangui. Wagner, sentant le vent tourner avec l’arrivée annoncée d’Africa Corps, a besoin d’être rassuré. Accuser la France de tous les maux permet à Touadéra de montrer qu’il reste fidèle au « partenaire stratégique » russe, tout en rappelant subtilement que la RCA reste libre de ses choix. Un double langage savamment organisé pour gagner du temps, selon un diplomate en poste à Bangui contacté par la Rédaction de CNC.

 

Mais cette manœuvre, selon notre diplomate, risque de coûter cher sur le plan politique et diplomatique à Touadera. En instrumentalisant la désinformation comme levier géopolitique, son pouvoir ne fait que confirmer ce que beaucoup soupçonnent : entre Paris et Moscou, Bangui danse sur un fil. Et les mercenaires russes, habitués à dicter leur loi, n’ont pas l’intention de céder leur place sans combattre, même si le combat doit se jouer désormais officiellement dans les médias.

 

Pour un homme politique à Bangui, la Centrafrique est-elle vraiment souveraine, ou simplement prise en otage entre deux puissances et un groupe des mercenaires qui se disputent son sol ?

 

Tant que Wagner, ce groupe des mercenaires, tire et tirera les ficelles en coulisses, la réponse à cette interrogation est dans l’attitude de cet otage camerounais Jules Njawé.

 

Par Gisèle MOLOMA

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