quand Touadéra brise à nouveau son serment constitutionnel et force illégalement sa candidature pour un troisième mandat
L’annonce du troisième mandat de Faustin-Archange Touadera intervient alors que l’ancienne constitution limite Touadéra à deux, rendant sa démarche une violation ouverte de son engagement.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Sous l’ancienne constitution du 30 mars 2016, Faustin-Archange Touadera reste contraint par la limite de deux mandats, pourtant il annonce sa candidature le 26 juillet dernier à Bangui, foulant son serment et la légalité.
En effet, le 30 mars 2016, Faustin-Archange Touadéra prête serment pour son premier mandat présidentiel sur la Constitution alors en vigueur, texte fondamental limitant le chef de l’État à deux mandats de cinq ans. Cinq ans plus tard, en 2021, il renouvelle le même serment pour un second mandat, engageant une nouvelle fois sa parole à respecter les dispositions de cette constitution, y compris la limite stricte qui interdit toute tentative de troisième mandat consécutif. Cet engagement solennel, prononcé devant la nation et la Cour constitutionnelle, le lie jusqu’au terme de son mandat en cours.
Toutefois, en 2023, un référendum modifie profondément la loi fondamentale. La nouvelle constitution, promulguée le 30 août, prévoit un septennat renouvelable et ne fixe plus de plafond au nombre de mandats. Cependant, ses dispositions transitoires précisent que le président en fonction demeure en place jusqu’à la fin de son mandat actuel, sans pour autant le délier des obligations issues de la constitution du 30 mars 2016, laquelle il a prêté serment par deux fois. Juridiquement, cela signifie qu’il conserve le pouvoir, mais reste soumis aux contraintes de l’ancienne constitution qui existaient au moment de sa réélection.
C’est pourtant dans ce contexte qu’en juillet 2025, lors du congrès de son parti à Bangui, le Mouvement Cœurs Unis, Touadéra annonce sa candidature pour un troisième mandat. Pourtant, cette décision intervient avant la fin de son mandat actuel et en contradiction directe avec la limitation de deux mandats imposée par la constitution de 2016. Un tel acte ne relève pas d’une simple manœuvre politique, mais d’une violation caractérisée de l’engagement constitutionnel qui le lie à la nation.
Pour comprendre l’ampleur de cette violation, il faut revenir à la crise institutionnelle provoquée par la tentative de réécriture de la Constitution en 2022. En septembre de cette année-là, la Cour constitutionnelle, alors présidée par la professeure Danièle Darlan, annule les décrets créant un comité chargé de rédiger une nouvelle constitution. La haute juridiction rappelle que la loi fondamentale de 2016 ne peut pas être purement et simplement remplacée par un texte issu d’une commission présidentielle. Elle précise que toute révision doit passer par les procédures prévues, incluant le vote du Parlement réuni en Congrès ou le recours au référendum, avec l’avis préalable des organes compétents. Elle insiste aussi sur l’intangibilité du nombre et de la durée des mandats présidentiels, clauses que nul pouvoir ne peut modifier.
Au lieu de se conformer à cette décision, le président choisit de contourner l’obstacle en écartant Danièle Darlan, brisant ainsi un principe fondamental de séparation des pouvoirs. Ce geste n’est pas anodin : il démontre un comportement constant de refus d’acceptation des règles lorsqu’elles limitent ses ambitions. Cette attitude installe un précédent dangereux où le chef de l’État se place au-dessus de la loi, donnant le signal qu’aucune institution, pas même la plus haute juridiction du pays, ne peut freiner sa volonté.
Le texte remanié est soumis à référendum en juillet 2023, dans un contexte où les contre-pouvoirs ont été affaiblis. La nouvelle constitution, promulguée le 30 août, efface les garde-fous de 2016 et supprime les verrous protégeant la durée et le nombre des mandats. En créant ce cadre sur mesure, Touadéra montre que son rapport à la loi est utilitaire : elle s’impose seulement quand elle sert son intérêt, et se modifie dès qu’elle constitue un obstacle.
L’annonce de candidature de juillet 2025 s’inscrit dans la continuité de ce comportement. Elle confirme que le président n’hésite pas à exploiter chaque brèche, quitte à trahir l’esprit du texte sur lequel il a prêté serment. Cette posture fragilise l’ensemble de l’architecture institutionnelle du pays : si le garant de la Constitution est le premier à la violer, alors le contrat social qui lie l’État et les citoyens perd toute valeur. Les conséquences dépassent le simple calendrier électoral : elles installent l’idée qu’en Centrafrique, la loi n’est qu’un instrument malléable au service d’une ambition personnelle.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)