Centrafrique : Quand la liberté d’expression est bafouée

Publié le 23 février 2022 , 7:07
Mis à jour le: 23 février 2022 8:03

 

Bangui, 24 février 2022 (Corbeaunews – Centrafrique ) – Les médias, les écrivains, les intellectuels, les polémistes pour ne citer qu’eux, peuvent-ils évoquer librement tous les sujets ? Chacun pourra se faire son idée en lisant la presse ou en écoutant les radios centrafricaines. A première vue, chacun est libre de s’exprimer comme il l’entend au pays de Boganda mais il convient tout de même de ne pas tirer de conclusions trop hâtives.

image de la cloture de la radio Ndèkèluka à Bangui, en République centrafricaine.
image de la cloture de la radio Ndèkèluka à Bangui, en République centrafricaine.

 

La presse écrite

 

Nombreux sont les quotidiens centrafricains qui ne connaissent pas de problèmes car ils adoptent une ligne éditoriale soit neutre, soit allant dans le sens des autorités du pays. Ils peuvent alors s’exprimer « librement » puisqu’ils ne risquent pas de s’attirer les foudres du pouvoir en place même si leurs articles ne correspondent pas à la réalité que chacun vit au quotidien ! En revanche, ceux qui essaient de faire leur travail de journaliste avec professionnalisme et déontologie pour simplement informer les lecteurs, sont parfois victimes de pressions. Certains connaissent des visites à domicile effectuées par les requins et bien évidemment commanditées.

 

Pour la radio

C’est sensiblement la même chose. Effectivement, celles qui sont dans la droite ligne du parti ne connaissent pas de soucis. En revanche, celles qui couvrent l’actualité de manière factuelle sans la parer d’habits ou d’artifices visant à tromper le lecteur sont parfois dans l’œil du cyclone. On leur fait rapidement comprendre qu’ils sont allés trop loin et que le gouvernement en place et ceux qui tirent les ficelles ne doivent pas faire l’objet de railleries ou de contestations.

Ce fut le cas de la station Ndeke Luka, radio la plus écoutée au pays, qui fin 2019 a eu l’interdiction d’émettre pendant plus d’une semaine. La raison invoquée était due à un défaut de paiement pour l’utilisation de leurs émetteurs en province. Mais cela n’était pas vrai. Ils avaient surtout rapporté des faits qui embarrassaient le pouvoir en place et surtout leurs conseillers russes. L’intimidation est une des méthodes récurrentes que les Russes utilisent pour faire taire l’opposition et réduire la liberté d’expression. C’est le même cas pour la station Bangui FM qui a été suspendue durant des mois.

 

La Russie, un pays particulièrement répressif contre les opposants !

 

En effet, pas plus tard qu’en ce début d’année, 15 ans de prison ont été infligés par la justice russe à l’historien Iouri Dmitriev. D’après l’ONG russe Mémorial qui dénonce l’acharnement du pouvoir de Moscou, ce procès aurait été truqué. Pour couper court, l’ONG Mémorial a de suite été dissoute par les autorités russes, jetant ainsi la liberté d’expression aux oubliettes. Toujours dans le même registre, l’écrivain satirique russe Viktor Chenderovitch qui présentent également des émissions de télévision et de radio vient d’annoncer qu’il se voyait obligé de quitter la Russie car il subissait de fortes pressions. Il craint pour sa vie du fait de ses prises de positions qui ne plaisent pas en haut-lieu. Il craint d’être condamné en diffamation à l’issue d’un procès intenté par Evguéni Prigojine. Ces deux exemples sont malheureusement loin d’être des cas isolés, la Russie étant régulièrement épinglée comme étant un pays particulièrement répressif contre les opposants !

 

Là où la liberté d’expression est bafouée, les libertés reculent ! Ouvrons les yeux !

 

 

Par Adama Bria

Journaliste rédacteur

Alain Nzilo

Directeur de publications

Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21

Email : alainnzilo@gmail.com

 

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