Centrafrique : les ex-rebelles de 3R ont pris d’assaut les sites miniers de Gbabé et Carrefour, dans la circonscription de Yaloké 2

Rédigé le 03 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Ce que beaucoup redoutaient est en train de se produire à Yaloké 2. Les ex-rebelles du 3R ont envahi les sites miniers aurifères de Gbabé et Carrefour, semant l’inquiétude au sein des ouvriers.
En effet, pour comprendre cette histoire, il est important de remonter au début de l’année dernière avec la signature de l’accord de paix et de la cessation d’hostilité entre le gouvernement centrafricain et le mouvement 3R à Ndjamena, au Tchad.
Avant cette date, ces ex-rebelles faisaient face régulièrement aux caprices des mercenaires de la milice Wagner qui les pourchassent partout. Pour cette raison, ils étaient plus discrets quand à leurs présence sur des sites miniers.
Mais dès que cet accord de paix a été signé le 19 avril 2025, leur comportement a pris une autre tournure. Libérés de cette pression des Wagner, ils ont commencé à circuler plus librement, à parler plus fort, à avancer plus loin. Leur appétit pour le contrôle des zones minières a grandi au fil des semaines, comme une marée qui monte doucement sans que personne ne s’en aperçoive vraiment.
Ce regain d’audace les a également poussé à briser leurs anciennes alliances avec d’autres groupes armés. Pour rappel, le mouvement 3R faisait autrefois partie de la CPC, la Coalition des Patriotes pour le Changement, mais depuis leur ralliement au gouvernement, certains de leurs éléments se retournent contre leurs anciens frères de la CPC. Et ce n’est pas seulement contre la CPC qu’ils agissent, les populations civiles en subissent aussi les conséquences.
C’est dans ce climat tendu qu’ils ont commencé à déborder de leur zone d’influence. Après avoir d’abord posé la main sur plusieurs chantiers miniers du côté de Bossemptélé pour aller vers Bozoum, ils ont poussé leur avancée jusqu’aux sites miniers situés dans la deuxième circonscription de Yaloké , notamment vers Carrefour et Gbabé.
Sur place, leur façon de procéder ne laisse aucun doute sur leurs intentions. Ils se présentent aux chefs de chantier en affirmant qu’ils viennent surveiller, contrôler, sécuriser. Mais derrière ce mot de surveillance, les mineurs ont vite compris ce qui se cache réellement.
Car surveiller, dans leur langage, veut dire taxer. Des paiements sont exigés, des sommes imposées aux travailleurs , tout comme aux acheteurs qui n’ont d’autre choix que de se plier ou de partir. Pour des gens qui grattent la terre chaque jour pour nourrir leur famille, cette ponction devient un fardeau de trop.
Depuis que les ex-rebelles de 3R ont pris d’assaut ces sites miniers, les femmes, les hommes et même les jeunes qui vivaient de l’orpaillage hésitent à se rendre sur les sites. La peur a remplacé l’envie de travailler, et les chantiers qui bourdonnaient d’activité se vident peu à peu. Personne ne sait encore jusqu’où cette emprise va s’étendre dans les jours qui viennent.
Par Arsène Zato
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