Centrafrique : le CNCA-PDD demande au Président Touadera de démissionner

Publié le 19 mai 2022 , 8:05
Mis à jour le: 19 mai 2022 12:24

 Rédigé par Prisca VICKOS

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le 20 mai 2022

 

 Bangui (CNC) – Le Président du CONGRÈS NATIONAL CENTRAFRICAIN POUR LA PAIX, LA DÉMOCRATIE  ET LE   DÉVELOPPEMENT  (CNCA-PDD), monsieur Ferdinand MBOKOTO-MADJI,  dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État Faustin Archange Touadera, exige la démission de celui-ci de la présidence de la République. Selon ce leader de l’opposition démocratique, Avec le médiocre gouvernement actuel, ce régime impopulaire et criminel incarne le mal centrafricain.  

 « Durant les six années de votre règne dictatorial, le nombre de vie des centrafricains fauchées équivaut au double des personnes tuées durant tous les évènements malheureux de l’histoire de notre pays », affirme – t- il.

Ci-dessous l’intégralité de sa lettre ouverte au chef de l’État Faustin Archange Touadera.

Ferdinand MBOKOTO-MADJI
Monsieur Ferdinand MBOKOTO-MADJI

 

 

              LETTRE OUVERTE À MONSIEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA,

                           PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE,

                                                         CHEF DE L’ÉTAT

 

                                              PALAIS DE LA RENAISSANCE

                                                                 BANGUI

 

Monsieur le Président,

Aujourd’hui, la République centrafricaine fait face à des séries de crises (crise sociale,  crise post-électorale, crise économique,  crise morale, crise culturelle et crise de confiance).

 

Pour sortir ce pays de l’impasse socio-politique et sécuritaire dans laquelle vous l’avez sciemment entraîné, votre régime avait opposé une fin de non recevoir au dialogue inclusif que la classe politique et la communauté internationale avaient demandé.

Vous avez préféré la confrontation armée avec votre  concept  » woin n’a woin  » et pourtant vous n’avez pas les moyens de mener cette politique.

 

La loi fondamentale du pays est quotidiennement violée et les droits humains sont en permanence bafoués.

Plusieurs acteurs politiques de l’opposition sont arrêtés ou emprisonnés arbitrairement pour des délits d’opinion.

Des responsables de l’opposition sont interdits de sortie du territoire national, certains font l’objet de filatures policières permanentes et leurs communications sont contrôlées. Ils reçoivent des coups de fil anonymes de menaces de mort. Vous imposez à ce peuple un régime autoritaire et de terreur.

 

Les médias d’État consacrent toutes leurs émissions à la célébration du culte de votre personnalité et à la propagande de votre parti le Mouvement Coeurs Unis (MCU) aussi bien à la gloire de vos alliés Wagner et rwandais.

 

La souveraineté du peuple est ébréchée par les récentes élections truquées de manière ahurissante à cause de la mégarde d’une partie de la communauté internationale piégée, par une cour constitutionnelle qui vous est totalement soumise et par vos valets de l’Autorité nationale des élections (ANE).

Vous voulez coûte que coûte modifier la constitution que le peuple s’est choisi par référendum pour vous éterniser au pouvoir.

Quelle arrogance ? Quelle incrédulité ? Et quel risque ?

La démocratie centrafricaine telle que voulu par le peuple après les évènements de 2013 est gravement en panne.

 

Monsieur le Président, le rôle régalien des forces de défense et de sécurité est la protection des personnes et des biens ainsi que la défense de l’intégrité territoriale.

Ces forces se doivent d’être au service de la population et non contre elle. Creuset très sûr où doivent se forger le patriotisme et la conscience nationale, elles doivent être des facteurs importants de cohésion nationale.Pour remplir les missions qui leurs sont dévolues, toutes ces institutions, boucliers du peuple, doivent être mises à l’abri des luttes politiques et politiciennes.

Cependant, Monsieur le Président de la République, sous votre règne sans partage, nous assistons à la montée en puissance du tribalisme et du clanisme au sein des différentes unités qui les composent avec, des critères obscures de recrutement et de promotion y entraînant ipso facto une désunion totale. Le cas frappant et malheureux de l’enfant soldat tombé au combat à dix kilomètres de Bambari est hautement révélateur.

 

Oui Monsieur le Président de la république, il est inconcevable que les lois de plus en plus inconstitutionnelles qui sont votées par certains suiveurs qui siègent à l’Assemblée nationale, ne servent qu’à protéger vos intérêts et ceux de votre clan et à assouvir vos égo au détriment de la population qui n’a aucun recours valable et efficace.

Il est inconcevable que vos proches et vous même soyez au-dessus des lois de la république.

Durant les six années de votre règne dictatorial, le nombre de vie des centrafricains fauchées équivaut au double des personnes tuées durant tous les évènements malheureux de l’histoire de notre pays.

 

Monsieur le Président de la république,

Vous vous faites facilement avoir par certains médias animés par des menteurs et des escrocs mais aussi par des situationnistes à la quête de fortunes faciles et qui se disent panafricanistes.

Votre entourage est constitué de maîtres griots et pourtant vous êtes sans ignorer qu’il n’y a jamais eu de griots dans l’histoire ou dans la culture centrafricaine.

Du fait de votre manière de diriger le pays, les centrafricains ne sont plus respectés à l’extérieur.

 

Parallèlement à votre faiblesse de caractère, vous entretenez plusieurs groupes de milices privées et des mercenaires ( requins, anti-balaka version Touadera, Wagner et rwandais ).

Alors monsieur le Président de la république,

On ne construit pas la paix en entretenant des milices privées ou des mercenaires et en investissant beaucoup d’argent pour l’achat d’armes de moindre qualité.

Vous auriez dû investir cet argent dans des créneaux porteurs d’emplois et de croissance pour le pays et le bien-être de la population centrafricaine.

 

Les mots paix et justice que vous aimez utiliser dans vos discours lénifiants sonnent très mal et faux monsieur le Président de la république. Car, de quelle paix et de quelle justice parlez vous sans cesse quand, vous envoyez vos crocs morts libérés de force un grand criminel de guerre en la personne de Hassan Bouba et que d’autres comme le Ministre de la justice ou celui des transports et bien d’autres siègent dans votre gouvernement et à l’Assemblée nationale ?

Et même lorsque tout le peuple de Centrafrique traîne une existence misérable et n’a pas accès à l’eau potable, à l’électricité, à l’alimentation de qualité, aux soins de santé même primaires, à une éducation de qualité et un logement décent ?

 

Monsieur le Président de la république,

Un citoyen qui ne mange pas à sa faim, qui ne peut se soigner quand il est malade ou qui ne peut pas scolariser ses enfants, aura t-il la tranquillité de l’esprit et la paix du cœur ?

 

Avec votre infâme et médiocre gouvernement, vous incarnez le mal centrafricain. Il y a un divorce entre tous vos discours sur la paix, la justice et vos actions belliqueuses.

 

En organisant des élections truquées pour écarter l’opposition du parlement; en organisant des transhumances politiques à destination du MCU; en créant des divisions aux seins des autres partis politiques ; en violant sans cesse notre constitution; en bafouant les libertés fondamentales; en voulant instaurer à tout prix le parti unique et en promouvant une gestion personnelle, familiale, clanique et autoritaire de l’État ; vous n’aimez donc pas la paix. Bien au contraire, vous suscitez des conflits entre les différentes composantes de la nation centrafricaine.

 

Monsieur le Président de la république,

Le peuple centrafricain souffre à cause de votre déficit moral et de votre incapacité. Le malaise est profond et la métastase se généralise.

 

La lamentable gestion du pays va à l’encontre des principes même de notre nation et de sa souveraineté.

Pour preuves, voici une liste non exhaustive des faits graves qui sont imputés à votre régime et pour lesquels nous vous demandons de démissionner de la présidence de la république :

– Menaces constantes et usage injustifié de la force brute sur la population par votre proche collaborateur le colonel Wanaga et les vampires requins ;

– Incitations à la haine par les sulfureux Blaise Didacien Kossimatchi et Héritier Doneng ;

– Non assistance aux populations en danger ;

– Complicité avec les médias nationaux et une chaîne de télévision étrangère se disant «  panafricaine  » dans le but criminel de désorienter le peuple centrafricain ;

– Abus de biens communs ;

– Tentative d’escroquerie,de blanchiment de capitaux, de financement des terroristes et d’évasion fiscale avec Bitcoin ;

– Escroquerie en bande organisée ;

– Détournement des deniers publics ;

– Protection des criminels ( le cas récent du sanguinaire Hassan Bouba);

– Association de malfaiteurs en relation avec des entreprises terroristes (Wagner, anti-balaka version Touadera, requins et corps expéditionnaire rwandais);

– Tentative de modification ou de changement de la constitution ;

– Haute trahison ;

– Appauvrissement volontaire de la population ;

– Crimes de guerre et crimes contre l’humanité ;

– Réduction d’une partie de la population en esclavage ;

– Destructions de biens;

– Chosification de la femme centrafricaine par votre Ministre conseiller très spécial et vos amis de la nébuleuse Wagner ;

– Humiliation de nos forces de défense et de sécurité par les bâtards du groupe Russe Wagner ;

– Pillage à grande échelle des ressources naturelles du pays.

 

Monsieur le Président de la république,

Pour abréger les souffrances de ce peuple qui continue d’endurer votre dictature, nous faisons appel à votre sagesse de démissionner immédiatement et sans condition de votre fonction de garant de la nation centrafricaine ; de dissoudre toutes les institutions constitutionnelles et de former un conseil composé de 72 membres issus de toutes les couches, qui  gouverneront collégialement le pays et organiserons cette fois-ci des élections générales non truquées.

 

Nous mettons très sincèrement en garde toutes ces forces malsaines et maléfiques qui gravitent autour de vous et vous poussent à commettre l’erreur dramatique de vous accrocher au pouvoir que vous ne maîtrisez plus.

 

Monsieur le Président de la république,

Profondément convaincus que vous donnerez une suite favorable à notre proposition de bon sens, nous vous prions d’agréer, l’expression de notre très haute considération.

 

 

Fait à Bangui, le 19 mai 2022

 

Le Fondateur et Président National du CNCA-PDD

Ferdinand MBOKOTO-MADJI

 

 

 

 

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