la naissance d’un nouvel Empire d’esclavage, d’humiliation et de répression baptisé la « 7e République »

Rédigé le 12 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Sous le vernis d’une investiture aux allures de couronnement le 30 mars dernier, Faustin-Archange Touadéra a acté le basculement de la République vers une forme d’Empire. En prêtant serment sur sa nouvelle Constitution, le Chef de l’État lève les derniers verrous de la retenue pour laisser place à une politique de ségrégation et de violence politique et sociale, caractéristique atypique d’un régime autoritaire.
La fin du double jeu constitutionnel.
Jusqu’à ce 30 mars, Touadéra jouait la carte de l’ambiguïté. Bien que la Constitution du 30 août 2023 soit officiellement en vigueur, il s’est gardé de l’appliquer dans son intégralité, notamment ses dispositions les plus clivantes. Sous prétexte que ce texte n’avait pas encore reçu son « serment d’investiture », il maintenait dans son entourage immédiat des ministres et des hauts cadres binationaux.
Ce 30 mars 2026 marque la fin de cette hypocrisie. En prêtant ce serment, Touadéra serait désormais lié par la totalité de son texte. Cette “sacralisation” annonce une purge imminente : la discrimination institutionnalisée doit désormais frapper ceux-là mêmes qui l’ont servi, les binationaux.
L’ordre de la “traque” : Un dérapage indigne d’un Chef d’État.
Le point le plus sombre de ce discours reste l’ordre explicite donné aux forces de sécurité et aux alliés de « traquer » les opposants et leurs prétendus « relais invisibles ». Entendre un Chef d’État, censé être le garant de l’unité nationale et de la sécurité de tous les citoyens, tenir de tels propos est un fait sans précédent dans une nation qui se prétend démocratique.
Touadéra s’en prend à des fantômes, des “relais” que lui-même ne voit pas, ouvrant ainsi la porte à l’arbitraire le plus total. Cet appel à la traque signifie que n’importe quel citoyen peut désormais être arrêté, interrogé et brutalisé sous simple suspicion d’être un “relais invisible”. Un Président ne devrait jamais appeler à la chasse à l’homme ; il devrait appeler à la justice. En choisissant la traque, il abdique sa fonction de protecteur pour celle de chef des miliciens.
Le spectre de l’impôt de capitation : Un avertissement à la jeunesse.
Si l’application de la nouvelle Constitution est désormais totale, elle porte en elle le retour de l’infâme impôt de capitation, prévu pour être réactivé dans les prochains mois. La jeunesse qui danse aujourd’hui pour le pouvoir doit se souvenir des récits de ses aînés.
Avant son abolition par feu le Président Ange-Félix Patassé, cet impôt colonial était le moteur d’une humiliation quotidienne. Dans la mémoire collective, on se souvient de ces jeunes interpellés pour non-paiement, déshabillés et exposés publiquement assis a terre les uns entre les jambes de l’autre, pour être humiliés, avant d’être jetés dans des camions militaires comme des rebelles capturés au front. C’est ce futur de dégradation et de contrôle policier permanent que la 7e République prépare pour ceux-là mêmes qui dansent aujourd’hui.
L’exploitation de la dignité et humiliation.
Le mépris du peuple s’est manifesté dès les premières heures de la cérémonie. Des jeunes filles, pour la plupart mineures, ont été mobilisées comme « majorettes » pour une journée entière sous la pluie. Le prix de leur dignité ? Une pitance de 3 000 FCFA.
Plus grave encore, le régime a instauré une sélection discriminatoire parmi les hôtesses d’accueil : les jeunes femmes centrafricaines, sous prétexte qu’elles ne savent pas parler couramment le français, ont été écartées, au profit des filles camerounaises au mépris de leur pays.
Pendant ce temps, dans les gradins, des militants assoiffés et affamés se livraient à des scènes de pillage de sachets d’eau, révélant la détresse d’un peuple qui meurt de soif sous les acclamations forcées.
Comme si cela ne suffisait pas, Gilles Lionel Gouandjika, fils du ministre conseiller Fidèle Gouandjika et consul honoraire de la Roumanie, pays d’origine de sa mère, s’est permis de tenir des propos d’une extrême vulgarité à l’encontre des femmes centrafricaines, insultant leur dignité de manière inacceptable.
En mêlant ordres de mission pour « traquer » l’invisible et méthodes de coercition héritées de l’époque coloniale, Touadéra n’a pas inauguré une nouvelle ère, mais un Empire de la peur. La 7e République se baptise dans les larmes des mineures exploitées et la menace d’une répression sans visage. Le peuple centrafricain a soif, mais le pouvoir, lui, n’a soif que de contrôle.
Par Gisèle MOLOMA
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