Centrafrique : Jules Njawé confirme la politisation de la justice et la crise diplomatique avec le Tchad

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Centrafrique : Jules Njawé confirme la politisation de la justice et la crise diplomatique avec le Tchad

 

Centrafrique : Jules Njawé confirme la politisation de la justice et la crise diplomatique avec le Tchad
le camerounais Jules Njawé. conseiller du dictateur de Bangui, Faustin Archange Touadera

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le conseiller camerounais de Faustin-Archange Touadéra accuse la France, réclame l’intervention de la CPI sur Am-Dafock et confirme, sans le vouloir, l’ingérence du pouvoir dans la justice centrafricaine.

 

Une sortie vidéo qui confirme les soupçons sur la CPS

Le ministre conseiller de la présidence, le Camerounais Jules Njawé, est intervenu en direct sur les réseaux sociaux. Son message arrive après le communiqué contesté de la Cour Pénale Spéciale sur les événements d’Am-Dafock. Il exhorte la Cour Pénale Internationale à ouvrir une enquête sur la prise de cette ville frontalière par des groupes rebelles.

 

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Selon lui, ce dossier offre à la CPI une chance de prouver son indépendance face aux puissances occidentales. Cette formulation trahit pourtant la stratégie de Bangui. Le pouvoir cherche à pousser les juridictions internationales à valider son propre récit des événements.

 

Un accusateur récidiviste sans preuves

Njawé désigne à nouveau la France comme responsable. Il l’accuse de planifier des crimes en Afrique et d’agir en puissance néocolonialiste. Ce n’est pas la première fois. Le conseiller avait déjà lancé un ultimatum à Paris, resté sans la moindre suite.

 

Le groupe Wagner avait réclamé une facture de 900 milliards de francs CFA. Njawé avait alors accusé la France de mener une guerre médiatique pour masquer cette crise. Sa méthode reste la même : des accusations spectaculaires, des ultimatums sans effet, et jamais la moindre preuve matérielle.

 

Malgré sa nationalité camerounaise, Jules Njawé occupe un poste officiel à la présidence centrafricaine. Aucun désaveu n’a suivi ses déclarations. Ses propos engagent donc directement Faustin-Archange Touadéra.

 

Une justice sous injonction politique

Le parquet spécial de la CPS avait annoncé une évaluation préliminaire sur Am-Dafock. Cette décision n’a rien d’une démarche indépendante. Elle découle d’une injonction directe de la présidence, selon plusieurs observateurs.

 

L’écart est frappant. Le pouvoir s’acharne sur des dossiers anciens comme l’affaire Bossembélé pour viser François Bozizé. Dans le même temps, les mercenaires russes du groupe Wagner continuent de tuer, piller et décapiter des civils dans la Nana-Mambéré, la Vakaga, le Haut-Mbomou et dans les autres parties du pays . Ni la CPS ni la CPI n’ont ouvert d’enquête sur ces faits.

 

Une méconnaissance des règles de la CPI

Sur le plan juridique, Njawé ignore un principe fondamental. La CPI n’intervient que si la justice nationale est incapable ou refuse d’agir. En suppliant la Cour d’intervenir, il reconnaît, sans le vouloir, la faiblesse de l’appareil judiciaire centrafricain.

 

Si le gouvernement détient des preuves sur Am-Dafock, pourquoi ne pas saisir les institutions nationales ? Ce choix de s’adresser à une cour internationale éloignée pointe vers une opération de communication plutôt qu’une recherche de vérité.

 

Le Tchad, le nom que Njawé éviteLe conseiller énumère les acteurs de la crise d’Am-Dafock sans jamais prononcer un nom : le Tchad. Ce silence reflète la dégradation des relations entre Bangui et N’Djamena.

 

Touadéra a récemment refusé de participer au sommet sur l’eau organisé par le président tchadien Mahamat Idriss Déby. Le Tchad avait pourtant dépêché un ministre à Bangui pour remettre l’invitation en main propre. Ce boycott confirme la nervosité du régime face à son voisin du nord.

 

La crise diplomatique avec le Tchad s’intensifie alors que Jules Njawé met en lumière la politisation de la justice en Centrafrique par le pouvoir en place.

Ce que les bailleurs de fonds doivent décider

L’Union européenne, l’ONU et les autres partenaires financent la Cour Pénale Spéciale pour restaurer l’État de droit en Centrafrique. Ces fonds ne peuvent pas servir une justice à deux vitesses, utilisée pour appuyer le récit du pouvoir.

 

Deux options s’offrent désormais aux partenaires internationaux. Garantir l’indépendance réelle de la Cour, ou suspendre les financements tant que la CPS reste sous influence politique.

 

Par Gisèle MOLOMA

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