Ça y est ! Le mytho-dictateur Faustin-Archange Touadéra a déclaré la guerre ouverte contre les réseaux sociaux
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le chef de l’État accuse les espaces virtuels de sabotage politique devant les magistrats de la Cour de cassation. Cette offensive vise à légitimer le harcèlement judiciaire des citoyens connectés.
Pour justifier cette répression, le mytho-dictateur Faustin-Archange Touadéra affirme textuellement :
« L’espace numérique centrafricain est trop souvent transformé en un déversoir de haine, de manipulation, de désinformation organisée et voire même de diffamation gratuite. Des officines de l’ombre, tapis derrière des écrans, tentent quotidiennement de déstabiliser nos institutions… »
Cette déclaration de guerre contre internet marque l’ouverture d’un nouveau front policier destiné à étouffer les dernières voix indépendantes du pays. En qualifiant les critiques citoyennes et les révélations des blogueurs d’actions subversives menées par des entités occultes, le pouvoir de Bangui utilise une stratégie classique de diabolisation. Les réseaux sociaux constituaient jusqu’à présent l’ultime refuge pour dénoncer la corruption systémique, le pillage des ressources nationales et l’omniprésence des forces paramilitaires étrangères. En criminalisant ces espaces d’échange, l’exécutif cherche à imposer un silence absolu et à interdire toute contradiction alors que le régime s’enfonce dans une dérive autocratique totale sous le couvert de sa nouvelle Constitution.
L’utilisation des termes d’officines de l’ombre et de manipulation organisée sert de paravent pour masquer l’incapacité du gouvernement à répondre aux attentes fondamentales de la population. Au lieu de s’attaquer à la misère sociale, à l’effondrement des services publics ou à l’insécurité galopante sur les axes routiers, la présidence mobilise l’appareil judiciaire pour traquer les opinions dissidentes exprimées derrière des écrans. Les procureurs et les forces de police se retrouvent investis d’une mission de censure technologique, invités à interpréter la moindre critique de la gestion publique comme une tentative d’ébranler les fondements de l’État. Ce basculement sécuritaire transforme la justice en une brigade de surveillance numérique au service exclusif du clan présidentiel.
Cette traque automatisée des internautes et des professionnels des médias s’inscrit dans le cadre global de la vassalisation des institutions par des puissances extérieures. Les techniques de contrôle des flux d’information et de harcèlement des lanceurs d’alerte s’inspirent directement des méthodes liberticides importées par les conseillers russes qui encadrent désormais les services de sécurité et les ministères clés à Bangui. L’impunité numérique ciblée par le chef de l’État ne s’applique jamais aux officines de propagande du parti au pouvoir, qui inondent quotidiennement la toile de fausses nouvelles et d’appels à la haine contre les opposants politiques. La loi devient ainsi un outil asymétrique, féroce contre les citoyens sans défense mais protecteur pour les courtisans du palais.
La restructuration annoncée des programmes de formation pour les magistrats et les officiers de police judiciaire vise à créer un corps d’enquêteurs spécialisés dans la répression politique virtuelle. Le pouvoir central entend formater une nouvelle génération de fonctionnaires dévoués à la défense idéologique du régime, occultant les principes fondamentaux de la liberté d’expression inscrits dans les textes internationaux. Chaque partage d’information, chaque commentaire sur les dérives financières des ministres ou sur l’octroi opaque des concessions forestières et minières pourra désormais être qualifié de diffamation gratuite ou de menace contre la cohésion sociale, ouvrant la porte à des détentions arbitraires et à des procès politiques à huis clos.
L’insistance présidentielle à dramatiser les impacts du numérique dissimule une volonté farouche de verrouiller l’opinion publique à l’aube de ce septennat de force. En agitant le chiffon rouge de la déstabilisation institutionnelle, le sommet de l’exécutif prépare l’opinion à accepter des mesures d’exception, telles que des restrictions d’accès aux plateformes de communication ou des saisies de matériel informatique sans mandat régulier. Le palais de justice de Bangui abandonne définitivement son rôle de garant des libertés publiques pour se muer en outil d’intimidation collective, où l’indépendance des magistrats s’efface devant l’obligation de protéger l’image et la survie d’un pouvoir aux abois, tandis que la population se retrouve privée de ses derniers moyens de communication et de dénonciation des abus du clan dirigeant.
Par Alain Nzilo
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