Bras de fer aux crédit mutuel de Centrafrique : Entre chômage technique et accusations de malversations

Rédigé le 01 juillet 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le siège des Caisses Mutuelles de Centrafrique (CMCA) est devenu depuis quelques semaines un ring de box, pour ne pas dire un terrain d’une confrontation ouverte. D’un côté, une partie du personnel, poussée vers la sortie, réclame la tête de la direction. De l’autre, Jacob Mbaïtadim, l’administrateur provisoire, dénonce un système de corruption qu’il tente de démanteler. Immersion au cœur d’une crise où se jouent la survie d’une institution et l’épargne de milliers de Centrafricains.
Le personnel dans la rue
La tension a franchi un nouveau palier mardi dernier. Une partie des employés des CMCA, officiellement placés en chômage technique, a manifesté bruyamment pour exiger leur réintégration immédiate. Pour ces agents, la mesure de chômage technique n’est qu’un écran de fumée masquant une mauvaise gestion de la part de l’actuelle administration. Ils pointent du doigt Jacob Mbaïtadim, demandant purement et simplement son départ pour « incapacité à redresser la barre ».
La riposte de Jacob Mbaïtadim
Loin de reculer, l’administrateur provisoire oppose une version des faits radicalement différente. Selon lui, le mouvement de protestation est orchestré par ceux que les réformes dérangent. Jacob Mbaïtadim affirme avoir hérité d’une « situation catastrophique » où l’incompétence et le vol étaient érigés en système.
Le chômage technique : Une mesure de survie, validée par le ministère du Travail pour une période de trois mois renouvelable, visant à réduire les charges d’une structure qui frôlait la liquidation.
Les accusations de vol : L’administrateur révèle que certains manifestants sont eux-mêmes impliqués dans des dossiers de « faux crédits » et de détournements de fonds. Des procédures judiciaires sont d’ailleurs en cours au tribunal de grande instance de Bangui.
« L’ancienne culture » contre les réformes
Pour Jacob Mbaïtadim, le conflit actuel est le résultat d’un choc des cultures. Il dénonce une « ancienne culture » où les dirigeants et certains agents considéraient l’épargne des sociétaires comme leur propriété personnelle. Il cite des exemples de sabotage interne, où des agents informaient les débiteurs de fuir pour ne pas rembourser leurs dettes.
« Ils se mobilisent parce que je n’ai pas accepté de travailler avec l’ancienne culture, celle où chacun se sert comme il veut », a-t-il déclaré, soulignant que malgré les tensions, les dépôts commencent à remonter et la confiance revient progressivement chez les épargnants.
L’heure des comptes
Pour trancher ce bras de fer, la transparence sera de mise. L’administrateur a annoncé l’arrivée prochaine d’un cabinet d’audit international. Cette mission aura pour but d’éplucher la gestion de l’institution de 2021 à 2025. Cet audit devra déterminer si les accusations du personnel sont fondées ou si, au contraire, elles ne sont qu’une tentative désespérée de bloquer le nettoyage des écuries d’Augias entrepris par Mbaïtadim.
En attendant, la crise aux CMCA reste le symbole des difficultés de restructuration du secteur financier centrafricain, où la lutte contre les intérêts établis s’avère aussi périlleuse qu’indispensable.
Par Éric Azoumi
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




