Bilal, Zamboyé, Wagner : le PRNC exige des réponses de Touadéra

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Bilal, Zamboyé, Wagner : le PRNC exige des réponses de Touadéra

 

Bilal, Zamboyé, Wagner : le PRNC exige des réponses de Touadéra
Monsieur Nourd Gregaza. Pohoto de courtoisie

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le Parti pour le Rassemblement de la Nation Centrafricaine (PRNC) interpelle directement le président Faustin-Archange Touadéra sur deux affaires qui ont marqué l’actualité récente en République centrafricaine : la mort de plus d’une centaine de personnes dans l’effondrement de la mine d’or de Zamboyé et l’affaire Hamza Bilal à Ndélé, impliquant des mercenaires russes.

 

Dans une lettre ouverte intitulée « Bilal, Zamboyé, Wagner : Monsieur Touadéra, combien de morts faudra-t-il encore ? », le président du PRNC, Nour Gregaza, demande des explications aux autorités centrafricaines et met directement en cause le fonctionnement de l’État dans les zones où les mercenaires russes sont présents.

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Le drame de Zamboyé est aujourd’hui établi. Le 18 août, l’effondrement d’une mine d’or artisanale située dans la Nana-Mambéré a enseveli de nombreux mineurs. Le bilan a dépassé les 100 morts selon les sources locales citées par l’AFP et l’Associated Press. TF1 Info a également rapporté un bilan d’au moins 100 morts.

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Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes de l’effondrement et les responsabilités liées à l’exploitation du site. Le gouvernement centrafricain a ensuite annoncé la fermeture du site de Zamboyé en raison du non-respect des normes minières et des directives administratives.

 

C’est dans ce contexte que le PRNC associe le drame minier à l’affaire Hamza Bilal dans sa lettre au chef de l’État.

 

Le PRNC revient sur l’affaire Hamza Bilal

 

Pour Nour Gregaza, l’affaire Bilal pose une question qui dépasse le sort d’un seul homme.

 

Hamza Bilal avait été arrêté à l’entrée de Ndélé par des éléments russes. Selon les informations déjà rapportées sur cette affaire, il avait été conduit dans une base occupée par les mercenaires russes après l’interpellation de son véhicule.

 

Le chauffeur avait ensuite été libéré, tandis que Bilal était resté détenu.

 

Une somme de cinq millions de francs CFA se trouvait également dans les effets de Bilal au moment de son arrestation. Sa famille n’a depuis obtenu aucune preuve de vie de sa part.

 

Le PRNC demande désormais au pouvoir de faire toute la lumière sur cette affaire.

 

« Où est Bilal ? Qui l’a arrêté ? Pourquoi ? Où sont passés les cinq millions de francs CFA qu’il aurait transportés ? Qui a ordonné sa détention et sa disparition ? », demande Nour Gregaza dans sa lettre.

 

Ces questions rejoignent celles déjà posées depuis l’arrestation de Bilal et les informations faisant état de sa détention dans une base des mercenaires russes.

 

Le préfet de Bamingui-Bangoran au cœur des accusations

 

La lettre ouverte revient également sur les informations faisant état de menaces qui auraient visé le préfet de Bamingui-Bangoran lorsqu’il aurait cherché à obtenir des informations sur le sort de Bilal.

 

Selon les éléments publiés sur cette affaire, le préfet aurait voulu savoir ce qu’était devenu son administré après son arrestation. Il aurait alors été menacé par des mercenaires russes.

 

Pour le PRNC, cet épisode pose directement la question de l’autorité de l’État à Ndélé.

 

« Qui commande encore à Ndélé ? », demande Nour Gregaza.

 

Le président du PRNC oppose ainsi l’autorité administrative du préfet et celle du gouvernement de Bangui à celle des hommes armés russes présents dans la région.

 

La question est politiquement lourde : si un représentant de l’État centrafricain ne peut pas demander des comptes sur le sort d’un citoyen sans être menacé, quelle autorité exerce réellement l’État sur cette partie du territoire ?

 

« Où êtes-vous, les cadres du Fertit ? »

 

Nour Gregaza s’adresse également aux personnalités originaires du Fertit.

 

Le président du PRNC leur reproche leur silence dans l’affaire Bilal. Il rappelle que Hamza Bilal est originaire de cette région et interpelle ceux qui se présentent comme ses « cadres ».

 

« Où sont vos communiqués ? Où est votre colère ? Où est votre exigence de justice ? », écrit-il.

 

Pour le PRNC, l’appartenance au Fertit ne devrait pas seulement être revendiquée lorsqu’il s’agit d’obtenir une fonction ou une influence politique. Elle devrait également conduire les responsables de la région à prendre position lorsqu’un ressortissant du Fertit est arrêté, porté disparu ou meurt dans des circonstances contestées.

 

Cette interpellation vise notamment Arnaud Djoubaye Abazène, ministre de la Justice.

 

Le ministre de la Justice sommé de répondre

 

Dans sa lettre, Nour Gregaza interpelle directement le ministre de la Justice sur son rôle dans cette affaire.

 

Il lui demande de rechercher la vérité sur le sort de Hamza Bilal et d’établir les responsabilités dans son arrestation et sa disparition.

 

Le président du PRNC demande également que soient déterminées les circonstances entourant les cinq millions de francs CFA que Bilal aurait détenus au moment de son arrestation.

 

Il veut aussi savoir qui aurait ordonné sa détention, quelles démarches judiciaires ont été engagées et quelles suites ont été données aux accusations concernant les menaces contre le préfet.

 

Pour le PRNC, ces questions ne peuvent plus être laissées sans réponse.

 

La lettre ouverte place ainsi le président Touadéra et son gouvernement face à une double interpellation : celle liée à la catastrophe de Zamboyé, où plus d’une centaine de personnes ont péri dans une mine d’or, et celle liée à l’affaire Bilal, qui met en cause la présence et le comportement des mercenaires russes dans la préfecture de Bamingui-Bangoran.

 

Le PRNC termine sa déclaration par une formule directe adressée aux autorités : « Trop, c’est trop. »

 

Par Éric Azoumi

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