Bangui : Un jeune homme violemment agressé pour un chapeau volé au marché Mamadou Mbaïki

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Au marché Mamadou Mbaïki, au kilomètre 5 de Bangui, un jeune garçon a frôlé la mort sous les coups d’un prétendu délégué du marché. Motif ? Un chapeau vendu 350 francs. Une justice populaire qui scandalise, ce 15 mars 2025.
En effet, une scène d’une rare violence s’est déroulée ce samedi 15 mars 2025 au marché Mamadou Mbaïki, plus connu sous le nom de marché du PK5, situé au kilomètre 5 dans le troisième arrondissement de Bangui. Un homme, se présentant comme délégué du marché, voire inspecteur, selon ses propres dires, s’en est pris physiquement à un jeune garçon, dans un déchaînement de coups qui a choqué les passants.
Une agression d’une brutalité étonnante
Selon les faits observés par l’une de nos équipes sur place, l’homme, qui se dit Délégué, a roué de coups le jeune avec des chicottes et des bâtons, le frappant à répétition jusqu’à laisser son corps couvert de cicatrices profondes. “On aurait dit le corps de Jésus Christ après la flagellation”, explique un témoin interrogé par la rédaction du CNC, décrivant l’état du garçon, marqué de plaies béantes. L’agression, d’une sauvagerie extrême, a rapidement attiré l’attention de plusieurs passants, indignés par la scène.
Devant cette barbarie, certains ont tenté de raisonner l’agresseur, lui reprochant son comportement hors la loi.
“Ce n’est pas normal de s’en prendre ainsi à un enfant”, lui ont-ils lancé, soulignant qu’en cas de litige, il aurait dû saisir la justice ou le commissariat le plus proche pour faire valoir ses droits. Mais l’homme, impassible, a justifié ses actes en revendiquant son prétendu statut d’inspecteur, sans pour autant préciser de quelle autorité il dépendait. Une affirmation floue qui n’a fait qu’attiser les doutes et la colère des badauds ce jour.
Les origines d’un conflit dérisoire
Après investigation, la rédaction de CNC a pu retracer les circonstances ayant conduit à cette explosion de violence. Tout aurait débuté la veille, le vendredi 14 mars, lors d’une altercation au sein du marché. Un boucher, impliqué dans une bagarre, aurait perdu son chapeau ainsi qu’une somme de 150 000 francs CFA. Pendant ce temps, un enfant de la rue, ayant ramassé le chapeau abandonné, l’aurait revendu pour la modique somme de 350 francs CFA à ce jeune. Lorsque le boucher a reconnu son bien entre les mains d’un tiers, il a immédiatement accusé le jeune non seulement d’avoir volé le chapeau, mais aussi l’argent perdu lors de l’incident de la veille. C’est alors que le prétendu délégué du marché est intervenu, s’arrogeant le droit de punir le garçon par une correction folle.
Une justice autoproclamée dans un vide légal
Ce drame dévoile un problème récurrent dans le pays : l’effacement de la loi face à la justice populaire. Dans un contexte où les institutions judiciaires peinent à inspirer confiance, nombreux sont ceux qui préfèrent régler leurs différends par la force, contournant les voies légales.
“Ici, en Centrafrique, la justice elle-même est hors la loi”, déplore un habitant du quartier PK5, résumant un sentiment largement partagé. Cette défiance envers le système pousse des individus, comme cet homme, à s’improviser juges et bourreaux, au mépris des droits fondamentaux.
Car le plus révoltant dans cette affaire reste l’impunité dont jouit actuellement l’agresseur. Libre de ses mouvements, il continue de vaquer à ses occupations dans le marché, riant et discutant comme si de rien n’était, alors qu’il a laissé un enfant grièvement blessé, frôlant peut-être la mort.
“Il se glorifie d’être inspecteur, mais quel inspecteur qui ne respecte pas la loi ?”, s’interroge un commerçant, amer. “Il brutalise un gamin et marche la tête haute, parce qu’il sait que la loi n’agira pas.”
Les autorités doivent agir
Cette affaire ne peut rester sans suite. La violence infligée à ce jeune garçon, pour un motif aussi trivial qu’un chapeau ou une somme d’argent imaginaire, est une entorse à la dignité humaine et aux principes élémentaires de justice. Les autorités compétentes doivent se saisir de ce dossier avec sérieux, identifier cet individu – délégué autoproclamé ou non – et le traduire devant les tribunaux. Laisser un tel acte impuni reviendrait à cautionner une dérive où chacun fait sa propre loi, au détriment des plus faibles.
À Bangui, comme ailleurs, la loi doit reprendre ses droits. Car si elle continue de s’effacer face à ces caprices de violence, c’est toute la société qui risque de sombrer dans l’arbitraire….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
