Au delà de « il y a de la place pour tout le monde » pompeusement scandé par les tenants du pouvoir de Bangui, il y a bien pire : il y a surtout de la place pour tout sauf rien

Publié le 27 avril 2022 , 8:05
Mis à jour le: 27 avril 2022 4:12

 

Édito de Ben Wilson NGASSAN

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le jeudi 28 avril 2022

Bangui (CNC) –

Il y a de la place pour Boris Becker
Il y a de la place pour Hassan Bouba
Il y a de la place pour Joseph Kony
Il y a de la place pour Abdoulaye Hissene
Il y a de la place pour Wagner
Il y a de la place pour Lobaye Invest
Il y a de la place pour Yamb
Il y a de la place pour Parfait Simb
Il y a de la place pour le Bitcoin
Il y a de la place pour les Coréens

Le Président Faustin Archange Touadera dans un cercle ronde très bon
Le Président Faustin Archange Touadera, Photo montage CNC

 

En 2018, ils nous ont promis le Singapour
En 2019, ils nous encore promis le Rwandamania (le syndrome Kagamé)
Aujourd’hui, ils nous promettent le changement de mentalité avec les Coréens
Et leur templier politique Obed Namsio, de nous promettre aujourd’hui la fin de la pauvreté avec la promulgation de la loi sur la cryptomonnaie
Qu’est-ce qu’ils ne nous ont pas promis, ces gens !
I ngba lakoué na békou, Nzapa ti yayou a yèkè da (gardons espoir, le Dieu du ciel est réel)
Quand je pense à tout cela, je m’écrie : Pourquoi nous faire perdre autant de temps, depuis ce tout ce temps ? (excusez peut-être la redondance)

En six ans de gouvernance, nous sommes toujours avant dernier dans le classement mondial
Nous représentons à peine 3% du PIB de la CEMAC
Notre budget est toujours financé à plus de la moitié par la générosité internationale (ce que je nomme mendicité de notre part)
Après six ans de gouvernance, avec autant d’aide internationale jamais égalée de toute l’histoire politique de la Centrafrique (cf le fameux RCPCA), une grande partie des infrastructures publiques ne sont toujours remises en état. A Bangui, pas de route. La connexion entre Bangui et les autres villes du pays désespère de sa réalisation, sauf les quelques routes colmatées.
Où est Touroubank ? Où sont les cinq universités promises par FAT ?

Si nous devons revenir au sujet d’actualité, celui de la promulgation de la loi sur la cryptomonnaie, je le dis sans rechigner, qu’à l’instar du décret portant augmentation du SMIG en Centrafrique, ce serait encore une nouvelle loi qui va souffrir de sa mise en application, car les conditions n’étant toujours pas encore réunies pour permettre sa bonne tenue. Nonobstant les risques d’évasion fiscale, de financement de crime organisé, d’isolement de notre pays par les grandes institutions bancaires grâce à qui nous survivons encore dans cette mare à misère.

Vous avez dit « Rupture » ? Hé ben…rupture avec toutes les bonnes pratiques financières internationales. L’histoire retiendra qu’en six ans, nous sommes passés d’État failli à « État qui n’existe pas ». Car prenant la parole avant-hier dans une conférence internationale, je me suis présenté comme le Citoyen d’un pays qui n’existait pas. Rires dans la salle, car on croyait que je faisais recours à mon sens d’humour habituel, or en vrai, je sens de plus en plus les gouvernants de mon pays perdre le sens des réalités, au point de se construire eux-mêmes pour le pays, une vraie prison.
A quand la fin de l’autosuicide national ?

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