Après l’attaque de Bambouti, le commandant de compagnie Yetinzapa Bertin sort du cadre légal et menace pathétiquement les ravisseurs tout en mettant en danger la vie des otages

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Après l’attaque de Bambouti, le commandant de compagnie Yetinzapa Bertin sort du cadre légal et menace pathétiquement les ravisseurs tout en mettant en danger la vie des otages

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/la-sous-prefete-de-bambouti-madame-koumba-ndiaye.webp” data-wpel-link=”internal”>Après l’attaque de Bambouti, le commandant de compagnie Yetinzapa Bertin sort du cadre légal et menace pathétiquement les ravisseurs tout en mettant en danger la vie des otages
La sous-préfète de Bambouti, madame Koumba Ndiaye

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Tandis que la sous-préfète et le commandant de brigade de la gendarmerie restent prisonniers des miliciens Azandés depuis l’attaque du 28 décembre à Bambouti, Yetinzapa Bertin, commandant de compagnie de la gendarmerie à Obo, a diffusé un enregistrement vocal bourré idiomatiquement de menaces pathétiques qui complique leur situation déjà difficile.

 

Cette histoire a débuté à quatre heures du matin le dimanche 28 décembre, jour des scrutins présidentiels, législatifs, régionaux et communaux. Les miliciens Azandés ont surgi dans Bambouti, ville frontalière avec le Soudan du Sud, et ont investi la ville en moins d’une heure. Face à l’assaut, les soldats des Forces armées centrafricaines n’ont opposé qu’une résistance minimale avant de jeter leurs armes et chercher à prendre la poudre d’escampette comme des souris face aux chats.

 

Une grande partie de ces militaires a filé vers la frontière toute proche et a gagné la ville de Sarchibou au Soudan du Sud, rejoignant les camps de réfugiés. D’autres ont préféré courir comme des fous vers la base de la Minusca située à quelques kilomètres, où les casques bleus les ont accueillis bras ouverts sans qu’ils puissent en ressortir depuis leur fuite. Les miliciens Azandés ont ainsi pris possession de la localité sans véritables combats.

 

Les miliciens Azandés, lors de l’opération, ont ensuite capturé deux personnalités importantes  de la ville : Koumba Ndiaye, la sous-préfète de Bambouti, et le commandant de brigade de la gendarmerie. Ces deux otages sont restés aux mains des assaillants tandis que la ville tombait dans un silence pesant, les habitants confinés chez eux sans pouvoir participer au vote prévu ce jour-là.

 

C’est dans ce contexte tendu que Yetinzapa Bertin, commandant de compagnie de la gendarmerie basé à Obo, le chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, a décidé d’intervenir d’une manière idiote. Le lendemain de l’attaque, il a enregistré un message vocal qu’il a transmis via WhatsApp à quelqu’un présenté comme ayant des liens avec les miliciens Azandés.

 

Dans cet audio, l’officier abandonne toute retenue. Il exige la libération immédiate du commandant de brigade capturé et lance des ultimatums sans ambiguïté. “Si vous ne libérez pas cette personne, vous allez voir”, déclare-t-il d’une voix où perce la colère. Il ajoute être prêt à “mettre sa vie en danger” pour récupérer son collègue retenu.

 

Mais le message bascule ensuite vers des propos encore plus inquiétants à la fin . “Je vais finir avec votre race”, lâche-t-il en direction des miliciens. Cette formulation vague laisse planer une menace aux contours flous mais au ton indéniablement agressif. L’expression vise manifestement les ravisseurs, mais son caractère violent ne fait aucun doute.

 

Or, cette intervention survient au pire moment possible. Deux personnes se trouvent toujours entre les mains de ravisseurs armés qui contrôlent une ville entière. Dans pareille configuration, chaque mot prononcé peut constituer un danger immédiats pour les otages. Les preneurs d’otages, surtout lorsqu’ils se sentent défiés ou humiliés publiquement, réagissent souvent en durcissant leurs conditions ou en maltraitant leurs captifs.

 

Yetinzapa Bertin, que tout le monde le croyait gendarme,  ne semble pas avoir intégré cette réalité élémentaire enseignée lors des formations des officiers. Peut-être la frustration de voir un collègue capturé a-t-elle pris le dessus sur son jugement. Peut-être a-t-il cru qu’une démonstration de fermeté impressionnerait les miliciens. Ils pense que ces derniers sont des enfants de cœur ?Quoi qu’il en soit, son initiative personnelle sort complètement du cadre attendu pour un officier de son rang.

 

Un commandant de compagnie n’a normalement pas à gérer seul une affaire d’enlèvement impliquant des autorités civiles et militaires. Ce type de crise relève de la hiérarchie supérieure, de médiateurs formés, d’intermédiaires qui connaissent les groupes armés de la zone et leurs modes de fonctionnement. En agissant de sa propre initiative, Yetinzapa Bertin court-circuite tous les protocoles imaginables.

 

Le message a naturellement circulé, comme circulent tous les fichiers audio dans cette région malgré les difficultés de connexion. Les miliciens Azandés qui tiennent Bambouti ont probablement écouté l’enregistrement. Ils savent désormais qu’un officier de la gendarmerie les traite avec mépris et leur promet des représailles. Comment interpréter cette provocation quand on détient déjà deux otages ?

 

Vont-ils se sentir obligés de répondre pour ne pas perdre la face devant leurs propres troupes ? Vont-ils durcir leurs exigences pour montrer qu’on ne les impressionne pas ? Vont-ils considérer que les otages ont perdu toute valeur puisque leurs collègues préfèrent la menace à la négociation ? Toutes ces questions restent sans réponse, mais le risque existe bel et bien.

 

À Bambouti, la sous-préfète Koumba Ndiaye et le commandant de brigade ignorent peut-être que leur sort vient de se compliquer à cause d’un audio envoyé depuis Obo. Ils attendent dans un lieu inconnu, gardés par des hommes armés qui peuvent décider de leur avenir à tout instant. Chaque heure qui passe sans négociation sérieuse augmente le danger.

 

Les soldats qui ont fui vers Sarchibou au Soudan du Sud ne peuvent toujours pas revenir. Ceux qui se sont réfugiés dans la base de la MINUSCA attendent l’intervention des mercenaires russes du groupe Wagner pour sortir de leur cache. Le pouvoir de Bangui garde le silence sur l’incident provoqué par le commandant de compagnie d’Obo.

 

On ne sait pas si Yetinzapa Bertin a informé sa hiérarchie avant d’envoyer son message. On ignore s’il a reçu l’ordre de le faire ou s’il a agi impulsivement. On ne connaît pas non plus l’identité de son interlocuteur WhatsApp, ce contact censé avoir des liens avec les miliciens azandés. Toute cette opération baigne dans un flou qui ne rassure personne.

 

Ce qui reste certain, c’est que les règles de base en matière de gestion d’otages n’ont pas été respectées. Garder son calme, établir un canal de communication discret, éviter toute provocation, privilégier la sécurité des captifs : autant de principes enseignés dans toutes les académies militaires et de police. Yetinzapa Bertin a fait exactement le contraire en diffusant un audio public bourré de menaces et d’ultimatums.

 

Les miliciens Azandés tiennent désormais tous les atouts. Ils contrôlent Bambouti, ils détiennent deux otages de valeur, et ils viennent de recevoir un message qui leur donne une excuse pour durcir leur position. Si jamais la situation dégénère, si les otages subissent des mauvais traitements ou pire, le commandant de compagnie d’Obo portera une part de responsabilité dans cette escalade.

 

Pour l’instant, personne ne bouge. Les otages restent captifs, les miliciens restent maîtres de la ville, les soldats restent coincés au Soudan du Sud ou dans la base de la MINUSCA. Et quelque part entre Obo et Bambouti, un message vocal continue de circuler, rappelant à chacun qu’un officier a choisi la menace plutôt que la prudence​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Cédric Nzapa

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