Anicet Georges Dologuele : premier candidat apatride à la présidentielle dans l’histoire mondiale
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Privé de passeport pour candidater, déclaré apatride puis autorisé à concourir le 28 décembre 2025 : Dologuele vit un paradoxe juridique instrumenté par un pouvoir aux pratiques dictatorial.
La déclaration publiée ce 16 février par Anicet Georges Dologuele jette la lumière sur les pratiques administratives et politique du régime criminel de Touadéra. Celui qui a brigué la présidence de la République centrafricaine se heurte à un refus obstiné du ministère de l’intérieur de lui délivrer un document de voyage. Cette obstruction remonte à bien avant le scrutin présidentiel et perdure encore aujourd’hui dans une logique implacable.
Avant même les élections du 28 décembre 2025, le gouvernement avait déjà déclaré Dologuele apatride lorsqu’il a voulu déposer sa demande de passeport nécessaire pour formaliser sa candidature. Malgré cette qualification humiliante, le conseil constitutionnel, après la réunion de Damara entre les caciques du pouvoir, à finalement accepter sa participation au scrutin. Le Conseil constitutionnel avait validé sa candidature en reconnaissant indirectement sa nationalité centrafricaine, créant ainsi un premier paradoxe administratif.
Le scrutin du 28 décembre 2025 a donné lieu à ce que beaucoup observateurs qualifient de hold-up électoral. Alors que Dologuele était en tête selon de nombreux témoignages, les résultats officiels l’ont relégué à la deuxième place avec seulement 17% des voix. Cette manipulation des chiffres par le régime en place a permis au pouvoir actuel de se maintenir malgré l’aspiration au changement exprimée dans les urnes.
Depuis cette élection contestée, la situation de l’ancien candidat n’a fait que se dégrader. Le Conseil constitutionnel a rendu le 14 novembre 2025 une décision formelle confirmant que sa nationalité centrafricaine n’avait jamais été perdue. Pourtant, cette reconnaissance judiciaire reste lettre morte face à l’inertie calculée de l’administration qui refuse d’en tirer les conséquences pratiques.
C'est confirmé, le Gouvernement de mon pays me considère toujours comme APATRIDE! Malgré la décision du Conseil Constitutionnel du 14 novembre 2025 relative à ma nationalité centrafricaine jamais perdue, malgré ma correspondance du 2 décembre 2025 au Ministre de l'Intérieur…
— Anicet G. Dologuele (@ADologuele) February 16, 2026
Une correspondance adressée le 2 décembre 2025 au ministère de l’Intérieur n’a reçu aucune réponse. Sa saisine du président de l’Assemblée nationale, datée du 3 février 2026, est également restée sans suite. Le silence des institutions face à un député élu devient alors une forme d’exclusion politique déguisée en problème administratif.
Respectant les procédures malgré tout, Dologuele a récemment fait déposer un nouveau dossier complet de demande de passeport dans les services compétents. La réponse des fonctionnaires fut immédiate et révélatrice : refus de recevoir la demande “sur instructions de la hiérarchie”. Ces quelques mots trahissent l’existence d’un ordre politique clair visant à maintenir l’ancien candidat dans un vide juridique permanent.
Cette affaire dépasse largement le cas personnel d’un opposant. Elle confirme le fonctionnement d’un régime qui utilise l’appareil administratif comme instrument de répression. Les décisions de justice peuvent être ignorées quand elles dérangent, les résultats électoraux peuvent être inversés quand ils menacent le pouvoir en place.
Les termes employés par Dologuele dans sa déclaration publique résonnent comme un acte d’accusation. Il se qualifie d’apatride malgré sa qualité de député et malgré une décision judiciaire favorable. Cette privation de documents officiels constitue une forme d’assignation à résidence qui empêche tout déplacement international et toute participation normale à la vie politique.
Dans les annales politiques mondiales, aucun précédent comparable n’existe. Jamais un candidat à la présidence n’a été maintenu dans un tel vide juridique par son propre État. La Centrafrique écrit là une page sombre de son histoire contemporaine sous la conduite d’un régime qui cumule manipulation électorale et persécution administrative.
Le recours à des “instructions de la hiérarchie” pour justifier l’inaction administrative trahit une chaîne de commandement qui court-circuite le droit. Les agents publics, censés appliquer les lois et respecter les décisions de justice, deviennent les exécutants d’une politique d’exclusion. Leur refus de recevoir un dossier pourtant conforme aux exigences réglementaires démontre l’emprise totale du politique sur l’administratif.
Dologuele maintient une posture de légalisme dans cette épreuve. En se présentant comme un “citoyen discipliné”, il cherche à montrer que son combat se mène sur le terrain du droit et non sur celui de la confrontation. Cette stratégie vise à exposer l’arbitraire gouvernemental tout en conservant une image de responsable politique respectueux des institutions, même quand celles-ci le bafouent.
Les partenaires internationaux de la Centrafrique observent ces développements avec une attention croissante. Un élu du peuple, reconnu comme citoyen par la plus haute juridiction du pays, se voit refuser les attributs élémentaires de cette citoyenneté. Dans un pays largement dépendant de l’aide extérieure, ces pratiques alimentent des questionnements sur la qualité de la gouvernance et le respect de l’État de droit.
Le cas Dologuele devient ainsi un révélateur des méthodes employées par le régime de Bangui. Confiscation des résultats électoraux, instrumentalisation de l’administration, mépris des décisions de justice : tous les ingrédients d’un système autoritaire sont réunis. L’ancien candidat présidentiel paie le prix de son audace d’avoir voulu incarner une alternative démocratique dans un pays où le pouvoir refuse de se soumettre au verdict des urnes.
Par Éric Azoumi
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)