André Nzapayeke: l’amateurisme politique averé d’un prétendu “TECHNOCRATE “

Publié le 2 août 2014 , 4:16
Mis à jour le: 2 août 2014 4:16

Corbeau News 02-08-2014 (Bangui)     Après avoir politiquement surgi de nulle part, André Nzapayeke a chapardé la primature qui, selon l’article 29 de la Charte Constitutionnelle de Transition du 18 juillet 2013, revient de droit aux partis politiques de l’ancienne opposition démocratique.

Premier Ministre Centrafricain André Nzapayéké
Premier Ministre Centrafricain André Nzapayéké

Au lieu d’une revendication de la dite fonction exécutive, revendication qui aurait été incontestablement légitime, l’ancienne opposition démocratique, aujourd’hui unie au sein de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT), a plutôt pris acte de la nomination d’André Nzapayeke, et a clairement affirmé son soutien indéfectible au processus transitionnel en cours. Cette réaction atteste la maturité politique, la dignité et l’attachement de l’AFDT à l’intérêt supérieur de la nation Centrafricaine. Cependant, et en dépit du soutien de l’AFDT au gouvernement de transition, le Premier Ministre André Nzapayeke ne cesse d’étaler au grand jour son amateurisme politique après plus de six mois et demi à la tête du gouvernement.

L’opinion tant nationale qu’internationale se souvient bien qu’en date du 11 juin 2014, veille du début de la Coupe du Monde de Football au Brésil, André Nzapayéké a demandé aux Antibalaka et Séléka « une trêve d’un mois dans les violences intercommunautaires ». Ce qui voulait tout simplement dire qu’une fois la Coupe du Monde passée, les belligérants pouvaient s’entretuer de nouveau et continuer à commettre des exactions sur les populations. Incroyable mais vrai, un Premier Ministre en charge, entre autres, de la sécurité nationale notamment de la protection de l’intégrité physique des Centrafricains mais qui s’en contrebalance ! ! ! Dans un Etat normal, André Nzapayéké aurait été immédiatement débarqué de la tête du gouvernement. Mais l’amateurisme politique d’André Nzapayéké ne se limite pas à ce fait.

Suite aux travaux de réhabilitation des locaux de l’ancienne primature intégralement financés par un don de 109 millions de F CFA de l’Ambassade de France à Bangui, pour servir de locaux à l’Autorité Nationale des Elections (ANE), André Nzapayéké, lors d’une visite, a affiché sa cupidité en déclarant vouloir y transférer ses bureaux. Il a fallu l’intervention de la Présidente Catherine Samba-Panza pour l’en dissuader. Le confort personnel du Premier Ministre André Nzapayeke semble l’emporter sur l’une des missions du gouvernement de Transition, qui est de conduire le pays à des élections libres et transparentes, condition d’un retour à l’ordre constitutionnel nécessaire.

Enfin, lors de son intervention sur Radio France Internationale, André Nzapayeke a cru devoir donner des leçons à la vaste plateforme des Centrafricains (politiques, société civile, et religieux) qui, a pris position contre le principe de la tenue d’un dialogue entre Centrafricains à Brazzaville, comme envisagé par certains. En effet, André Nzapayéké a essayé de présenter les personnalités n’ayant pas participé au Forum de Brazzaville comme des ennemis de la paix tout en leur reprochant d’aspirer à être des dirigeants de ce pays. Ces propos d’André Nzapayéké sont très malvenus, irresponsables et totalement déphasés de la volonté de la grande majorité des Centrafricains qui n’ont eu de cesse de réclamer à cor et à cri la tenue d’un dialogue entre Centrafricains et sur le sol Centrafricain. Loin de nous l’idée de vouloir apprendre quelque de chose de nouveau au Premier Ministre André Nzapayeke, en lui disant ce que tout le monde est censé savoir, c’est-à-dire que jamais le linge sale d’une famille ne se lave chez le voisin, même si ce dernier peut être appelé à la rescousse en cas de problème. D’ailleurs, à force de faire appel à nos voisins africains dans nos conflits internes, on a assisté très récemment à l’humiliation de notre Présidente Catherine Samba-Panza le 5 juillet 2014 à Malabo où elle a é été mise dans le couloir comme une vulgaire personne. On se souvient aussi du Sommet CEEAC des 9 et 10 janvier 2014 à Ndjamena où les membres du parlement de transition (CNT) ont été déportés à Ndjamena où ils ont été contraints d’entériner la démission forcée de Michel Djotodia et Nicolas Tiangaye. Quel peuple au monde peut accepter des humiliations récurrentes de ce genre ? Les Tchadiens ont longtemps été en guerre, accueillis et traités dignement en terre Centrafricaine ; il en va de même pour nos frères du Congo Brazzaville. La déclaration en cause d’André Nzapayéké fait justement le lit de ce manque de respect au peuple Centrafricain à commencer par les autorités actuelles de transition y compris Nzapayéké lui-même.

Sur le plan politique, la déclaration tendancieuse d’André Nzapayéké, prouve d’ores et déjà son parti pris par rapport aux échéances électorales à venir. En conséquence, il est urgent que la RCA ait un Premier Ministre rassembleur, responsable et qui soit totalement neutre.

Enfin, André Nzapayéké traîne un triple déficit de légitimité politique, de crédibilité et d’autorité. Il est coutumier des annonces politiques non suivies d’effet : c’est le cas du « désarmement volontaire » annoncé avec fracas ; c’est aussi le cas de l’annonce plusieurs fois réitérée aux Centrafricains concernant « le remaniement imminent » ou « le remaniement dans les tous prochains jours » du gouvernement, pour reprendre ses formules. Au vu de cette sinistre manière de gouverner, les Centrafricains n’hésitent plus à estimer qu’André Nzapayéké est en train de jouer avec leurs nerfs.

Pour finir, tous les Centrafricains savent aujourd’hui que le gouvernement prétendument de « technocrates » qu’on nous avait vendu dès l’origine, n’est finalement qu’un gouvernement incompétent, irresponsable, inaudible, et invisible.

Alain Nzilo

Rédacteur en Chef  Corbeau News

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