Affaire Mboli-Goumba au ministère de l’Urbanisme : La cinglante leçon de droit qui paralyse les cadres dudit ministère

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Affaire Mboli-Goumba au ministère de l’Urbanisme : La cinglante leçon de droit qui paralyse les cadres dudit ministère

 

 

 

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Par : la rédaction de ,  

En voulant s’attaquer au coordonnateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), Maître Crépin Mboli-Goumba, le ministre de l’Urbanisme, chef rebelle de l’UPC le Tchadien Hassan Bouba vient de déclencher un séisme juridique et politique aux répercussions inattendues.

 

Dans sa lettre de réplique datée du 06 juillet 2026, l’ancien diplômé de la prestigieuse Howard School of Law a littéralement mis en pièces détachées la fameuse « mise en demeure » ministérielle. Une véritable leçon de droit qui met aujourd’hui les cadres administratifs du ministère face à leurs propres responsabilités professionnelles et à l’illégalité des ordres auxquels ils obéissent. Mais au-delà du droit, les investigations de Corbeau News Centrafrique (CNC) révèlent les dessous d’une affaire d’État : le harcèlement de l’opposant est directement lié aux va-et-vient nocturnes et ultra-escortés de Faustin-Archange Touadéra dans le quartier.

La devanture de la résidence de Maître Crépin Mboli-Goumba la nuit
La devanture de la résidence de Maître Crépin Mboli-Goumba la nuit

 

Les escapades du « Président-Empereur » à l’origine de la cabale

Dans sa lettre, Maître Mboli-Goumba s’est fendu d’une allusion qui fait grand bruit à Bangui au sein des épouses de Touadera : « Il y a plus d’un mois, une haute personnalité a entrepris de fréquenter assidûment une de mes voisines. Des personnes avisées m’ont alors affirmé que j’aurais des problèmes bientôt. Ces personnes, manifestement, avaient vu juste ».

 

Selon les informations exclusives obtenues par la rédaction de CNC, cette « haute personnalité » n’est autre que le président Empereur Faustin-Archange Touadéra lui-même. Ce dernier s’est trouvé une énième maîtresse dans la localité et s’y rend nuitamment sous une escorte militaire lourde, blindée jusqu’aux dents. C’est ce déploiement de force présidentiel intempestif dans la zone, confronté quotidiennement à la présence de la résidence de l’opposant, qui a mis le feu aux poudres.

 

Le pouvoir ne supporte pas de voir un de ses compatriotes, et de surcroît son principal opposant politique, vivre dignement dans un espace salubre, aménagé aux standards européens, tout en favorisant la vie et l’accès à l’énergie pour la communauté locale. Le régime Touadéra semble guidé par une rancœur tenace : celle de détruire ce qu’il est incapable de bâtir pour les Centrafricains.

 

Un espace d’utilité publique face aux dérives tolérées du régime

L’avocat rappelle avec force la nature de son aménagement pour balayer la mauvaise foi du ministère. Contrairement aux pratiques courantes à Bangui, cet espace n’a été confisqué ni pour un usage commercial lucratif, ni pour des commodités privées anarchiques.

 

« Ma famille n’habite pas sur ces ouvrages. Elle n’y met d’ailleurs pas les pieds, heureuse de voir nos compatriotes profiter d’un espace salubre, îlot dans un océan d’insalubrité », écrit Maître Mboli-Goumba.

 

L’avocat précise qu’il n’a érigé cet espace ni pour en faire un garage privé, ni une buvette, ni un marché sauvage. Une mise au point qui met en exergue la politique du « deux poids, deux mesures » du régime. Sur cette même avenue Charles de Gaulle, son voisin direct exploite en toute impunité un garage sauvage à ciel ouvert avec des camions qui bloquent l’accès au fleuve, sans jamais avoir détenu la moindre autorisation. Des marchés informels et des blocs de béton érigés par des proches du pouvoir paralysent la chaussée au niveau de l’ancien collège CPI et de l’ancien Palais de Kolongo, dans l’indifférence totale des inspecteurs de l’Urbanisme.

 

Sur le fond : Hassan Bouba s’attribue des pouvoirs qu’il n’a pas

C’est sur l’analyse du fond que la réplique prend des allures de naufrage pour les cadres du ministère. Hassan Bouba a cru bon de brandir l’article 1er de la loi n°63.441 du 9 janvier 1964 relative au domaine public de l’État. Manque de chance, une lecture rigoureuse de ce même texte se retourne contre lui.

 

Comme le souligne Maître Mboli-Goumba, les articles 19 et suivants de cette loi privent le Ministère de l’Urbanisme de toute prérogative quant à la délivrance ou au retrait des autorisations d’occupation temporaire du domaine public. Ces compétences sont exclusivement attribuées aux Maires et au Ministre des Travaux Publics. L’ordre de déguerpissement est donc dénué de tout fondement légal, l’espace en question bénéficiant d’une autorisation municipale en bonne et due forme accordée le 19 septembre 2012 par la Mairie de Bangui.

 

Le rappel à l’ordre des cadres techniques de l’Urbanisme

Cet étalage d’incompétence pose une question cruciale : comment les cadres supérieurs, ingénieurs et juristes du Ministère de l’Urbanisme ont-ils pu laisser le ministre signer un document aussi illégal ? En choisissant d’obéir aveuglément à des injonctions dictées par les rancœurs et les trajets nocturnes du président, les techniciens se rendent complices d’une discrimination intolérable, violant l’article 7 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

 

La lettre de l’opposant met d’ailleurs en cause l’ancien directeur de cabinet dudit ministère, Maleyombo, élu député du 4e arrondissement de Bangui et proche parent du chef de l’État, qui a personnellement fait irruption à la résidence de l’avocat pour exiger ses titres sous les ordres du clan présidentiel.

 

Maître Crépin Mboli-Goumba a d’ores et déjà annoncé la saisine immédiate du Tribunal Administratif face à cette discrimination manifeste. Les cadres du Ministère de l’Urbanisme sont désormais prévenus : l’excuse de « l’obéissance aux ordres » ne les protègera pas devant la rigueur d’une justice équitable lorsque ce régime aura fini de consumer ses propres institutions.

 

Par Gisèle MOLOMA

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