À Boali, en 2 mois, 7 élèves sont morts. Leurs collègues disent non, c’est trop et descendent dans la rue pour demander des explications
Rédigé le 28 février 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Grève au Lycée Moderne de Boali : les élèves descendent dans la rue après la mort de l’un des leurs Jeudi 26 février 2026 dans la matinée, la ville de Boali a connu une journée d’agitation scolaire qui a tenu en haleine toute la localité.
C’est la mort d’un élève du Lycée Moderne de Boali, survenue le jour même, qui a mis le feu aux poudres. Les élèves, qui font face depuis plusieurs semaines par la disparition répétée de leurs camarades ces derniers temps, ont décidé de sortir de leurs salles de classe pour crier leur ras-le-bol. Des pierres ont été jetées contre les bureaux de l’administration du lycée et ceux de l’Académie de l’Ombella-M’Poko, donnant à cette journée une tournure que personne ne souhaitait.
Dans la rue, les voix se mêlaient pour réclamer des réponses. En sango, les manifestants scandaient leurs demandes aux autorités, ciblant particulièrement Stéphane Cérémalet, le premier responsable de l’éducation dans la préfecture. La gendarmerie a dû intervenir avec des tirs de sommation pour dissiper la foule qui cherchait à s’en prendre à lui.

Sous couvert de l’anonymat, un élève du lycée moderne a livré le fond de sa pensée. Il a confié que depuis un certain temps, des condisciples meurent les uns après les autres sans que personne ne sache d’où vient le mal. Selon lui, le nombre de cas ne cesse de grimper, et l’hôpital lui-même n’a toujours pas fourni d’explication sur l’origine de ces drames. Ce flou total est ce qui a poussé les élèves à agir.
Les autorités locales ont fait le déplacement pour tenter de maîtriser la situation. Le secrétaire général de la sous-préfecture de Boali a reconnu que le gouverneur et la sous-préfète avaient déjà eu à traiter cette question par le passé, mais que la mort d’un nouvel élève ce jour-là avait ravivé la colère. Il a dit chercher les voies pour contenir ce qui était en train de se produire.
De passage dans la ville, Bertin Béa, ancien député de Boali, devenu un clochard dans les rues de Paris en France avant de retourner au pays sous la pression de ses proches, a pris la parole ce jour pour appeler les jeunes manifestants à retrouver leur calme. Il a reconnu qu’il y avait des raisons valables derrière cette réaction, tout en demandant que le calme soit d’abord rétabli avant d’engager un dialogue sérieux avec les élèves. Il a également exhorté les autorités de Bangui à se rendre sur place pour comprendre ce qui se passe réellement à Boali.
À l’heure où ces lignes sont écrites, le bilan local fait état d’environ sept élèves du Lycée Moderne de Boali disparus en l’espace de deux mois seulement, sans que les causes de ces décès soient encore élucidées.
Par Martin Nzilapi
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