Abandonné par le pouvoir pendant sa maladie, Djotodia fait l’éloge du régime actuel et appelle à voter Touadéra
Michel Djotodia lors de sa conférence de presse à Bangui, appelant à voter le dictateur Faustin Archange Touadera” width=”500″ height=”458″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/michel-djotodia-lors-de-sa-conference-de-presse-a-bangui-appelant-a-voter-le-dictateur-faustin-archange-touadera.webp 500w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/michel-djotodia-lors-de-sa-conference-de-presse-a-bangui-appelant-a-voter-le-dictateur-faustin-archange-touadera-459×420.webp 459w” sizes=”auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px” />
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La vidéo de Michel Djotodia soutenant la candidature du Président Touadéra circule sur les réseaux sociaux et provoque de nombreuses réactions. L’ancien Président de transition, récemment sorti d’une grave crise sanitaire, loue le bilan du régime en place lors d’une conférence de presse à Bangui.
Ce qui frappe dans cette apparition, c’est moins le discours lui-même que le contexte dans lequel il a été prononcé. Il y a quelques mois à peine, Michel Djotodia vivait l’un des moments les plus difficiles de sa vie. Installé au Bénin, il est tombé gravement malade et avait besoin d’une opération urgente. Sans moyens suffisants pour financer seul son évacuation sanitaire, il s’est tourné vers le trésor public centrafricain pour demander une aide financière.
Sa demande n’a jamais abouti. Le dossier est resté bloqué quelque part dans les bureaux du ministère des finances, sans qu’aucun financement ne soit débloqué. Djotodia a multiplié les appels, les démarches, les sollicitations auprès des autorités. Rien n’y a fait. Même son propre frère, ministre d’État à la Justice et qui se bat par tous les moyens financiers pour soutenir les mouvements de soutiens à Touadera afin d’être nommé Premier ministre, n’a pas levé le petit doigt pour l’aider. Face à ce silence généralisé, l’ancien chef d’État a dû se débrouiller seul.
Il a vendu une partie de ses biens personnels et fait appel à ses proches pour réunir l’argent nécessaire. Grâce à ces sacrifices, il a pu se faire opérer et entamer sa convalescence au Bénin. Personne n’attendait son retour en Centrafrique de sitôt. Et pourtant, le 1er décembre, jour de fête nationale, Michel Djotodia est apparu aux tribunes officielles du défilé sur l’avenue des martyrs à Bangui. Sa présence a stupéfait tout le monde. Les caméras l’ont filmé, et les images ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux.
Son apparence physique a frappé les esprits. Lui qui était autrefois un homme imposant et robuste n’était plus que l’ombre de lui-même. Amaigri au point de ressembler à un squelette, le visage creusé, le corps fragile, il donnait l’impression d’avoir perdu trentaine de kilos. Certains ont même eu du mal à le reconnaître tant la maladie l’avait transformé. Voir un homme dans cet état prendre la parole publiquement a choqué beaucoup de Centrafricains.
Mais ce n’est pas tout. Selon plusieurs sources, des membres du gouvernement, notamment le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène, auraient exercé des pressions sur lui pour qu’il lise un texte préparé à l’avance. Ce texte, Djotodia l’a lu devant les caméras, affirmant que le Président Touadéra avait ramené la paix en Centrafrique en peu de temps. Une affirmation qui laisse bon nombre des centrafricains choqués quand on sait que Touadéra dirige le pays depuis dix ans maintenant.
Cette notion de “peu de temps” a fait réagir. Dix ans au pouvoir, ce n’est pas rien. D’autres pays ont accompli des transformations bien plus importantes en bien moins de temps. Le Rwanda, par exemple, s’est relevé d’un génocide qui a coûté la vie à 800 000 personnes en seulement deux ans. Sa capitale, Kigali, est devenue en très peu de temps une ville moderne qui rivalise avec certaines villes européennes. Des routes ont été construites, des infrastructures ont vu le jour, l’économie a redémarré.
En Centrafrique, après une décennie de gouvernance, les réalisations concrètes restent difficiles à identifier. Même une simple route bitumée de quelques mètres n’a pas vu le jour dans le pays, y compris la capitale. Les infrastructures de base manquent cruellement, et la population continue de vivre dans des conditions difficiles. Parler de “peu de temps” dans ce contexte paraît donc étrange, voire déconnecté de la réalité vécue par les Centrafricains au quotidien.
Quant à la question de la paix tant vantée dans le discours de Djotodia, elle reste largement contestée. Les massacres de populations civiles n’ont pas cessé. Les mercenaires du groupe Wagner, présents sur le territoire centrafricain, sont auteurs des exactions contre les civils. Les témoignages de violences se multiplient, mais peu de choses sont faites pour y mettre fin.
Les groupes armés, quant à eux, n’ont pas vraiment déposé les armes. Certains ont bien signé des accords avec le gouvernement, mais ces accords ne résultent pas de victoires militaires. Ils sont plutôt le fruit d’arrangements financiers. La corruption a joué un rôle central dans ces tractations. Des chefs de groupes armés ont été achetés, des compromis ont été trouvés moyennant des sommes d’argent. Ce n’est pas une paix gagnée par la force ou par la diplomatie, mais une paix achetée à coups de billets.
Dans ce contexte, la déclaration de Michel Djotodia paraît d’autant plus étrange. Beaucoup se demandent s’il a vraiment parlé de son propre chef ou s’il a été contraint de prononcer ces mots. Son état de santé fragile, son abandon par le pouvoir pendant sa maladie, et sa réapparition soudaine à Bangui alimentent toutes sortes d’hypothèses. Le pouvoir en place semble avoir profité de sa vulnérabilité pour le faire intervenir publiquement et renforcer ainsi la campagne électorale en cours.
Par Alain Nzilo….
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![Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l’offensive des rebelles centrafricains Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)