Sur le site minier chinois de Rondji, puis de Gobolo : comment l’adjudant-chef Kota Maboko bâtit son empire financier en volant les graviers chinois

0
9

Sur le site minier chinois de Rondji, avant d’être affecté à Gobolo  : comment l’adjudant-chef Kota Maboko bâtit son empire financier en volant les graviers chinois

 

Le spectacle du ministère des Mines sur le chantier minier chinois de Gobolo: débandade générale, sortie des armes, tentative d’attaque des agents par les soldats FACA
Le commandant Lamtagué

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC….

 

Avant son affectation sur le site de Gobolo, l’adjudant-chef Kota Maboko règne en maître à Rondji sur le site minier chinois. Il a mis en place un double système d’exploitation : d’un côté, il vole les graviers aurifères des chinois pour les faire laver dans son installation privée ; de l’autre, il impose une taxe aux villageois qui viennent fouiller les résidus miniers pour survivre.

 

Pour comprendre ce stratagème criminel digne de la mafia mexicaine, il faut d’abord expliquer comment fonctionne l’extraction de l’or sur des sites miniers. Lorsque les ouvriers creusent pour chercher le précieux métal, ils tombent sur une plaque de terre compactée que les habitants de la région appellent communément “saltée”. Cette plaque doit être retirée et jetée dans une zone de décharge avant d’atteindre les graviers aurifères qui se trouvent en dessous et qui permettent, après lavage, d’extraire l’or.

 

Normalement, ces saltées jetées dans les dépotoirs attirent la population riveraine qui vient fouiller et laver ces résidus dans l’espoir de trouver quelques paillettes d’or qui auraient échappé à la première exploitation. Mais l’adjudant-chef Kota Maboko a transformé cette pratique en source de revenus personnels. Désormais, quand les villageois arrivent pour récupérer ces saltées, ils se font souvent frapper par les militaires ou sont obligés de payer pour avoir le droit de ramasser ces déchets.

 

Le système instauré par l’adjudant-chef est simple et brutal. Chaque personne qui souhaite venir récupérer et fouiller ces saltées doit payer 1000 francs CFA par tour. Si quelqu’un revient une deuxième fois, il paie 2000 francs. Un troisième passage coûte 3000 francs, et ainsi de suite. Peu importe que la personne trouve ou non de l’or dans ces résidus, elle doit payer à chaque fois qu’elle vient sur le site. Cette taxation forcée rapporte déjà des sommes considérables à l’adjudant-chef Kota Maboko.

 

Mais ce n’est pas tout. L’adjudant-chef a également créé son propre chantier de lavage en parallèle des activités officielles du site chinois. Il recrute des villageois qu’il emploie sur son installation personnelle et leur fournit des saltées à laver. Cependant, il ne se limite pas à ces résidus officiellement jetés. L’adjudant-chef vole carrément des graviers appartenant aux chinois, ces mêmes graviers aurifères que les exploitants ont déjà récupérés et qu’ils s’apprêtent à traiter pour en extraire l’or.

 

Ces graviers volés sont acheminés vers son chantier de lavage clandestin où les villageois qu’il a recrutés les travaillent pour en extraire le précieux métal. Le système fonctionne en toute discrétion, loin du regard des propriétaires chinois du site. Les villageois lavent les graviers, trouvent de l’or, et l’adjudant-chef Kota Maboko récupère tout. Il fait ainsi son business en parallèle, profitant à la fois des saltées et des graviers volés directement aux exploitants chinois.

 

Les quantités d’or récupérées sont loin d’être négligeables. Une bichette d’allumettes remplie d’or se vend à 5000 francs CFA sur le marché local. Avec les volumes que l’adjudant-chef parvient à extraire grâce à son réseau de villageois et aux graviers détournés, il vend régulièrement des quantités importantes d’or. Les revenus générés par ce trafic se chiffrent en millions de francs CFA.

 

Associé au commandant Lamtagué dans ces multiples combines, l’adjudant-chef Kota Maboko fait désormais partie des personnes les plus riches de la Centrafrique. Ensemble, ces deux hommes ont bâti un véritable empire financier sur le dos des exploitants chinois et de la population locale. Entre les détournements de salaires des soldats absents, la taxation forcée des villageois qui viennent chercher les saltées, et maintenant le vol pur et simple des graviers chinois, le commandant Lamtagué et l’adjudant-chef Kota Maboko accumulent des fortunes considérables.

 

Ce business mafieux continue de prospérer à Rondji dans l’indifférence totale des autorités, transformant ces militaires censés assurer la sécurité du site en véritables patrons d’une organisation criminelle qui ne cesse de s’enrichir aux dépens de tous.

 

Par Brice Kossi

CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE….

WhatsApp deux cent trente-six, soixante-quinze, soixante-douze, dix-huit, vingt et un .