Un conducteur de taxi-moto de Boda violemment tabassé par des militaires à Bojula

Rédigé le 26 novembre 2025 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les populations civiles centrafricaine continuent de subir au quotidien les violences crapuleuses des éléments des forces de défense et de sécurité. Dans la préfecture de la Lobaye, au sud-ouest du pays, un jeune conducteur de taxi-moto a été victime d’une agression gratuite commise par des militaires postés à un checkpoint à l’entrée du village Bodjoula.
Les barrières de contrôle qui jalonnent les routes centrafricaines sont devenues, pour de nombreux citoyens, des lieux de racket et parfois de brutalités injustifiées. C’est précisément ce qu’a vécu Abdharaïm, un conducteur de taxi-moto originaire de Boda, chef-lieu de sous-préfecture de la Lobaye. Ce jour-là, le jeune homme avait accepté de transporter les membres de sa famille jusqu’à Bodjoula, une localité située à 35 kilomètres de Boda. À son arrivée à l’entrée de ce village, il s’est acquitté sans difficulté des « formalités » habituelles au checkpoint, c’est-à-dire le paiement du droit de passage exigé par les forces de l’ordre.
Après avoir déposé les membres de sa famille, Abdharaïm s’apprêtait à reprendre la route vers Boda lorsqu’un militaire en tenue civile l’a interpellé au sujet de son gilet orange, l’uniforme distinctif des conducteurs de taxi-moto de sa localité. Quand le jeune homme a expliqué qu’il venait de Boda, le militaire lui a rétorqué que les taxi-motos et leurs délégués de cette ville étaient « des rebelles ». Face à l’incompréhension du conducteur, le soldat n’a fourni aucune explication et s’est contenté de transmettre un message à ses collègues postés à la barrière de sortie : arrêter le jeune homme et le tabasser à son retour.
Des collègues taxi-motos de Bodjoula, informés de cette menace, ont conseillé à Abdharaïm de se faire accompagner par le président de la jeunesse de Bodjoula pour traverser le checkpoint sans encombre. Mais le jeune conducteur a refusé. « Je n’ai commis aucune faute. J’ai payé les formalités à mon arrivée, je n’ai causé aucun problème. Nous sommes dans un pays de droits, je n’ai peur de personne », a-t-il déclaré avant de prendre seul le chemin du retour.
À la barrière de sortie, les militaires et les gendarmes l’attendaient. Ils l’ont aussitôt demandé de se coucher à terre. Le jeune refuse et demande des explications. Mais les gendarmes et les soldats FACA ont sauté sur lui et le plaque au sol. Attaché par de corde, ils l’ont rouillé de coup violent, tout en l’arrosant avec de l’eau. La foule s’est rassemblée pour regarder la scène. Justement, le Président de la jeunesse de Bodjoula est également arrivé sur le lieu. Il commence à plaider le sort du jeune homme. Mais les soldats et les gendarmes refuse et exigent une somme de 200 000 francs CFA avant sa libération. Le Président de la jeunesse demande au jeune s’il a 2000 il donne aux militaires et on le libère. Le jeune dit qu’il n’a pas d’argent. Le Président de la jeunesse est obligé de sortir un billet de 2000 pour remettre aux soldats FACA qui l’ont finalement libéré. Meurtri mais encore capable de conduire, Abdharaïm a réussi à regagner Boda où il a relaté son calvaire aux délégués des taxi-motos. Ces derniers l’ont immédiatement conduit à l’hôpital pour y recevoir des soins.
Cette agression, d’une violence aussi absurde qu’injustifiée, pose une fois de plus la question du comportement des éléments armés envers les populations civiles. Accuser un simple conducteur de taxi-moto d’être un rebelle sur la seule base de sa localité d’origine, puis le faire tabasser sans autre forme de procès, témoigne d’une dérive profonde dans l’exercice de l’autorité. Le prénom Abdharaïm, à consonance musulmane, pourrait également laisser penser à une dimension discriminatoire dans cette violence gratuite, même si rien ne permet de l’affirmer avec certitude.
Par Éric Nzapa….
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