Sous la septième République,  les Centrafricains se préparent désormais à un retour 150 ans en arrière, vers l’ère premières civilisations

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Sous la septième République,  les Centrafricains se préparent désormais à un retour 150 ans en arrière, vers l’ère premières civilisations

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Un troupeau des dromadaires

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Face à l’effondrement total des infrastructures routières, la population envisage sérieusement l’achat d’ânes et de chameaux pour se déplacer. Une régression historique sans précédent dans l’histoire moderne mondiale.

 

Jamais dans l’histoire contemporaine du monde un pays n’a connu une telle régression. Jamais une nation n’a consciemment préparé son retour vers une époque révolue depuis plus d’un siècle. Pourtant, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui en République Centrafricaine sous la “septième république” que le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro tente d’imposer au pays.

 

Les Centrafricains se préparent, non pas à construire l’avenir, mais à replonger dans le passé. Un passé lointain, celui de l’époque pré-coloniale, celui des premières civilisations, celui où le véhicule automobile n’existait pas encore. Cette perspective, qui pourrait sembler surréaliste ou relever de la simple métaphore, est devenue une réalité concrète dont discutent sérieusement les populations à travers tout le territoire national.

Pont de Nana, situé à 30 kilomètres de Paoua sur la route de Bossangoa, en Centrafrique
Pont de Nana, situé à 30 kilomètres de Paoua sur la route de Bossangoa, en Centrafrique

 

De Bangui aux villes de province, les conversations tournent autour d’une même question: comment continuer à se déplacer quand les routes ne seront plus praticables ? La réponse qui émerge collectivement est aussi simple qu’inédite dans le monde moderne : il faudra retourner aux modes de transport d’il y a 150 ans. Des Centrafricains déclarent ouvertement se préparer à acheter des ânes et des chameaux au Tchad et au Soudan pour les ramener au pays, anticipant le jour où ces animaux de bât deviendront la seule option réaliste pour relier la capitale aux villes de l’intérieur.

 

Ce scénario, digne d’un récit de science-fiction inversée où l’humanité retournerait dans son passé, n’a rien d’une fantaisie. Il découle d’une décennie d’abandon méthodique et total des infrastructures routières par le régime Touadéra. Depuis dix ans que cet homme est arrivé au pouvoir, les travaux d’entretien et de réfection des routes et ponts du pays ont purement et simplement cessé. Le gouvernement se fiche éperdument de l’état des infrastructures qui permettent pourtant au pays de fonctionner.

 

Partout sur le territoire national, c’est la même catastrophe qui se déroule au ralenti mais inexorablement. Les ponts se dégradent, se fissurent, perdent leurs éléments structurels. Les routes disparaissent sous la végétation, deviennent des bourbiers pendant la saison des pluies, se creusent de nids-de-poule profonds comme des cratères. Et quand une réparation devient absolument indispensable pour éviter l’effondrement total, le gouvernement se contente de bricolages sommaires qui tiennent quelques mois avant de céder à nouveau.

 

Face à cette démission de l’État, ce sont les populations elles-mêmes qui tentent désespérément de maintenir en état les ouvrages dont elles dépendent pour leurs activités quotidiennes. Les agriculteurs qui doivent accéder à leurs champs, les commerçants qui doivent acheminer leurs marchandises, tous se retrouvent contraints de bricoler des réparations de fortune, d’organiser des cotisations villageoises pour acheter quelques planches ou barres de fer, en attendant vainement qu’un hypothétique partenaire étranger vienne peut-être un jour à leur secours.

Sous la septième République, les Centrafricains se préparent désormais à un retour 150 ans en arrière, vers l’ère premières civilisations
Pont de Loumi, dans la Mambéré-Kadéi

 

Le pont de Loumi, sur la route de Batouri, dans la préfecture de Mambéré-Kadéï, offre l’illustration parfaite de cette descente aux enfers. Long de deux à trois kilomètres, cet ouvrage en bois qui enjambe un cours d’eau est devenu un piège mortel. Les planches se descellent, pourrissent, sautent. Les usagers qui doivent le traverser pour aller cultiver leurs terres avancent avec une prudence extrême, testant chaque pas, sachant qu’un faux mouvement pourrait leur être fatal. Personne n’intervient pour réparer sérieusement cet ouvrage vital. Il continue de se dégrader, jour après jour, jusqu’au moment où il s’effondrera complètement.

Sous la septième République, les Centrafricains se préparent désormais à un retour 150 ans en arrière, vers l’ère premières civilisations
Des camions bloqués sur la route entre Sibut et Damara, dans le village Kangamoté, situé à 10 kilomètres de Sibut après l’effondrement d’un pont

 

Entre Damara, le village présidentiel situé à 75 kilomètres de Bangui, et Sibut, à 185 kilomètres de la capitale, un autre pont stratégique s’est partiellement effondré le mois dernier. L’embouteillage provoqué a bloqué des dizaines de gros camions de transport. La solution trouvée par le gouvernement atteint des sommets de cynisme : demander aux transporteurs de cotiser entre eux pour acheter des barres de fer et effectuer eux-mêmes une réparation provisoire. Une fois ce bricolage réalisé aux frais des victimes, la circulation a repris, sans aucune garantie ni engagement de l’État.

Pont de Nana, situé à 30 kilomètres de Paoua sur la route de Bossangoa, en Centrafrique
Pont de Nana, situé à 30 kilomètres de Paoua sur la route de Bossangoa, en Centrafrique

 

Le pont de Nana, situé à une trentaine de kilomètres de Paoua sur la route de Bossangoa, connaît le même sort. Et des dizaines d’autres à travers le pays. Partout, la même logique d’abandon, la même démission, le même délabrement programmé. Résultat : dans certaines régions, parcourir cent kilomètres nécessite désormais trois à cinq jours de voyage périlleux.

 

D’ici quelques années, disent les Centrafricains, il sera tout simplement impossible de circuler en véhicule entre Bangui et les villes de province comme Bambari, Bria, Paoua, Bozoum, Bocaranga, Nola, Boda, Obo, Bambouti   ou Birao. Les routes seront devenues totalement impraticables. Il faudra alors charger ses bagages sur un chameau ou un âne, progresser lentement, s’arrêter régulièrement pour faire paître et abreuver l’animal, puis reprendre la route. Un mois, deux mois pour atteindre sa destination. Mais au moins, on arrivera.

 

La moto restera une option pour ceux qui peuvent se payer le carburant et accepter les risques sur des pistes défoncées. Certains évoquent même les moutons comme alternative. Nous sommes bien en 2025, mais les Centrafricains planifient sérieusement leur retour au 19ème siècle, à l’époque où leurs ancêtres se déplaçaient exactement de cette manière, avant l’arrivée des colonisateurs et de leurs routes.

 

Cette perspective d’une régression sans équivalent dans l’histoire moderne s’inscrit dans le contexte plus large de la “septième république” que Touadéra veut imposer au pays à l’approche des Élections de décembre 2025. Pendant que le régime se concentre sur ses manœuvres constitutionnelles pour permettre un troisième mandat illégal, pendant que les ministres accumulent scandales de corruption et détournements de fonds publics, le pays tout entier sombre dans un sous-développement qui dépasse l’entendement.

 

Les images du pont de Loumi, avec ses planches vermoulues s’étendant sur des kilomètres, resteront comme un exemple de cette décennie de destruction méthodique des infrastructures centrafricaines. Elles témoignent d’un phénomène unique au monde : un pays du 21ème siècle qui replonge volontairement, par la négligence criminelle de ses dirigeants, dans les conditions de vie du 19ème siècle. Une nation qui se prépare à abandonner la modernité pour retourner aux ânes et aux chameaux.

 

L’histoire retiendra que sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra, la République Centrafricaine est devenue le premier pays au monde à planifier consciemment son retour 150 ans en arrière. Un record mondial dont personne ne voudrait.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo….

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