Mathurin Dimbélé-Nakoé, condamné pour détournement de 2,8 milliards de francs, pourtant investi candidat du MCU aux législatives, la Cour Constitutionnelle va-t-elle valider un repris de justice ?

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Mathurin Dimbélé-Nakoé, condamné à plusieurs reprises par la justice centrafricaine pour détournement de deniers publics, faux et usage de faux, trafic d’influence et abus de biens sociaux, vient d’être investi comme candidat du Mouvement Cœurs Unis (MCU) aux Élections législatives dans la localité de Sosso-Nakombo.
Corbeau News Centrafrique a obtenu copie du réquisitoire introductif du Procureur de la République Alain Tolmo daté du 6 février 2012. Ce document accable Mathurin Dimbélé-Nakoé et détaille les multiples infractions qu’il a commises lorsqu’il était Directeur Général de la Société Centrafricaine de Stockage des Produits Pétroliers entre 2008 et 2011.
Selon ce réquisitoire, Dimbélé-Nakoé a détourné au préjudice de l’État centrafricain un montant estimé à 2 885 683 000 FCFA (soit près de 2,9 milliards de francs CFA). Il a falsifié des documents. Il a sollicité et perçu des avantages indus en raison de sa fonction. Il a abusé de son influence pour obtenir des faveurs administratives. Il a utilisé les biens de l’État à des fins personnelles.
Les faits sont qualifiés par les articles 363, 106 alinéa 13, 375, 373 et 215 du Code Pénal centrafricain. Dimbélé-Nakoé a été placé sous mandat de dépôt le 8 février 2012. Il a été poursuivi pour détournement des deniers publics, faux et usage de faux, prise d’intérêts dans un acte, trafic d’influence, et abus des biens sociaux.
Mais les malversations de Dimbélé-Nakoé ne s’arrêtent pas là. En 2014, lors des événements qui ont secoué la République centrafricaine, il a même tenté d’organiser l’assassinat d’un commerçant musulman.
Voici comment les choses se sont passées. Parmi les nombreux véhicules que Dimbélé-Nakoé avait achetés avec l’argent détourné de l’État, il y avait plusieurs gros camions. Il avait mis l’un de ces camions en location avec un commerçant musulman qui faisait le transport entre Bangui et Douala au Cameroun.
Apparemment, Dimbélé-Nakoé a eu un différend avec ce commerçant. On ne sait pas exactement quel était le problème, mais Dimbélé-Nakoé a décidé d’éliminer physiquement le commerçant.
Un jour, dans le paillote-restaurant “Chez Papi” au quartier PK10 à la sortie de la capitale Bangui, Mathurin Dimbélé-Nakoé a convoqué des chefs miliciens Anti-Balaka de la ville de Carnot, de Berberati et d’autres villes. Une équipe des journalistes de Corbeau News Centrafrique s’était discrètement infiltrée et était présente lors de cette rencontre.
Dimbélé-Nakoé a demandé aux miliciens anti-Balaka de faire tout pour récupérer le commerçant musulman quand il viendra à Bangui, au Kilomètre 5, et de l’éliminer. Il leur a même donné le numéro d’immatriculation du camion. Il leur a dit que dès qu’ils voient le camion sur la route, ils doivent le bloquer, récupérer le camion en disant que c’est son camion qu’il avait mis en location et que le commerçant n’avait pas payé.
C’était un plan pour assassiner le commerçant et récupérer le camion. Un camion que Dimbélé-Nakoé avait acheté avec l’argent volé à l’État.
Heureusement, les miliciens anti-Balaka ont refusé. Pas devant lui, mais après leur départ, ils ont dit entre eux : “Lorsqu’il mangeait, lorsqu’il était Directeur Général, est-ce qu’il a pensé à nous ? Il n’a pas pensé à nous. Mais maintenant qu’il n’est plus Directeur, il veut nous utiliser pour commettre des crimes. Non, nous ne le ferons pas”.
Les anti-Balaka ont catégoriquement refusé d’appliquer ces directives. Ils ont refusé de devenir les tueurs à gages de Dimbélé-Nakoé.
Voilà le niveau de moralité de cette personne. Il est prêt à tuer pour récupérer un véhicule qu’il a acheté avec de l’argent volé. C’est un criminel. Un voleur. Un homme dangereux.
Le président Bozizé avait raison d’ordonner son arrestation. La justice l’a jugé et condamné. Il a été placé sous mandat de dépôt. Il devrait être en prison. Mais au lieu de cela, il se promène librement et se présente aux Élections législatives.
En 2020, Dimbélé-Nakoé avait déjà tenté de se représenter aux Élections législatives pour la seconde fois comme candidat du MCU. Mais la Cour Constitutionnelle, présidée à l’époque par Danièle Darlan, avait invalidé sa candidature. Malgré le fait qu’il était candidat du parti au pouvoir, la présidente de la Cour Constitutionnelle avait refusé de valider sa candidature à cause de ses multiples condamnations.
À l’époque, la Cour Constitutionnelle fonctionnait encore un peu. Elle osait parfois dire non au pouvoir. Danièle Darlan avait le courage de rejeter des candidatures même quand elles venaient du parti présidentiel.
Mais aujourd’hui, la Cour Constitutionnelle est complètement aux ordres du régime. Elle ne dit plus non à rien. Elle valide tout ce que le pouvoir lui demande de valider.
Alors maintenant, en 2025, Dimbélé-Nakoé se présente à nouveau. Et probablement, la Cour Constitutionnelle va accepter sa candidature. Elle va fermer les yeux sur ses condamnations. Elle va ignorer le fait qu’il a détourné près de 3 milliards de francs CFA. Elle va oublier qu’il a tenté d’organiser un assassinat.
Ce pays est incroyable. Les gros voleurs se ressemblent. Comme disent les anciens, les oiseaux de même plumage volent ensemble. Tout le monde vole. Tout le monde détourne. Et il n’y a pas de sanctions, car le Président lui-même est un grand voleur de naissance.
Mathurin Dimbélé-Nakoé devrait être en prison. Au lieu de cela, il est candidat aux Élections législatives. Il va probablement être élu. Il va devenir député. Il va voter les lois. Il va contrôler le budget de l’État. Un homme qui a volé 3 milliards va décider comment l’argent du pays doit être dépensé.
C’est ça la Centrafrique de Touadéra. Un pays où les criminels deviennent députés. Un pays où les voleurs font la loi. Un pays où la justice ne sert à rien parce que ceux qu’elle condamne se promènent librement et se présentent aux élections.
Par Alain Nzilo
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
