Affaire Armel Sayo : Le Juge d’instruction Alain Tolmo Ordonne la Libération de 7 Présumés Arrêtés par l’OCRB, Mais le Ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène Conteste et Exige Leur Mise sous Mandat de Dépôt….

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Dans l’affaire Armel Sayo, le juge d’instruction Alain Tolmo prononce la relaxe de sept accusés, dont Mahamat Abakar, faute de charges. Mais à la surprise de tout, le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène s’oppose, appelle le juge d’instruction au téléphone et lui exige leur placement sous mandat de dépôt….
En effet, L’affaire de l’ancien ministre et chef rebelle Armel Sayo, déclenchée par son arrestation le 17 janvier 2025 à l’aéroport de Douala, au Cameroun, a pris une ampleur inquiétante à Bangui. Ce jour-là, quelques heures après l’interpellation de l’ancien ministre Armel Sayo, sa sœur Clarisse Sayo, ministre conseillère à la primature, et son frère Aristide Sayo, gendarme, sont arrêtés dans le bureau du directeur général de la police national, situés à 100 mètres de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB). Ces interpellations, menées sans mandat ni motif clair, déclenche le début d’une série d’arrestations visant des cadres et des simples citoyens centrafricains, souvent sur des bases floues….
Parmi les personnes ciblées, plusieurs cadres du ministère des Finances se retrouvent dans le viseur des autorités. Le 11 mars 2025, Mahamat Abakar, ancien directeur général du Trésor public et coordinateur du projet Agir financé par la Banque mondiale, est arrêté dans son bureau sans qu’aucune explication ne lui soit fournie. Mais bien avant lui, certains cadres du ministère des finances sont arrêtés, dont monsieur Boris Toïma, autre cadre du ministère,. Yvon Tazou, ancien directeur de cabinet et ex-consul général à Lomé, est arrêté à son domicile par une unité lourdement armée, sur la base d’un soi-disant simple appel téléphonique avec Toïma. Germain Wamoustoyo, contrôleur général des finances à la retraite, est lui aussi appréhendé par l’OCRB à son domicile du quartier Fouh. Un autre cas est celui de Junior Poungolo, membre du parti présidentiel MCU et porte-parole du COCAFAT, rejoint la liste des détenus entre le 4 et le 5 février 2025, accusé d’avoir échangé avec Armel Sayo….
Ces arrestations, menées par l’OCRB, se déroulent dans des conditions opaques. Les accusés, souvent emmenés de force depuis leur domicile ou leur lieu de travail, ne reçoivent ni mandat d’arrêt ni notification des charges retenues contre eux. Les autorités évoquent une tentative de coup d’État, mais aucun élément concret ne semble étayer cette accusation. Les détenus passent des mois pour certains comme Mahamat Abakar, dans les locaux de l’OCRB, où ils subissent des interrogatoires prolongés….

Le cas de Mahamat Abakar explique particulièrement les dérives de cette affaire. Lors de son interrogatoire, ce cadre supérieur des finances répète ne rien savoir des accusations portées contre lui. « Je ne connais rien, rien du tout », a-t-il déclaré aux enquêteurs. Ces derniers, de leur côté, maintiennent leur position et lui disent que son nom est cité à plusieurs reprises dans cette affaire, mais pourquoi ? Monsieur Abakar répond simplement qu’il est nécessaire de faire une confrontation avec la ou les personnes qui l’ont cité. Les enquêteurs, suite à la réponse de monsieur Mahamat Abakar, pointent alors Boris Toïma, également arrêté, comme étant celui qui aurait dénoncé Abakar. Une confrontation est organisée. Face à Abakar, Boris Toïma explose de colère et nie catégoriquement avoir cité son nom. Il explique que les enquêteurs lui ont fourni une liste de noms des personnes à lire à voix haute, parmi lesquels figurait celui de Mahamat Abakar….
« Vous m’avez donné une liste à lire à haute voix. Puis vous m’avez demandé de lire les noms cochés dans cette liste , et je ne faisais que lire ces noms seulement, c’est tout », a -t-il affirmé, ajoutant qu’il n’a jamais accusé personne. Cette révélation, heureusement consignée dans les procès verbaux des enquêteurs, dévoile aux yeux du monde une manipulation : les noms semblent avoir été imposés par la direction générale de la police, sans fondement. Donc ils citent des noms des personnes qu’ils veulent faire chuter, et c’est tout….
Après plusieurs semaines de détention, les dossiers de ces cadres sont transmis au parquet général du tribunal de grande instance de Bangui le lundi 7 avril 2025. L’enquête, selon des sources proches du dossier, ne contient aucune preuve solide. Le juge d’instruction examine les éléments et se prépare à auditionner chaque suspect le mardi 8 avril. Pendant ce temps, le mardi est passé, puis le mercrecdi. Le juge pense qu’il n’a rien à faire avec un tel dossier. Ainsi, il s’apprêtait à prendre une décision claire le vendredi 11 avril 2025 . Selon des sources proche du dossier, le juge comptait ordonner la libération de sept présumés, dont Mahamat Abakar, estimant qu’aucune charge ne justifie leur détention. Toutefois, pour quatre autres suspects, il recommande leur placement sous mandat de dépôt, afin de poursuivre l’instruction sur des points nécessitant des clarifications….
Cette décision, qui semblait mettre fin à une long dossier judiciaire controversé, est cependant stoppée net par une intervention inattendue. Le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, s’oppose à la libération des accusés et appelle le juge d’instruction au téléphone. Il propose alors au juge de placer tous les suspects au mandat de dépôt en attendant son retour du Cameroun.
Rappelons que le juge d’instruction est attendu à Yaoundé pour traiter une question liée à l’extradition d’Armel Sayo. Ainsi, le ministre Arnaud Djoubaye Abazène propose au juge que la question de la libération des suspects sera traitée dès son retour du Cameroun.
Par ailleurs, le ministre de la Justice, tout en bloquant la décision de Tolmo, avait pourtant tenu des propos publics en faveur du respect des droits des accusés il y’a quelques jours. Lors de son récent déplacement en Suisse, il avait rencontré des responsables du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, promettant un accès libre aux avocats et le respect des procédures légales. À son retour, il avait publié un document demandant aux autorités policières, y compris les gendarmes de permettre aux avocats de rencontrer les détenus et de suivre les règles de droit. Ces déclarations, perçues comme une tentative de rassurer à l’international, contrastent avec sa décision de maintenir ces 7 accusés en détention, malgré l’ordonnance du juge….
L’affaire Sayo expose ainsi un système judiciaire sous tension, où les décisions des magistrats sont remises en question par l’exécutif. Les cadres arrêtés, comme Mahamat Abakar, Boris Toïma ou Yvon Tazou, passent des semaines dans l’incertitude, tandis que les familles des accusés, comme celles de Clarisse et Aristide Sayo, vivent dans l’angoisse. L’absence de transparence dans les enquêtes, combinée à l’intervention directe du ministre, alimente un sentiment d’injustice généralisé à Bangui…….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
