Brasserie MOCAF : victime d’un nouvel acharnement criminel ?

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Fin février, une partie de la brasserie MOCAF subie (encore), un incendie. Depuis 2023, la fréquence des malheurs de l’établissement laisse planer le doute d’actes délibérés. Point sur la situation en 2025.
Cette année, l’un des plus grands noms de la bière centrafricaine est encore pris à partie. Ce 24 février, un incendie touche les locaux de la brasserie MOCAF, vers 18 heures. Selon certaines sources sur place, plusieurs infrastructures sont concernées, notamment des bureaux et un espace de stockage d’échantillon. Les unités de production seraient, elles, encore intactes.
Si les dégâts semblent limités, cet incident intervient dans un contexte concurrentiel plus que particulier. Présente depuis 1953 dans le pays, l’entreprise MOCAF fait aujourd’hui face à un acteur émergent. Sur le sol centrafricain depuis 2023, Africa Ti l’Or utilise une technologie russe dans la production de ses bières. Contrôlée par le Kremlin, les liens de l’entreprise avec Wagner, entreprise de sécurité paramilitaire aux méthodes brutales, ne sont plus à prouver à ce jour. Renommé Africa Corps, le groupe possède désormais une présence économique tentaculaire dans l’ensemble de la région de l’Afrique de l’Ouest. Principalement connu pour son exploitation prédatrice des ressources minières d’or et de diamant, Wagner semble vouloir diversifier ses activités, cherchant à sécuriser de nouvelles sources de revenus pérennes. Ce, à n’importe quel prix. Le but : financer les opérations et étendre l’influence russe au sein du continent le plus prometteur au monde. Selon ce panorama, Africa Ti l’Or ne s’illustrerait alors qu’en infime rouage de l’organisation de Moscou dans la zone, et la brasserie MOCAF, en caillou dans son engrenage.
Contexte et retour historique sur une peine répétitive…
Bien que la piste accidentelle soit pour le moment privilégiée, il est important de rappeler que la brasserie MOCAF a déjà fait l’objet d’un acte similaire deux ans auparavant, soit lors de l’arrivée de la concurrence russe sur le marché. Dans la nuit du 5 au 6 mars 2023, des hommes identifiés localement comme affiliés au groupe Africa Corps par leurs équipements, auraient intentionnellement endommagé une grande partie de la production. Ce, via des lancers de cocktails Molotov visant la zone de stockage. Depuis, campagnes médiatiques et accusations de pratiques déloyales émergent contre MOCAF, filiale du groupe Castel, visant à discréditer la brasserie. Des mouvements pro-russes ont d’ailleurs encouragé le boycott de l’établissement. Sur place, certaines rumeurs font ainsi écho à un potentiel acte de sabotage. Ces tensions prennent place à une époque où le pays traverse une période d’insécurité particulièrement exacerbée.
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Paoua-ce-jeudi/” data-wpel-link=”internal”>Corbeaunews Centrafrique
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC


![Danse des vampires ou protection réelle ? Le ministre du Commerce parle de labo et de normes pendant que les jeunes tombent sur les routes avec les sachets d’alcool frelaté Danse des vampires ou protection réelle ? Le ministre du Commerce parle de labo et de normes pendant que les jeunes tombent sur les routes avec les sachets d’alcool frelaté* Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Pendant que le monde entier marque la Journée mondiale des droits des consommateurs ce 15 mars sous le thème « Des produits sûrs, des consommateurs confiants », la Centrafrique a vécu une célébration presque invisible. Aucune activité officielle n’a été organisée sur le terrain. Seul le ministre du Commerce et de l’Industrie, Maître Thierry Patrick Akoloza, a sorti un discours pour rappeler que l’État veut protéger les citoyens contre les produits de mauvaise qualité. Le ministre a listé une série de bonnes intentions : renforcer les textes de loi, améliorer le contrôle des marchandises qui arrivent sur le marché, trouver de l’argent pour construire enfin un laboratoire de référence, créer le Bureau centrafricain de normes, lutter contre les pratiques commerciales déloyales, promouvoir la métrologie légale pour que les balances et les mesures soient justes, et garder le contact avec les associations de consommateurs. Il a aussi demandé aux Centrafricains de rester vigilants, de connaître leurs droits et de porter plainte quand quelque chose ne va pas. Jusque-là, on pourrait applaudir. Sauf que sur le terrain, le quotidien raconte une autre histoire. Chez nous, on produit très peu de choses transformées. La plupart des biens de consommation courante viennent de l’extérieur, et personne ne peut vraiment vérifier leur qualité. Pas de laboratoire fiable, pas de contrôles systématiques aux frontières, pas de résultats publics. On nous parle de « normes » et de « réglementation », mais les étals et les boutiques regorgent de produits dont on ignore tout : date de péremption douteuse, composition cachée, emballages abîmés. Et le cas le plus criant reste celui de l’alcool frelaté produit sur place par Wagner. Au PK 26, sur la route de Boali, une usine tourne à plein régime. Elle appartient au groupe Wagner et fabrique localement la marque Africa Ti L’Or. Officiellement présentée comme une bière, cette boisson est en réalité un mélange de vodka, d’eau et de citron, souvent coupé avec des substances douteuses. La même structure produit aussi des petits sachets d’alcool frelaté, vendus à 100, 150 ou 200 francs CFA – avec des degrés qui montent parfois à 40, 80, voire 120 %. Ces pochettes plastiques inondent les rues, les marchés et les bars de Bangui et de l’intérieur du pays. Le gouvernement a pourtant pris un arrêté qui interdit formellement la production, l’importation et la vente de ces alcools en sachet, jugés dangereux pour la santé. Mais dans les faits, les services de l’État préfèrent s’attaquer aux cargaisons venues du Cameroun ou du Nigeria, pendant que la production locale de Wagner continue sans aucun contrôle indépendant. Personne ne peut entrer dans cette usine pour vérifier la qualité, les ingrédients ou le degré réel d’alcool. Résultat : les jeunes consomment massivement ces mixtures, les accidents de la route se multiplient, les cas d’empoisonnement et de dépendance explosent, et les autorités ferment les yeux. Ce n’est pas tout. Dans les magasins tenus par certains commerçants libanais, on trouve régulièrement du poisson avarié, de la viande pourrie ou du poulet impropre à la consommation. Ces produits sont récupérés, reconditionnés et remis en vente. Les agents censés faire les contrôles passent souvent leur chemin : les bakchichs font leur effet. L’État dit manquer de moyens pour vérifier quoi que ce soit, mais il semble en trouver quand il s’agit de protéger certains intérêts. Les consommateurs centrafricains ne demandent pas des promesses supplémentaires. Ils veulent du concret : des contrôles réels aux points d’entrée et dans les usines installées sur le territoire, un laboratoire qui fonctionne vraiment, des sanctions contre ceux qui inondent le pays avec des produits dangereux, et surtout la fin de cette tolérance à sens unique sur les sachets d’alcool frelaté produits localement. Tant que ces petites pochettes continueront à circuler librement, que les étals resteront remplis de marchandises pourries ou non vérifiées, et que certaines usines resteront intouchables, les beaux discours du 15 mars ressembleront plus à une danse rituelle qu’à une vraie volonté de protéger le sang des Centrafricains. Le gouvernement doit passer des mots aux gestes. Sinon, cette « protection des consommateurs » restera une belle déclaration que personne ne sent dans sa vie quotidienne. Les jeunes qui tombent sur les routes après avoir bu ces mixtures, les familles qui achètent des produits douteux sans pouvoir les contrôler, méritent mieux que des listes d’intentions. Ils méritent des actes. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka-218x150.jpg)

