La mafia Wagner : Comment la Centrafrique est devenue une colonie russe

Bangui , 24 mai 2023 ( CNC ) — Depuis cinq ans, la Centrafrique est devenue le terrain d’expérimentation de Wagner, une entité connue pour ses activités obscures. Cette galaxie de mercenaires russes a réussi à établir un empire économique dans le pays, en utilisant des méthodes de prédation qu’elle cherche à répliquer ailleurs en Afrique.
Selon un article publié Par Charlotte Lalanne, avec Sophie Douce, l’histoire a commencé en décembre 2017, lorsque la Russie a obtenu une dérogation du Conseil de sécurité des Nations unies pour fournir des armes à la Centrafrique, malgré l’embargo en vigueur depuis 2013. Ce silence des membres permanents du Conseil de sécurité a été purgé pour Washington et Paris, car il a ouvert la voie à l’arrivée des premiers instructeurs et armes russes à Bangui, la capitale centrafricaine. L’ancien Premier ministre centrafricain, Martin Ziguélé , se souvient de l’apparition de ces hommes de Wagner en tenues militaires non conventionnelles, sans insignes de corps, qui ont rapidement pris le contrôle des secteurs stratégiques du pays et maintiennent désormais le président Faustin Archange -Touaderasous leur emprise.
Faustin Archange-Touadéra, à la tête d’un État enclavé de 5,5 millions d’habitants menacé par une rébellion, a trouvé en Wagner sa garde prétorienne. En échange de cette protection étendue, Wagner a son emprise sur les secteurs économiques clés du pays, transformant ainsi la Centrafrique en une véritable colonie russe. Les sociétés minières, notamment Lobaye Invest et Midas Ressources, ont obtenu des permis d’exploitation dans des conditions douteuses. Les mercenaires de Wagner se sont également emparés du secteur du bois, utilisant des méthodes prédatrices pour s’approprier les ressources forestières du pays.
Le collectif All Eyes On Wagner a enquêté sur les activités de la société et mis en lumière ses pratiques de pillage systématique. Les tentacules de Wagner se sont étendues dans le secteur forestier en payant de nouvelles sociétés, telles que Bois rouge et Wood International Group (WIG), en annulant les permis d’exploitation d’entreprises françaises établies depuis longtemps et en exploitant les ressources forestières sans aucune considération sociale ou environnementale. Les bénéfices générés par ces activités illégales sont considérables, avec des estimations suggérant que le WIG pourrait accumuler plus de 36 millions d’euros à la fin de sa concession de trente ans.
Wagner agit comme une véritable mafia pour protéger ses intérêts économiques. Des actes de sabotage visant des entreprises françaises en Centrafrique ont été annulés, comme l’incendie du siège d’Orange et des attaques contre les installations de la société de bière Castel. Les mercenaires russes sont même soupçonnés d’avoir assassiné neuf employés chinois sur un site minier en mars dernier.
Déterminé à étendre son empire, Wagner s’est récemment étendu au Mali en nouant des accords avec la junte au pouvoir en échange de concessions minières. Le groupe a également des vues sur les pays voisins du Sahel. Les manœuvres de Wagner pour s’étendre dans la région sont facilitées par une machine propagandiste bien huilée, permettant de faux comptes et des médias fictifs pour propager des messages anti-français et favorables à la Russie. Le Groupe panafricain pour le commerce et l’investissement (GPCI), dirigé par Harouna Douamba, un proche de Wagner, joue un rôle clé dans cette campagne de désinformation.
Alors que la présence de Wagner au Burkina Faso n’est pas encore révélée, les signes précurseurs sont là. Les télégraphistes de Moscou préparent le terrain et laissent entendre que le groupe pourrait étendre ses activités dans ce pays. Dans une inquiétante manifestation de son influence croissante, un bar à Ouagadougou a été rebaptisé “Wagner VIP”.
La situation en Centrafrique illustre la menace croissante qui représente Wagner, une entité aux méthodes mafieuses, pour la stabilité et la souveraineté des pays qu’elle cible. Les Occidentaux sont confrontés à un défi de taille pour sanctionner les membres de ce groupe et de ses affiliés, car ils ont la capacité de créer de nouvelles entités et de renforcer les mesures punitives. Il est donc essentiel que la communauté internationale fasse front commun pour contrer cette menace et protéger les pays africains des activités productives de Wagner.
Par la rédaction du CNC
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![Haut-Mbomou : le groupe Azande Ani Kpi Gbé dénonce des pillages, des destructions et des enlèvements attribués aux mercenaires russes , aux FACA et à la coalition UPC-LRA Haut-Mbomou : le groupe Azande Ani Kpi Gbé dénonce des pillages, des destructions et des enlèvements attribués aux mercenaires Wagner, aux FACA et à la coalition UPC-LRA Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC La Coordination générale du groupe Azande Ani Kpi Gbé (AAKG) a rendu public un communiqué officiel adressé à l’opinion nationale et internationale, dans lequel elle documente des violations graves des droits humains commises dans la région du Haut-Mbomou, en République centrafricaine. Les faits dénoncés impliquent directement les Forces armées centrafricaines (FACA), les mercenaires russes du groupe Wagner — désormais rebaptisé Africa Corps — et la coalition formée par l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) et la Lord’s Resistance Army (LRA). Le communiqué de la Coordination AAKG rappelle en préambule que le groupe avait soumis, le 04 février 2026, des recommandations pacifiques au gouvernement centrafricain, dans le but d’obtenir une résolution apaisée du conflit. Ces recommandations sont restées sans réponse. Le gouvernement du dictateur Faustin Archange Touadéra a choisi d’ignorer cette démarche, ouvrant ainsi la voie à une escalade des violences dans le Haut-Mbomou. Pire, selon le même document, la déclaration publique du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, à l’encontre du groupe AAKG, a aggravé la situation au lieu de l’apaiser. Le communiqué indique que depuis cette prise de position hostile, les exactions se sont multipliées dans la région, ciblant aussi bien les biens des civils que les infrastructures collectives. Des pillages contre la communauté Azande. Le communiqué de l’AAKG décrit une campagne de destruction délibérée menée par les mercenaires russes Wagner contre les biens de la communauté Azande dans le Haut-Mbomou. Les faits rapportés ne relèvent pas d’incidents isolés : il s’agit d’une série d’actes de pillage qui visent méthodiquement les avoirs des populations civiles, les privant de ressources essentielles à leur survie quotidienne. Le communiqué précise que ces destructions s’inscrivent dans un contexte où la communauté Azande attendait un signal de bonne foi de la part des autorités centrafricaines. Ce signal n’est jamais venu. À la place, les mercenaires d’AfrikaCorp et les FACA ont poursuivi leurs opérations militaires contre les positions du groupe, en violation de la cessation d’hostilités que la Coordination AAKG avait pourtant décidé d’observer unilatéralement. Alors, des infrastructures publiques délibérément détruites. L’un des aspects les plus graves du communiqué concerne la destruction d’infrastructures publiques dans plusieurs localités du Haut-Mbomou. Le document cite nommément les établissements suivants, qui ont été ciblés et saccagés : L’École AIM de Zemio, un établissement scolaire dont la destruction prive des centaines d’enfants de leur droit à l’éducation. L’hôpital de la sous-préfecture de Bambouti, ainsi que l’ensemble des biens mobiliers de cette sous-préfecture, ont également été touchés. Le Centre de Santé du village Tabane, structure sanitaire indispensable pour les populations rurales de la zone, figure aussi parmi les cibles. Le communiqué mentionne par ailleurs plusieurs autres établissements publics répartis dans différentes localités du Haut-Mbomou, sans en donner l’inventaire exhaustif. Ces destructions d’écoles et de centres de santé constituent, selon le droit international humanitaire, des violations graves des règles de protection des civils en temps de conflit armé. Au-delà des pillages et des destructions matérielles, le communiqué de la Coordination AAKG signale des enlèvements de civils perpétrés sur l’axe Mboki. Ces actes sont attribués à des milices affiliées à des factions armées, notamment des éléments liés à l’UPC et à la LRA, opérant avec l’appui direct des mercenaires russes Wagner. Selon le communiqué, le recours aux enlèvements vise délibérément à aggraver le climat d’insécurité dans la région et à terroriser les populations civiles déjà fragilisées par des années de conflit. L’axe Mboki, qui constitue un couloir vital pour les déplacements et les approvisionnements dans le Haut-Mbomou, est ainsi rendu dangereux par ces opérations menées en toute impunité. La MINUSCA est aussi pointée du doigt dans ce communiqué. Le communiqué de l’AAKG ne ménage pas la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). La Coordination prend à témoin cette mission onusienne, qu’elle accuse d’avoir failli à sa mission de protection des civils dans le Haut-Mbomou. Le communiqué indique que les populations locales attendent désormais avec urgence une intervention concrète de la MINUSCA, dont le mandat prévoit explicitement la protection des non-combattants. L’absence de réaction de la mission face aux événements en cours constitue, aux yeux de la Coordination, une forme de complicité passive avec les auteurs des exactions. Le communiqué insiste sur un point central : la Coordination AAKG a, de sa propre initiative, décidé de respecter une cessation des hostilités afin de laisser la place au dialogue. Cette décision, prise de bonne foi, n’a pas été honorée par l’autre camp. Les mercenaires russes Wagner et les FACA ont continué de mener des attaques contre les positions du groupe, ignorant totalement le geste d’ouverture posé par la Coordination. Ce constat d’échec du cessez-le-feu unilatéral est central dans le raisonnement du communiqué. Il démontre, selon l’AAKG, que les forces gouvernementales et leurs supplétifs russes ne recherchent pas une solution négociée, mais cherchent à écraser militairement toute opposition dans le Haut-Mbomou. L’AAKG réaffirme son engagement pour la paix tout en refusant le silence En conclusion de son communiqué, la Coordination générale du groupe Azande Ani Kpi Gbé réaffirme que son engagement reste orienté vers la protection des populations civiles et la recherche d’une paix durable dans la région. Mais le groupe prévient clairement qu’il ne peut pas rester silencieux devant les atteintes répétées à la dignité humaine et aux droits fondamentaux que subissent les Azande du Haut-Mbomou. Cette déclaration intervient dans un contexte de tension extrême dans le sud-est de la Centrafrique, une zone enclavée où l’accès humanitaire reste difficile et où les violations des droits humains sont rarement documentées par les médias internationaux. Corbeau News Centrafrique continuera de suivre l’évolution de la situation dans le Haut-Mbomou. Par Anselme Mbata Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/capture-decran-de-la-video-des-soldats-FACA-menacant-a-mort-peut-etre-tue-un-civil-non-arme-218x150.jpg)
