Le BRDC annonce une grande marche pacifique le 13 novembre à Bangui pour exiger la baisse du carburant et la libération des responsables de la société civile.
Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) appelle les habitants de Bangui, Bimbo et Bégoua à manifester le vendredi 13 novembre 2026, dès 6 heures du matin. Cette annonce a été faite ce vendredi 30 octobre, lors d’une conférence de presse consacrée à la hausse des prix des hydrocarbures et aux arrestations des responsables de la société civile.

Le cortège doit partir du rond-point de la Paix pour rejoindre le monument des Martyrs, en empruntant l’avenue des Martyrs. Cette nouvelle mobilisation intervient après l’opération ville morte du 12 octobre, organisée pour protester contre la troisième augmentation des prix du carburant en trois ans.
Le BRDC reprend une proposition de Touadéra
La particularité de cette manifestation réside dans les circonstances de son annonce. Le BRDC affirme répondre directement à une proposition formulée par Faustin-Archange Touadéra lors de sa rencontre avec les organisations syndicales.
D’après la déclaration lue devant la presse, Touadéra avait suggéré aux Centrafricains de privilégier d’autres formes de protestation que les opérations ville morte. Il avait notamment recommandé une marche sur l’avenue des Martyrs pour exprimer leur mécontentement.
Le BRDC a décidé de prendre cette proposition au mot.
« Le BRDC souscrit à cela et appelle l’ensemble de la population de Bangui, de Bimbo et de Bégoua à une marche pacifique le vendredi 13 novembre 2026 sur l’avenue des Martyrs dès 6 heures du matin », précise la déclaration.
Le mouvement d’opposition entend ainsi organiser une manifestation publique sur l’itinéraire évoqué par Touadéra lui-même. Cette décision place désormais les autorités devant une mobilisation dont le principe aurait été proposé par celui qu’elles soutiennent.
Cinq exigences adressées au gouvernement
Cette marche doit permettre au BRDC de porter cinq revendications directement liées à la crise sociale et politique actuelle.
La première concerne la libération immédiate et sans condition des responsables de la société civile arrêtés après l’opération ville morte. Le BRDC considère que leur maintien en détention est injustifié, notamment parce que les délais légaux de garde à vue sont dépassés depuis plusieurs jours.
Le mouvement exige également la fin des accusations de manipulation portées contre ses dirigeants par les autorités.
Sur le plan économique, il réclame la publication de la convention signée entre l’État centrafricain et Neptune Oil SA, ainsi que la libéralisation totale et effective du secteur de la distribution des produits pétroliers.
Enfin, le BRDC demande une réduction des prix des hydrocarbures en dessous de 1 000 francs CFA.
Ces revendications constituent les principaux motifs de la marche annoncée pour le 13 novembre.
« Personne n’a besoin de manipuler une population qui croule sous la misère »
Lors de cette conférence de presse, le BRDC a également répondu aux accusations du gouvernement concernant son implication supposée dans l’organisation de la ville morte du 12 octobre.
Le mouvement rejette catégoriquement l’idée selon laquelle il aurait manipulé les organisations de la société civile à l’origine de cette mobilisation.
« Personne n’a besoin de manipuler une population qui croule sous la misère et la débrouillardise pour survivre », affirme le BRDC.
Pour ses responsables, les difficultés économiques suffisent à expliquer la participation des habitants à cette journée de protestation.
Le BRDC rappelle que les Centrafricains viennent de subir une troisième augmentation des prix des hydrocarbures en trois ans, sans mesures d’accompagnement suffisantes pour protéger leur pouvoir d’achat.
Il estime que cette hausse entraîne directement une augmentation des coûts de transport, des marchandises et des services, aggravant les difficultés quotidiennes des ménages.
Face à la hausse des prix du carburant et aux arrestations de la société civile, le BRDC organise une marche pour défier le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra.
Une nouvelle mobilisation après la ville morte
Le BRDC considère que le succès de l’opération ville morte a provoqué une réaction des autorités, notamment les arrestations des responsables de la société civile.
« C’est ce succès total qui a affolé le pouvoir et l’a amené à arrêter les leaders de la société civile », affirme le mouvement dans sa déclaration.
Il dénonce également les distributions gratuites de carburant aux conducteurs de motos-taxis, présentées comme une tentative de réduire la participation à la mobilisation du 12 octobre.
Le BRDC rappelle qu’il a déjà organisé ou appelé à plusieurs manifestations politiques, notamment celle du 14 juillet 2023 contre le changement de la Constitution du 30 mars 2016.
Pour ses responsables, il n’existe donc aucune raison de passer par des organisations de la société civile pour appeler les Centrafricains à manifester.
La prochaine échéance est désormais fixée au vendredi 13 novembre 2026. Les habitants de Bangui, Bimbo et Bégoua sont invités à se rassembler dès 6 heures du matin au rond-point de la Paix, avant de marcher pacifiquement jusqu’au monument des Martyrs.
Cette manifestation doit permettre au BRDC de réclamer publiquement la baisse du prix du carburant, la libération des responsables de la société civile et des réponses du gouvernement aux revendications économiques de la population.
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