« Au Sénat français, Marie-Reine Hassen décrit une machine de mort menée par Wagner en Centrafique

0
1

Regarder la video

 

L’ancienne ministre décrit l’horreur infligée à la population centrafricaine et affirme que Wagner n’a jamais tué un seul rebelle

 

Devant les parlementaires, diplomates et observateurs réunis au Sénat français à l’occasion d’une conférence-dîner de haut niveau, Mme Marie-Reine Hassen, ancienne ministre de la République centrafricaine, a livré un témoignage d’une rare gravité sur les violences perpétrées par le groupe Wagner contre les civils de son pays. Elle a décrit une violence sans limite, méthodique, qui s’abat sur les populations sans distinction d’âge ni de sexe, et dont l’ampleur est telle qu’aucun décompte sérieux n’est possible. Ce volet de son intervention, exclusivement consacré aux atrocités physiques commises par les mercenaires russes, constitue l’un des moments les plus éprouvants de sa prise de parole.

 

« Au Sénat français, Marie-Reine Hassen décrit  une machine de mort  menée par Wagner en Centrafique
Marie Reinne Hassen dans larticle

 

Mme Hassen a d’emblée posé un constat qui, selon elle, résume l’absurdité criminelle de la présence de Wagner en Centrafrique : « Sous le prétexte qu’ils viennent combattre les groupes armés, ils n’ont tué aucun rebelle jusqu’à aujourd’hui, et tous ceux qui sont tués, ce sont des civils, femmes, enfants, hommes, ce sont des civils, uniquement des civils, et cette violence perpétrée par le groupe Wagner à l’encontre des populations est absolument inouïe, bien plus meurtrière que celle perpétrée par les forces de l’ordre, qui depuis des années s’y mettent aussi, et plus violente encore que la violence des rebelles eux-mêmes, parce qu’elle ne répond à aucune logique de guerre, à aucune nécessité militaire, à aucune justification autre que la prédation et la terreur. »

 

L’ancienne ministre a ensuite décrit, avec une précision glaçante, la nature de ces crimes. Elle a évoqué des tueries, des exécutions de masse, des carnages totaux, des enlèvements, des viols. Elle a raconté que les forces du groupe ont rasé des villages entiers, les incendiant avec leurs habitants enfermés dans les cases avant qu’on y mette le feu. Elle a mentionné des scènes d’une barbarie inouïe : « Les gens sont décapités, pas plus tard qu’avant-hier encore, on avait des images épouvantables, leurs têtes sont plantées sur des piquets, sur des pieux, les victimes sont dépecées, découpées en morceaux comme des animaux, certains sont brûlés, d’autres sont jetés dans des fûts d’acide, et puis on parle souvent de trafic d’organes aussi, voilà, et tout cela se passe sous nos yeux, dans l’indifférence quasi générale, sans que rien ne semble pouvoir arrêter cette machine de mort. »

À lire aussi : Ouanda-Djallé : nouvel échec de l’installation du nouveau bureau municipal à cause de l’absence du maire sortant

 

Elle a insisté sur le caractère indistinct de ces violences : « Les viols sont commis sans aucune distinction, hommes, femmes, enfants, personnes âgées, et même les soldats, les FACA, sont violés en public parce que tout leur est permis, parce qu’ils savent qu’ils ne seront jamais inquiétés, parce qu’ils ont compris que l’impunité est totale et que la justice centrafricaine est dans l’incapacité absolue d’enquêter sur leurs crimes, que les exécutions sommaires, les viols, les tortures, les disparitions forcées, tout cela passe à la trappe, et que la police et la gendarmerie locales subissent des intimidations directes, allant jusqu’à l’interdiction d’accéder à certaines zones contrôlées par le réseau. »

À lire aussi : Carburant en RCA : les contrevérités d’Alain Foka et Jules Njawe pour protéger Touadéra de sa mauvaise gestion

 

Mme Hassen a également souligné que ces violences s’inscrivaient dans une stratégie économique délibérée. « Ces groupes ont pris part à des exécutions illégales, ils ont pillé des mines d’or artisanales en tuant tout le monde, ils arrivent, ils tuent tout le monde et ils s’accaparent des mines, et tout cela pour faire avancer leurs intérêts économiques dans le secteur minier et pas seulement, parce que la violence est ici un instrument de prédation, un moyen de faire peur, de chasser les populations, de s’emparer des ressources, et non une réponse à une menace quelconque, et c’est en cela que cette violence est absolument ignoble, parce qu’elle n’a même pas l’excuse de la nécessité. »

 

L’ancienne ministre a tenu à rappeler que cette situation n’était pas nouvelle et qu’elle se poursuivait encore au moment où elle parlait. « Je vous parle, ça se passe toujours et ça ne va pas s’arrêter, ces groupes ont rasé des villages entiers et ils continuent, ils ont porté atteinte aux institutions démocratiques, globalement dans chaque pays d’Afrique où ils ont opéré, et ce groupe a un comportement criminel et prédateur envers les Africains de manière globale, et ça ne s’est pas arrêté avec la mort d’Evgueni Prigojine, son fondateur, parce que la machine, elle, continue de tourner, alimentée par la même logique de cupidité et de terreur. »

 

Elle a conclu ce volet de son intervention en soulignant que ces crimes resteraient, pour longtemps, sans chiffres précis, sans noms, sans sépultures dignes. « Combien de morts ? Combien de femmes violées ? Combien d’enfants décapités ? Personne ne le sait, personne ne le saura jamais vraiment, parce que les victimes sont enterrées dans des fosses communes, parce que les témoins sont terrorisés, parce que les autorités centrafricaines elles-mêmes ferment les yeux, et parce que la communauté internationale, malgré quelques déclarations, n’a pas jugé utile d’envoyer des enquêteurs indépendants sur place pour documenter ces atrocités et en établir la responsabilité. » Et d’ajouter : « C’est cela, l’impossible décompte des victimes civiles : non pas que les victimes manquent, mais que les instruments pour les compter, les nommer et les honorer ont été méthodiquement détruits, comme pour effacer jusqu’à la trace de leur existence. »

 

L’allocution de Mme Marie-Reine Hassen a été suivie d’applaudissements nourris dans la salle du Sénat français, où résonnait encore l’écho d’un témoignage qui, au-delà des clivages, pose une question universelle : celle du silence du monde face aux atrocités commises en Centrafrique, et de la responsabilité de ceux qui, par action ou par omission, permettent qu’elles se poursuivent.

 

 

Devant les parlementaires réunis au Sénat français, Marie-Reine Hassen détaille les exécutions de masse et les pillages miniers perpétrés par le groupe Wagner contre les civils en République centrafricaine.

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

  Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org