L’expansion de la dictature EN RCA : Quand le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana utilise l’OCRB pour intimider et faire taire le journaliste Johnny Yannick Nalimo

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Au pays de Boganda, la liberté de la presse vient de subir une fois de plus un coup dur. Pour avoir publié des faits relatifs à des tensions au sein de l’ambassade de RCA au Maroc impliquant le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana, le journaliste Johnny Yannick Nalimo de « Sabangotiala » est la cible d’une cabale instrumentée par le ministre d’État Évariste Ngamana. Convocation par l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB), remise en main propre par un huissier payé par le faux diplômé, menaces de transfert à la prison de Garagba : l’arsenal de l’État est déployé pour une simple affaire de presse. Une dérive autoritaire qui interroge sur l’avenir de la liberté au pays de Zo kwé zo.

 

Une convocation urgente et sans motif clair

 

Tout commence par une publication. Celle du journaliste Johnny Yannick Nalimo, administrateur principal du journal Sabangotiala. Son tort ? Avoir relayé des informations sensibles concernant une réunion houleuse qu’aurait tenue le ministre d’État à la Communication, Évariste Ngamana, avec le personnel de l’ambassade de RCA au Maroc. Au cœur des tensions : la situation de l’épouse du ministre et les relations avec l’ambassadeur par intérim, Nicaise Kossi.

 

L’expansion de la dictature EN RCA : Quand le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana utilise l’OCRB pour intimider et faire taire le journaliste Johnny Yannick Nalimo
Abbe honorable et chef anti balaka de Carnot Evariste NGAMANA

 

Au lieu d’user de son droit de réponse, le ministre grand sorcier de Carnot a choisi la manière forte. Le document officiel en notre possession est sans équivoque : une convocation émanant de l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB), direction de la Police Nationale. Sur le papier, aucun motif précis n’est stipulé. Pire, la procédure relève de l’absurde : l’enquêteur a lui-même mandaté et payé un huissier de justice (à hauteur de 10 000 francs CFA) pour remettre la convocation au journaliste. Une première dans les annales judiciaires qui sent la mise en scène intimidante.

 

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Le recours à l’OCRB pour une affaire de presse est une aberration juridique et un signal alarmant. L’OCRB est censé lutter contre le grand banditisme, pas contre les journalistes. En convoquant M. Nalimo à l’OCRB avec des tampons « URGENT » apposés de toutes parts, le pouvoir exécutif instrumentalise la police pour intimider un professionnel des médias.

 

« Ils ont mis des tampons d’urgence, beaucoup beaucoup sur la convocation. Et la convocation n’a pas de motif, de raison, flou », dénonce notre source. Cette pression n’est pas seulement judiciaire, elle est psychologique. Selon nos informations, le ministre Évariste Ngamana ne cesse d’appeler personnellement le journaliste pour proférer des menaces. Parmi elles, la plus glaçante : un transfert imminent à la prison de Garagba, tristement célèbre pour ses conditions de détention.

 

La vérité comme seul crime

 

Le comble de cette affaire réside dans la nature des faits publiés. Le journaliste n’a pas inventé de toutes pièces ces tensions. Contacté par la rédaction, l’ambassadeur par intérim Nicaise Kossi confirme la totalité des faits évoqués dans l’article initial. Il se dit même prêt à témoigner et à fournir des preuves aux autorités compétentes. Que reproche-t-on alors à M. Nalimo ? D’avoir dit la vérité.

 

L’information a également été relayée par le média en ligne Corbeaunews. Une question brûlante demeure : son administrateur sera-t-il lui aussi convoqué à l’OCRB ? Cette tentative d’intimidation ciblée vise manifestement à instaurer un climat de terreur dans les rédactions.

 

Un pays en chute libre sur la liberté de la presse

 

Cette affaire illustre un mal profond : la volonté du pouvoir de contrôler le récit. « C’est-à-dire qu’on ne veut pas que quelqu’un qui fait des marches, manifestations, parle mal. C’est-à-dire qu’il faut tout le monde fermer sa bouche. Tu es journaliste, tu dois être dans la ligne. Contraire, hors, tu parles hors champ, la prison », s’indigne un confrère.

 

Le ministre Évariste Ngamana utilise l’OCRB pour cibler le journal Sabangotiala et faire taire la presse centrafricaine.

La RCA se classe parmi les derniers de la classe en matière de liberté de la presse. Les journalistes locaux sont pris en étau. Heureusement pour Corbeaunews, la distance géographique rend son directeur physique insaisissable pour le moment. Mais pour ceux qui sont au pays, comme Johnny Yannick Nalimo, la menace de l’arrestation arbitraire est constante.

 

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