Changement climatique en Afrique : le Consortium panafricain pour la paix réclame des réparations financières et la protection du Bassin du Congo

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Le Consortium panafricain pour la paix demande aux grandes puissances industrielles d’assumer leurs responsabilités dans les conséquences du changement climatique en Afrique. Dans une déclaration signée par son coordonnateur général, le Dr Nounga Djomo Ernest, l’organisation réclame des réparations financières, la protection des communautés autochtones et l’organisation d’une prochaine conférence mondiale sur le climat dans un pays du Bassin du Congo.

 

Le Consortium panafricain pour la paix établit un lien direct entre les dérèglements climatiques, la raréfaction des ressources naturelles et la multiplication des tensions sécuritaires sur le continent africain. Pour cette organisation de la société civile, les conséquences du réchauffement climatique dépassent désormais les seules préoccupations environnementales. Elles touchent également la sécurité des populations, les activités économiques et la stabilité de plusieurs régions africaines.

 

Changement climatique en Afrique : le Consortium panafricain pour la paix réclame des réparations financières et la protection du Bassin du Congo

 

Dans sa déclaration intitulée « Urgence climatique et sécurité : l’Afrique refuse le chaos ! », l’organisation dénonce les insuffisances des engagements internationaux face aux difficultés rencontrées par les populations africaines.

 

Elle estime que les pays africains supportent une part disproportionnée des conséquences du changement climatique, alors que leur contribution historique aux émissions mondiales de gaz à effet de serre reste relativement faible.

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« L’injustice climatique est un crime contre la paix et la sécurité humaine en Afrique », affirme le Consortium, qui dénonce les conséquences environnementales du modèle industriel mondial.

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Le changement climatique considéré comme un facteur d’insécurité

 

Pour le Consortium panafricain pour la paix, la dégradation de l’environnement contribue à aggraver les difficultés sécuritaires dans plusieurs régions du continent.

 

La diminution des ressources en eau, la dégradation des terres agricoles et les perturbations des saisons affectent directement les populations rurales, dont les moyens de subsistance dépendent principalement de l’agriculture, de l’élevage et de l’exploitation des ressources naturelles.

 

Dans certaines régions, ces difficultés accentuent les tensions entre agriculteurs et éleveurs, notamment lorsque les populations doivent partager des espaces agricoles et pastoraux de plus en plus limités.

 

Le Consortium considère que ces pressions environnementales peuvent également favoriser les déplacements de populations et aggraver les conflits déjà existants.

 

L’organisation critique particulièrement les négociations internationales sur le climat, dont elle juge les résultats insuffisants face aux besoins des pays africains.

 

Elle demande que les politiques climatiques internationales prennent davantage en compte les conséquences humaines et sécuritaires du réchauffement, au-delà des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Le Bassin du Congo au centre des préoccupations

 

Le Consortium panafricain pour la paix accorde une attention particulière au Bassin du Congo, considéré comme l’un des principaux ensembles forestiers tropicaux de la planète.

 

Cet espace forestier, qui s’étend notamment sur la République démocratique du Congo, la République du Congo, la République centrafricaine, le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale, joue un rôle important dans le stockage du carbone, la régulation du climat et la préservation de la biodiversité.

 

Pour l’organisation, la protection de cet ensemble forestier ne peut être dissociée des conditions de vie des populations qui y habitent.

 

Le Consortium insiste particulièrement sur la contribution des peuples autochtones et des communautés locales à la conservation des forêts.

 

Ces populations possèdent des connaissances traditionnelles sur les écosystèmes forestiers et participent depuis plusieurs générations à la gestion des ressources naturelles.

 

L’organisation déplore que certaines communautés restent confrontées à la précarité, à l’exclusion et aux difficultés d’accès à leurs terres ancestrales, malgré leur contribution à la préservation de ces espaces.

 

« Aucune politique de conservation de la nature n’est légitime si elle piétine les droits humains », indique la déclaration.

 

Le Consortium demande ainsi une meilleure reconnaissance des droits fonciers des peuples autochtones et leur participation effective aux décisions concernant la gestion des forêts.

 

Cette revendication concerne notamment les projets de conservation, les concessions forestières et les initiatives environnementales susceptibles d’affecter les territoires traditionnellement occupés par ces communautés.

 

Une conférence mondiale sur le climat réclamée dans le Bassin du Congo

 

Le Consortium panafricain pour la paix souhaite également qu’un pays du Bassin du Congo accueille une prochaine Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, communément appelée COP.

 

Selon l’organisation, une telle décision permettrait de placer les préoccupations des populations forestières africaines au centre des discussions internationales.

 

Elle considère que les pays du Bassin du Congo doivent occuper une place plus importante dans les négociations climatiques, compte tenu du rôle de leurs forêts dans la régulation du climat mondial.

 

Le Consortium estime que l’Afrique ne doit plus se limiter à participer aux conférences internationales, mais doit également peser sur les orientations et les décisions concernant l’avenir de ses ressources naturelles.

 

L’accueil d’une COP dans cette région constituerait, selon lui, une occasion de présenter les difficultés rencontrées par les communautés locales, les initiatives africaines de conservation et les besoins financiers des États forestiers.

 

L’organisation ne désigne toutefois aucun pays précis pour accueillir cette conférence.

 

Le Consortium rejette les marchés carbone et réclame des réparations financières

 

La question du financement climatique occupe une place importante dans la déclaration.

 

Le Consortium panafricain pour la paix exprime son opposition aux mécanismes de marché carbone, qu’il considère comme insuffisants pour répondre aux besoins réels des populations africaines.

 

Ces mécanismes permettent notamment de financer certains projets de réduction ou d’absorption des émissions de gaz à effet de serre à travers l’achat et la vente de crédits carbone.

 

Face à la dégradation des ressources naturelles, le Consortium panafricain pour la paix exige des réparations financières directes et la protection renforcée du Bassin du Congo.

L’organisation redoute que certains dispositifs économiques liés à la protection de l’environnement favorisent davantage les intérêts des investisseurs que ceux des communautés vivant dans les territoires concernés.

 

Elle critique également ce qu’elle qualifie de « capitalisme vert », estimant que les ressources naturelles africaines ne doivent pas devenir une nouvelle source de dépendance économique.

 

À la place, le Consortium réclame des financements directs sous forme de subventions, destinés aux programmes d’adaptation climatique, à la protection des populations et au renforcement de la sécurité humaine.

 

« L’Afrique ne quémande pas de l’aide publique au développement ; elle exige une réparation historique », affirme l’organisation.

 

Cette demande repose sur le principe de responsabilité historique des pays industrialisés dans l’accumulation des émissions de gaz à effet de serre.

 

Le Consortium souhaite que les financements soient suffisamment importants pour répondre aux besoins des territoires concernés et qu’ils soient distribués selon des mécanismes transparents.

 

Il insiste également sur la nécessité de garantir que les ressources financières bénéficient directement aux populations exposées aux conséquences du changement climatique.

 

La jeunesse africaine et la diaspora invitées à participer

 

Au-delà des revendications adressées aux États et aux institutions internationales, le Consortium panafricain pour la paix souhaite mobiliser les jeunes Africains et les communautés africaines établies à l’étranger.

 

L’organisation considère que la jeunesse et la diaspora disposent de compétences, de ressources économiques et de capacités d’innovation susceptibles de contribuer aux politiques environnementales du continent.

 

Elle encourage leur participation aux initiatives de protection des forêts, aux projets de développement durable et aux débats concernant la gestion des ressources naturelles.

 

Le Consortium souhaite également une coopération renforcée entre les pays africains pour défendre des positions communes lors des négociations internationales sur le climat.

 

Cette coordination devrait, selon lui, permettre aux États africains de mieux défendre leurs intérêts économiques, environnementaux et sécuritaires face aux grandes puissances industrielles.

 

L’organisation cite particulièrement le Bassin du Congo et le Sahel, deux régions confrontées à des enjeux environnementaux différents, mais dont les populations subissent les conséquences de la dégradation des ressources naturelles.

 

Signée par le Dr Nounga Djomo Ernest, coordonnateur général du Consortium panafricain pour la paix, la déclaration demande aux dirigeants africains de faire de la protection de l’environnement, des droits des communautés locales et du financement climatique des priorités communes dans leurs relations avec les partenaires internationaux.

 

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