
Cela fait maintenant dix ans que Faustin-Archange Touadéra tient les rênes de la République centrafricaine. Dix années au cours desquelles le pays s’est progressivement enfoncé dans une crise multidimensionnelle, au point que certains observateurs n’hésitent plus à parler d’un État en déliquescence avancée. Aujourd’hui, c’est une humiliation d’un genre nouveau que Bangui doit affronter : celle de voir des étrangers expulsés des États-Unis atterrir sur son sol et décrire, avec une franchise, l’enfer quotidien dans lequel survivent les Centrafricains.
Un témoignage qui dit tout
L’un de ces immigrants honduriens, déplacé de force vers la Centrafrique dans le cadre d’accords migratoires pour le moins opaques, a livré un constat d’une violence rare sur sa nouvelle réalité. En espagnol, il lâche sans détour : « es una pobreza extremadamente horrible ». Une pauvreté extrêmement horrible. La formule est simple, presque enfantine, mais elle résume à elle seule ce que les rapports internationaux peinent parfois à traduire en chiffres : la misère absolue dans laquelle est plongée une grande partie de la population.
Puis vient le constat sanitaire, tout aussi accablant : « que aquí hay higiene, las enfermedades. Esto es súper delicado ». Comprendre : ici, il y a des problèmes d’hygiène, des maladies, et la situation est extrêmement délicate. Les infrastructures sont dégradées, les services publics inexistants, et les conditions de vie tout simplement indignes d’un être humain.
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Des étrangers devenus prisonniers d’un territoire abandonné
Ce qui frappe dans ce témoignage, c’est la manière dont ces personnes transférées de force se perçoivent elles-mêmes : non pas comme des migrants, mais comme des prisonniers. Prisonniers d’un territoire que le pouvoir en place a lui-même délaissé, prisonniers d’une géographie de la misère où l’État n’assure plus ses fonctions régaliennes les plus élémentaires.
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Que des étrangers décrivent ainsi la Centrafrique comme une prison à ciel ouvert constitue une humiliation nationale dont Touadéra porte l’entière responsabilité. Car ce n’est pas la fatalité qui a conduit le pays à cet état. C’est une gestion du pouvoir fondée sur la prédation, le clientélisme et le mépris absolu des populations.
Une souveraineté bradée
Le comble de l’indignité réside dans le fait que cette situation résulte d’accords passés avec des puissances étrangères, au premier rang desquelles les États-Unis. En acceptant de recevoir des expulsés d’Amérique latine, le régime de Bangui transforme son propre territoire en zone de décharge humaine pour des politiques migratoires qui ne le concernent en rien. La souveraineté nationale est ainsi bradée au nom d’intérêts qui ne sont pas ceux du peuple centrafricain.
Les citoyens locaux, eux, n’ont pas attendu l’arrivée de ces étrangers pour mesurer l’ampleur du désastre. Ils partagent cette amertume face à un système qui les a abandonnés depuis longtemps. Mais voir des étrangers confirmer, avec leurs mots et leur regard neuf, ce qu’ils vivent au quotidien depuis une décennie ajoute une couche supplémentaire d’humiliation.
Dix ans de destruction méthodique
Il faut mesurer le chemin parcouru. En dix ans, la Centrafrique est devenue le symbole d’un État failli, incapable de protéger ses citoyens, de leur offrir des services de base, ou même de leur garantir un minimum de dignité. Les groupes armés continuent de contrôler une large partie du territoire. L’économie formelle s’est effondrée. Les infrastructures, déjà fragiles, se sont désagrégées faute d’entretien et d’investissement.
L’image d’un pays transformé en centre de détention géant n’est pas une métaphore. C’est une description littérale de ce qu’est devenue la Centrafrique sous Touadéra. Et cette image entache durablement l’avenir de toute une population, condamnée à porter le poids d’une mauvaise gouvernance dont elle n’est en rien responsable.
Une humiliation permanente aux yeux du monde
La gestion du pouvoir en place expose la nation à une humiliation permanente sur la scène internationale. Chaque témoignage comme celui de ce Hondurien devient une pièce supplémentaire dans le dossier accablant d’un régime qui a fait de son pays un objet de pitié, voire de mépris.
Les accords migratoires conclus avec les puissances étrangères placent la Centrafrique face à une pauvreté extrême, illustrant la faillite profonde de l’État.
Touadéra aime à se présenter comme le garant de la stabilité et de la reconstruction. Mais la réalité, crue et sans filtre, est tout autre. Elle est celle d’un pays où des étrangers déplacés de force découvrent avec effroi qu’ils ont été envoyés dans un lieu où même les besoins les plus élémentaires ne sont pas satisfaits. Elle est celle d’une population locale qui survit dans des conditions que le reste du monde qualifierait volontiers d’inhumaines.
Conclusion : une responsabilité historique
Dix ans après son arrivée au pouvoir, Touadéra laisse derrière lui un pays exsangue, humilié sur la scène internationale, et transformé malgré lui en terre d’exil pour des populations que d’autres nations ne veulent plus accueillir. Ce n’est pas seulement un échec politique. C’est une faute morale d’une gravité exceptionnelle.
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