Affaire de passeport de l’opposant Anicet Georges Dologuélé : face-à-face tendu entre l’opposant et le premier vice-président de l’Assemblée nationale
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’affaire du passeport diplomatique de l’opposant Anicet Georges Dologuélé a viré à un échange vif ce mardi 4 août à l’Assemblée nationale. Le président de l’URCA a claqué la porte face à une exigence qu’il juge indigne : demander pardon pour retrouver une nationalité qu’on ne lui a jamais retirée.
Face à face tendu entre le président de l’URCA, Anicet Georges Dologuélé, et le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Symphorien Mapenzi. Pourquoi ?
Pour comprendre cette histoire, il est important de revenir un peu en arrière. Le président de l’Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, avait lui-même poussé pour que l’opposant Anicet-Georges Dologuelé obtienne rapidement son passeport diplomatique, un droit garanti à tout député. C’est sur cette base que Dologuélé s’était rendu, le 31 juillet, au service d’immigration et avait posé pour la photo.
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Mais contre toute attente, les choses tourne rapidement à la pression politique. Après cette photo prise par l’opposant que tout se bloque. Le ministre de l’Intérieur, Bienvenu Zokoué, se déplace en personne pour geler la procédure, et fait savoir que seul le président de la République peut débloquer le dossier, sur demande écrite de l’intéressé. D’ailleurs, tout le monde le sait, ce blocage se fait sous la pression directe de l’empereur Touadéra : c’est lui qui impose l’arrêt du dossier et fixe la condition. Un passeport qui aurait dû être une simple formalité devient un instrument de pression politique piloté depuis la présidence.
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Une lettre d’humiliation exigée par Faustin-Archange Touadera
Pour débloquer le document, Touadéra pose une condition : une lettre manuscrite adressée à la présidence, dans laquelle Dologuélé demanderait sa réintégration dans la nationalité centrafricaine. Le problème, c’est qu’aucun décret, aucun texte de loi n’a jamais retiré cette nationalité au député.
Il est important de rappeler que l’opposant Dologuélé avait renoncé à sa nationalité française pour se conformer à la nouvelle Constitution centrafricaine. Le conseil constitutionnel avait validé son dossier en toute légalité pour la présidentielle du 28 décembre 2025. Il siège aujourd’hui comme député centrafricain. Lui demander de « réintégrer » une nationalité qu’il possède déjà n’a aucun fondement juridique. C’est une mise en scène, et c’est l’empereur lui-même qui en impose les termes.
« Pourquoi moi ? » : l’opposant dénonce un traitement ciblé
Si Simplice Mathieu Sarandji avait plaidé la cause de l’opposant directement auprès de Touadéra, ce dernier refuse catégoriquement : pas question! Dologuelé doit obligatoirement faire une demande écrite pour demander sa réintégration. Sinon, rien!
Simplice Mathieu Sarandji, bloqué, tente de négocier avec l’opposant pour qu’il accepte de faire la demande. Ainsi, il charge son premier vice pour en parler avec l’opposant en personne.
Mais la rencontre de ce mardi entre Dologuélé et Mapenzi tourne à l’affrontement politique.
Devant le bureau de l’Assemblée nationale, Dologuélé demande clairement pourquoi lui seul est visé. Il rappelle que Simplice Mathieu Sarandji, qu’il appelle « frère », n’est lui-même français et n’a jamais eu à se justifier pour cela. Il cite aussi le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, moitié chinois par sa maman, moitié centrafricain par son papa, dont la double nationalité n’a jamais posé problème. Il ajoute que plusieurs membres du gouvernement sont dans la même situation sans être inquiétés. Dologuélé refuse catégoriquement de s’humilier et solliciter la réintégration d’une nationalité qu’il n’a jamais perdue.
Devant le refus de l’opposant Dologuelé, le premier vice Président, Jean Symphorien Mapenzi promet de reconsulter Sarandji pour chercher un nouvel arbitrage. Pour l’instant, rien n’est réglé.
L’affaire du passeport diplomatique d’Anicet Dologuélé soulève des questions sur la politique au sein de l’Assemblée nationale et les droits des députés.
Une question de vie ou de mort
Derrière la bataille politique, il y a une urgence humaine. Dologuélé doit se rendre en France pour son bilan médical urgents. En plus, il doit aller assister son épouse qui est également malade.
Par Gisèle MOLOMA
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