« Si on dit toute la vérité, les gens vont sortir dans la rue » : la panique de Serge Ghislain Djorie face aux révélations chiffrées de Paul Crescent Beninga sur le naufrage pétrolier en RCA

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« Si on dit toute la vérité, les gens vont sortir dans la rue » : la panique de Serge Ghislain Djorie face aux révélations chiffrées de Paul Crescent Beninga sur le naufrage pétrolier en RCA

 

« Si on dit toute la vérité, les gens vont sortir dans la rue » : la panique de Serge Ghislain Djorie face aux révélations chiffrées de Paul Crescent Beninga sur le naufrage pétrolier en RCA
L’ex-ministre-de-la-communication-et-des-medias-Serge-Ghislain-Djorie

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

Sur le plateau du grand débat politique Patara animé par Armando, la crise systémique des carburants qui paralyse les activités économiques et fait exploser le prix des denrées en République centrafricaine a donné lieu à une confrontation mémorable. Face aux attaques documentées de la société civile, l’ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Serge Ghislain Djorie, a fini par lâcher un aveu troublant : « Si on dit la vérité, je pense que les gens vont sortir dans la rue pour pouvoir s’en prendre à d’autres personnes ».

 

La saignée budgétaire mise à nu par la société civile

 

Invité pour le Groupe de travail de la société civile (GTSC), le chercheur Paul Crescent Beninga n’a pas ménagé l’ancien membre de l’exécutif. Loin des discours politiques convenus, l’universitaire s’est appuyé sur des données comptables pour démontrer l’échec de la gestion gouvernementale et de la convention passée en septembre 2023 avec la société Neptune Oil.

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« Avant la signature de cette convention, le secteur pétrolier reversait autour de 35, sinon 40 milliards à l’État centrafricain », a rappelé Paul Crescent Beninga. « Après cette convention, au lieu que le Trésor encaisse 2,5 à 3 milliards, on était à 1,7 milliard. La chute était vertigineuse. »

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Démonontrant le caractère illégal du monopole accordé à Neptune Oil au regard de la loi d’avril 2007, Paul Crescent Beninga a enfoncé le clou en révélant que les rapports des institutions de Bretton Woods, notamment le FMI, évaluent le trou béant laissé par la gestion opaque du secteur à une fourchette située entre 9 et 10 milliards de francs CFA.

 

L’esquive surréaliste du camp présidentiel

 

Piqué au vif mais incapable d’opposer la moindre contre-expertise chiffrée, Serge Ghislain Djorie a tenté une pirouette rhétorique en délaissant son statut d’allié de la majorité. « Je parle en tant qu’un consommateur, je ne vais pas parler en tant que ministre, en tant qu’un politique, mais en tant que citoyen », s’est-il défendu sur le plateau, affirmant lui aussi peiner à remplir le réservoir de son propre véhicule.

 

Multipliant les justifications extérieures allant de la guerre en Ukraine aux blocages du détroit d’Ormuz, en passant par la baisse des eaux de la rivière Oubangui ou la nécessité d’invoquer une conférence des chefs d’État de la CEMAC —, Serge Ghislain Djorie s’est empêtré dans ses contradictions. Pris au piège lorsque le modérateur lui a rappelé sa responsabilité comptable dans l’équipe dirigeante, l’ancien ministre a brandi un curieux « devoir de réserve » pour justifier son refus de livrer les vrais chiffres au peuple centrafricain.

 

Un aveu d’impissance qui en dit long

 

Alors que les stations-services de la capitale restent prises d’assaut et que le litre d’essence atteint 3 000 à 5 000 francs CFA dans les provinces, l’éloge de l’opacité entonné par le camp présidentiel résonne comme un aveu de faillite politique. En affirmant préférer le silence de peur de provoquer une colère populaire irrépressible, Serge Ghislain Djorie a involontairement donné raison à Paul Crescent Beninga : les réformes engagées depuis deux ans n’ont profité qu’à des intérêts privés, laissant l’État et les consommateurs au bord de l’asphyxie.

 

La crise pétrolière en RCA met en lumière les révélations de Paul Crescent Beninga sur la gestion des carburants, qui soulèvent des questions sur l’efficacité gouvernementale.

Par Alain Nzilo

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