Centrafrique : L’effondrement du système éducatif et la justice dictatoriale sous la septième République. Une analyse du juriste Bernard Selemby Doudou

Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Depuis la belle époque des cadres et chevronnés de l’enseignement tels que les défunts Étienne Goyemidé, Jean Paul Ngoupandé, Pierre Sammy Mackfoy, Raphaël Nzapakomanda-Yakoma qui méritaient légitimement la palme d’or et une reconnaissance républicaine à titre posthume, le système éducatif centrafricain est depuis lors en chute libre en défiant la loi de la gravitation universelle avec des formations au rabais.
Il faut souligner à titre de rappel que l’éducation nationale est un pilier fondamental de l’État qui forme les futurs élites du pays.
À lire aussi : Sécurité routière à Bangui : Le cri d’alarme de deux jeunes Centrafricaines contre « l’hécatombe dans les rues de la capitale
Il s’agit en effet d’un investissement pour l’avenir afin de favoriser le développement socio-économique de notre nation.
À lire aussi : Crépin Mboli-Goumba dénonce la faillite économique : « L’économie fonctionne au ralenti et l’État centrafricain est totalement ruiné
Le contraste sous le magistère du monarque de Bangui qui est de surcroît un enseignant est que le volet éducatif qui devrait logiquement figurer parmi les priorités des dépenses publiques soulève de nombreuses interrogations et inquiétudes.
En dépit du manque criant des infrastructures scolaires, du manque des enseignants spécialisés, du manque de matériels didactiques, de la prolifération des établissements privés de moindre qualité, de l’effectif pléthorique des élèves etc…qui fragilise le système éducatif, le baccalauréat qui est un diplôme de fin d’études secondaires est devenu un calvaire pour les élèves, un chemin de croix synonyme de souffrances pour les candidats.
Il apparaît important à ce stade de rappeler que nos enfants étaient morts impunément l’année dernière par la faute d’un gouvernement qui a réuni plus de cinq mille candidats dans un seul centre d’examen sans pour autant mettre en place un plan de crise ou d’accompagnement médical alors que parallèlement ce précieux sésame tant convoité par nos enfants sont paradoxalement délivrés à titre exceptionnel à des candidats à la députation qui n’ont même pas fréquenté, ni le brevet d’études.
Faisant l’économie de la lutte contre le fléau de la fraude aux examens qui est légitime, le ministre de l’éducation nationale nonobstant la souffrance non cicatrisée des parents des sinistrés de l’année dernière a détruit publiquement après confiscation les smartphones des candidats qui ont triché au baccalauréat.
Fort de ce qui précède, nous tenons à rappeler aux autorités établies qu’en droit positif centrafricain, les moyens utilisés pour commettre une infraction ne se détruisent pas par un simple caprice d’un ministre à travers une décision administrative.
Ces derniers sont généralement placés sous séquestre ou sous scellé pour des besoins d’enquête et éventuellement détruits sur instructions judiciaires.
La lutte contre la fraude aux examens ne se décrète pas mais elle s’inscrit dans un processus encadré tout en respectant les droits fondamentaux des citoyens.
Cet effondrement du système éducatif associé aux dérapages répétés de la justice non seulement impacte le niveau de formation, encourage le décrochage scolaire mais aussi ébranle la confiance des citoyens envers les institutions républicaines et contribuent à la fragilisation des droits fondamentaux…
Bref, la jeunesse centrafricaine ne se retrouve pas depuis deux mandats dans le modèle socio-économique proposé par le pouvoir de Bangui.
Face à ce bourbier teinté de corruption que représente l’organisation du baccalauréat, le citoyen lambda inquiet s’interroge :
1- Comment la chute libre de notre système éducatif combinée à une justice aux ordres peut-elle compromettre l’avenir de notre État ?
2- En d’autres termes, dans quelle mesure la septième République a t-elle contribué à l’effondrement du système éducatif et à l’instauration d’une justice dictatoriale ?
3- De nos jours, quelle est la suite judiciaire de plus d’une dizaine des élèves morts l’année dernière au lycée Barthélémy Boganda ?
4- Quelle est la réaction du gouvernement face à la décision du ministre de l’éducation nationale de détruire les smartphones confisqués lors des fraudes aux examens du baccalauréat ?
5- Quelle est la réaction du procureur de la République, garant de la sécurité des personnes et des biens face à cette décision manifestement illégale du ministre ?
En tout état de cause, les deux piliers de l’État c’est-à-dire l’un qui forme les futurs élites et l’autre qui indépendante devrait garantir contre l’arbitraire et les abus de pouvoir ne sont ni l’un ni l’autre à la hauteur des attentes de la population.
En conséquence de ce qui précède
Ia seule solution possible et adaptée à cette crise est la démission sans conditions du Président de la République.
Une nouvelle page de l’histoire s’ecrira avec de nouveaux acteurs compétents dans le cadre d’une refondation d’une nouvelle République bâtie sur une consultation à la base avec des projets de société émergents à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015 et piétinées par le pouvoir de Bangui.
C’est bien évidemment ce qu’a proposé le Rassemblement Unitaire dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement.
Le système éducatif en Centrafrique souffre d’un effondrement structurel, tandis que la justice dictatoriale alimente la corruption et l’impunité.
Pour finir, nous vous rappelons que dans les grandes nations de démocratie à travers le monde on gère un peuple en lui rendant des comptes, en l’informant sur ce qu’on fait et en lui expliquant la méthode utilisée pour le gérer ainsi que les résultats escomptés.
S’inscrivant dans cette suite logique et au nom du droit à l’information, donnez des explications fiables, détaillées, crédibles et exempt de mensonges ou de manipulations au peuple non seulement sur le ministre des grands travaux illégitime soit-il qui, depuis sa nomination s’évertue à signer des contrats et à présenter des maquettes informatives sans aucune réalisation concrète mais aussi de s’expliquer sur le refus du monarque de Bangui de dialoguer avec les groupes “Azandés” qui sont des centrafricains et qui ne revendiquent que leur portion de droit dans la République.
Au delà de tout, ce peuple tétanisé et anesthésié se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.
Cependant les paisibles habitants de Limassa et par extension sur l’échelle de la République sonne le glas en déclenchant le processus de fin de règne.
Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades est dépassé, démissionner avec raison et honneur avant d’être contraint par des éléments qui jadis vous respectaient.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance ou acharnement, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.
Limassa le 01 Août 2026.
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




