Après la libération de Mokom, la crainte d'un retour de Ngaïssona et Yekatom pousse Touadéra à la manœuvre auprès de la CPI

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Depuis que la Cour pénale internationale a libéré Maxime Mokom, Faustin-Archange Touadéra fait tout pour éviter que Patrice-Édouard Ngaïssona et Alfred Yekatom ne sortent à leur tour.
condamnations, un appel qui inquiète Bangui
Poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, les procès de monsieur Alfred Yekatom et de Patrice Édouard Ngaïssona ont été conclus en première instance par une condamnation. Les magistrats de la CPI ont rendu leur verdict en juillet 2025. Patrice-Édouard Ngaïssona a écopé de douze ans de prison. Alfred Yekatom a reçu une peine plus lourde, quinze ans, pour des faits liés aux exactions commises par les milices anti-balaka entre 2013 et 2014.
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Les deux hommes ne comptent pas s’en tenir là. Leurs avocats ont déposé un recours en appel dans les semaines qui ont suivi le jugement. Cette procédure, encore au stade de l’examen à La Haye, relance une inquiétude que le palais présidentiel à Bangui espérait avoir refermée.
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Le précédent Mokom hante Touadéra
En octobre 2023, les juges avaient abandonné les poursuites contre Maxime Mokom, ancien coordinateur politique des anti-balaka. La décision avait surpris jusqu’à Bangui. Mokom avait recouvré sa liberté après plusieurs mois de détention, sans procès au fond.
Touadéra n’a pas oublié cet épisode. Selon plusieurs sources proches du dossier interrogées par la rédaction du CNC, il redoute qu’un scénario comparable se reproduise avec l’appel de Ngaïssona et Yekatom. Une libération, même partielle, des deux hommes changerait l’équilibre des forces à Bangui, où d’anciens cadres anti-balaka gardent une base militante active.
Le président mobilise son ministre chargé de jutice
Face à cette perspective, Touadéra s’est entretenu directement avec son ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène. Il lui a demandé une action ferme pour peser sur l’issue de la procédure d’appel. Les échanges entre les deux hommes se poursuivent depuis plusieurs semaines, selon des sources gouvernementales.
Cette ligne de conduite ne convainc pas tout le monde au sein de l’exécutif. Certains collaborateurs jugent illusoire de vouloir influencer une justice internationale qui revendique son indépendance vis-à-vis des États. D’autres conseillers rappellent que Ngaïssona et Yekatom restent des citoyens centrafricains à part entière. Pour eux, un éventuel retour au pays ne devrait pas être traité uniquement comme une menace pour le pouvoir en place.
Des discussions qui se poursuivent à Bangui
Malgré ces divergences internes, les réunions continuent dans les bureaux ministériels. L’objectif affiché est d’évaluer les marges de manœuvre disponibles face à une juridiction qui échappe, par construction, au contrôle direct des autorités centrafricaines. Reste à savoir si ces efforts pourront réellement peser sur la décision finale des juges de La Haye, attendue dans les prochains mois.
La libération de Mokom suscite des craintes à Bangui concernant le procès de Ngaïssona et l’appel de Yekatom, qui pourraient bouleverser l’équilibre des forces.
Par Alain Nzilo
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