Bangui : La mise en scène politico-religieuse du régime Touadéra à l’Église apostolique de Lakouanga

Rédigé le 20 juillet 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dimanche 19 juillet 2026, l’Église apostolique de Lakouanga dans le 2e arrondissement de Bangui a été le théâtre d’une mise en scène politico-religieuse inédite. Sous des dehors de « messe d’action de grâce », la présidence et ses affidés se sont livrés à un exercice de haute voltige pharisienne, marqué par l’effondrement spirituel et hautement symbolique du président du Conseil constitutionnel, Jean-Pierre Waboué.

Une république à genoux devant ses propres peurs
L’initiative est venue, selon nos sources, de la première dame, Tina Touadéra. L’objectif officiel ? Remercier Dieu d’avoir stoppé la progression des rebelles qui, après avoir occupé Amdafok, menaçaient de fondre sur la capitale pour renverser le régime de son époux.
Pour l’occasion, l’appareil d’État a été mobilisé dans sa totalité. Les présidents de toutes les institutions de la République, le Premier ministre Félix Moloua et l’ensemble de son gouvernement ont déserté leurs cultes habituels pour converger vers Lakouanga. Une démonstration de force qui trahit surtout une panique généralisée face à la fragilité d’une « 7e République » qui ne tient plus qu’à un fil, et à des prières opportunistes.
Le cas de conscience d’un haut magistrat face au poids de sa trahison
Si la cérémonie transpirait l’hypocrisie des puissants, le moment fort est venu de celui que l’on n’attendait pas dans une telle posture de vulnérabilité : Jean-Pierre Waboué. Le président du Conseil constitutionnel, par ailleurs pasteur à l’Église apostolique de Gobongo, a brisé la rigidité du protocole officiel par un geste qui en dit long sur les tourments qui agitent le sommet de l’État.

Alors que le pasteur de la paroisse demandait à l’assemblée de se lever pour la bénédiction, Jean-Pierre Waboué s’est littéralement effondré à genoux, prostré au sol. Si sa bouche n’a pas formulé de confession publique explicite au micro, cette crise de dévotion aiguë et ce besoin soudain de demander, à genoux, pardon à Dieu s’apparentent, selon plusieurs observateurs Centrafricains, au poids écrasant d’un remords face à l’Histoire. Vêtu de son titre de garant des lois, son attitude trahit le malaise d’un homme qui réalise l’immensité des actes posés pour maintenir son parent Faustin-Archange Touadéra au pouvoir.
Pour ces observateurs de la vie politique centrafricaine, ce besoin de rédemption divine renvoie directement à son parcours. Jean-Pierre Waboué est, avant tout, l’homme qui a choisi la trahison institutionnelle. Alors qu’il était vice-président de la Cour constitutionnelle sous la direction de Madame Danièle Darlan, il avait participé à la prise de décisions historiques pour préserver l’ordre démocratique. En choisissant par la suite de trahir cette ligne d’intégrité pour orchestrer le virage constitutionnel, valider le coup de force du troisième mandat et cautionner les stratagèmes garantissant la majorité au parti au pouvoir, il est devenu le principal artisan juridique du chaos institutionnel actuel.

Aujourd’hui, ce grand reniement semble le rattraper sur l’autel de son église. Sa détresse muette résonne comme le contrecoup d’un régime qui se fissure. Alors que le pouvoir Touadéra se retourne désormais de manière implacable contre ses opposants, à l’instar d’Anicet Georges Dologuélé, ciblé par des mesures arbitraires allant jusqu’à la privation illégale de la nationalité centrafricaine sans aucune base légale, le magistrat-pasteur de son état mesure sans doute, devant Dieu, les conséquences de la machine dictatoriale qu’il a lui-même aidé à bâtir.
Le Dieu de la Bible face à l’implacable réalité des faits
Cette mise en scène pose une question de fond : Dieu peut-il exaucer les prières de ceux qui oppriment leur peuple et tordent le droit ? Si la rédaction de CNC ne peut sonder les secrets divins, les principes spirituels et politiques, eux, sont clairs.
Les prières du clan Touadéra, aussi bruyantes soient-elles, risquent de rester vaines. On ne peut implorer la miséricorde divine tout en cultivant une haine viscérale contre ses anciens alliés et créateurs, à l’instar de l’ancien président François Bozizé qui l’avait fait Recteur de l’université de Bangui puis Premier ministre ou de Martin Ziguélé son faiseur de roi et en s’acharnant sur ceux qui ont un temps cautionné ses forfaitures comme Anicet Georges Dologuélé.
De même, la politique de division systématique entre les Centrafricains et aussi entre les musulmans du pays, notamment au sein de la communauté islamique centrafricaine où il impose des figures tchadiennes pour capter les milliards des donateurs, témoigne d’un cynisme que l’appareil religieux ne saurait blanchir.
Les images de Jean-Pierre Waboué, prosterné au sol, resteront le symbole d’un régime conscient de ses dérives, qui cherche à négocier avec le ciel ce qu’il a volé au peuple centrafricain par la force et la ruse. Mais l’Histoire, tout comme la justice divine, est souvent inflexible face à l’imposture des traîtres.
Par Gisèle MOLOMA
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