L’ancien Premier ministre Martin Ziguélé estime que la modernisation des finances publiques en République centrafricaine passe avant tout par le renforcement des compétences de l’administration. Il appelle à confier à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) un rôle central dans la formation de cadres capables d’accompagner les réformes budgétaires et la transformation numérique des services fiscaux.L’ancien premier ministre Martin Ziguelé, Président du parti MLPC Selon lui, l’État ne pourra améliorer durablement la gestion des ressources publiques sans disposer d’agents maîtrisant les nouveaux outils de planification, de contrôle et d’évaluation des dépenses. La qualité des politiques publiques dépend aussi de la capacité de l’administration à préparer, exécuter et suivre les budgets dans le respect des objectifs fixés. Martin Ziguélé défend la généralisation du budget-programme, un mode de gestion qui consiste à organiser les dépenses publiques autour de résultats mesurables plutôt que de simples lignes comptables. Cette approche permet, selon lui, d’évaluer plus précisément l’efficacité des politiques publiques et de renforcer la responsabilité des administrations dans l’utilisation des fonds de l’État. Pour accompagner cette évolution, il recommande de renforcer les formations dispensées par l’ENAM dans des domaines tels que les finances publiques, l’audit, le contrôle budgétaire, la comptabilité publique, l’analyse économique et la gestion des projets. L’objectif est de former une nouvelle génération de hauts fonctionnaires capables de conduire des réformes complexes et d’assurer une meilleure gouvernance financière. L’économiste plaide également pour l’accélération de la numérisation de l’administration fiscale. Il estime que l’utilisation d’outils numériques peut améliorer le recouvrement des impôts, réduire les erreurs administratives et limiter les risques de fraude ou de détournement des recettes publiques. Une gestion informatisée faciliterait aussi le suivi des opérations fiscales et renforcerait la transparence des procédures. Selon Martin Ziguélé, la modernisation des finances publiques ne repose pas uniquement sur l’adoption de nouveaux logiciels ou de nouvelles procédures. Elle exige des agents qualifiés, des institutions solides et une organisation capable d’assurer une gestion plus efficace des ressources de l’État. Il considère que le développement de ces compétences constitue une étape essentielle pour améliorer les performances de l’administration et soutenir le développement économique du pays. Par Alain Nzilo