Centrafrique : le BRDC lance le défi de la rue et met Touadéra au pied du mur

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Le coordonnateur du BRDC annonce une marche pacifique le 13 novembre et met Faustin-Archange Touadéra au piège de ses propres discours.

 

Maître Crépin Mboli-Goumba, coordonnateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), assène son coup ce vendredi 30 octobre 2026 : l’opposition marchera dans Bangui le 13 novembre prochain. Face à la presse réunie au siège de son parti PATRIE, il ne mâche pas ses mots et tend un piège politique parfait à Faustin-Archange Touadéra en répondant directement à ses propres injonctions.

 

Centrafrique : le BRDC lance le défi de la rue et met Touadéra au pied du mur
Les leaders de l’opposition démocratique au sein du BRDC en conférence de presse vendredi 30 octobre 2026

 

L’opposant rappelle avec véhémence que Touadéra exigeait publiquement des mécontents qu’ils délaissent les journées ville morte pour privilégier les marches pacifiques. Le BRDC prend le chef de l’État au mot et organise une grande démonstration de force pour étaler au grand jour l’agonie économique et la misère sociale du peuple centrafricain.

 

« Nous le faisons en parfaite harmonie avec la déclaration du président Touadéra. Il lui appartient de se contredire devant le peuple centrafricain. Ce serait une énième contradiction », tranche Crépin Mboli-Goumba.

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Une marche organisée conformément aux recommandations de Touadéra

 

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Le coordonnateur du BRDC enfonce le clou : la coalition ne fait qu’appliquer à la lettre la feuille de route dictée par Touadéra lui-même sur ce que doit être une protestation acceptable.

 

Dans ses sorties médiatiques, le chef de l’État descendait en flèche les journées ville morte et défiait les opposants de descendre pacifiquement dans la rue.

 

Pour Crépin Mboli-Goumba, cette prise de parole ferme un piège politique sur son auteur. Le régime ne peut plus jouer sur deux tableaux : réclamer des marches dans les discours officiels et envoyer la troupe matraquer les cortèges dès qu’ils s’organisent.

 

« Le peuple doit saluer le fait que, pour une fois, le BRDC est en parfaite harmonie avec la recommandation du président de la République pour marcher », ironise-t-il avec mordant.

 

L’opposant poursuit au vitriol en exposant les mensonges et les déceptions accumulés par le pouvoir central.

 

« Nous sommes des optimistes invétérés, malgré les rebuffades, les déceptions venant du président de la République, continuons à croire que c’est le président des Centrafricains. Pour une fois, il a été touché par la grâce. Il ne pourra pas changer d’avis », lance-t-il avec une ironie glaciale.

 

De la place Marabéna à la place des Martyrs

 

Le coup de semonce est lancé et le rendez-vous est pris sur l’avenue des Martyrs, itinéraire hautement symbolique choisi par les leaders du BRDC. Le rendez-vous est fixé au vendredi 13 novembre 2026, dès 6 heures du matin, à la place Marabéna. La foule est appelée à déferler jusqu’à la place des Martyrs, sous le regard de la statue des Martyrs.

 

Crépin Mboli-Goumba rappelle que ce parcours n’a pas été choisi au hasard : il s’agit scrupuleusement du tracé dicté par Touadéra lui-même.

 

« Il a même donné le tracé de cette marche-là, sur l’avenue des Martyrs. Et les conditions », rappelle le patron du BRDC. Interrogé sur un potentiel arrêté d’interdiction brandi au dernier moment par le pouvoir, l’opposant refuse de dévoiler ses armes, mais réaffirme avec force le droit constitutionnel de manifester.

 

« Nous n’avons pas besoin d’une autorisation », martèle-t-il, dénonçant un deux poids deux mesures intolérable entre les marches d’applaudissements du pouvoir et les rassemblements de l’opposition.

 

Le prix du carburant au cœur des revendications

 

Cette grande mobilisation intervient alors que le pays étouffe sous l’explosion des prix des hydrocarbures, qui asphyxie chaque jour un peu plus les foyers centrafricains. Crépin Mboli-Goumba pointe du doigt le calvaire des conducteurs de taxis-motos, instrumentalisés le 12 octobre dernier par le pouvoir avec du carburant gratuit pour casser la ville morte, et aujourd’hui rattrapés par la misère ordinaire.

 

« Nous avons vu l’accentuation de ce problème hier encore, où des gens ont payé un litre de carburant à plus de 2 000 francs », dénonce-t-il. Pour le chef du BRDC, cette vie chère n’est plus une affaire de partis politiques : c’est un cri de survie qui rassemble les travailleurs, les transporteurs et chaque famille du pays.

 

Menée par Crépin Mboli-Goumba, cette mobilisation du BRDC vise à dénoncer l’explosion du prix du carburant qui asphyxie les foyers de Bangui, prenant ainsi au mot les exigences de Faustin-Archange Touadéra.

« Ça veut dire que ce n’est pas le problème du BRDC, c’est le problème de tous les Centrafricains », insiste-t-il. Le BRDC refuse de renoncer sous la menace des arrestations

 

La terreur d’État et la vague d’arrestations arbitraires visant les figures de la société civile ont été au cœur des échanges brûlants avec la presse.

 

À ceux qui demandent si la peur des cachots ne paralysera pas les Centrafricains le jour J, Crépin Mboli-Goumba oppose une détermination sans faille.

 

« Nous avons choisi de servir la démocratie. Et quand on choisit de servir la démocratie, on utilise les moyens démocratiques. On n’a pas d’autres moyens », tranche-t-il.

 

Pour lui, la répression ne doit plus museler les citoyens. La rue pacifique reste l’ultime rempart pour arracher les droits bafoués. Il rappelle que la main tendue de l’opposition pour un dialogue politique piétine depuis trois ans face à un pouvoir sourd. La marche du 13 novembre servira de haut-parleur aux souffrances du peuple, avec le dépôt d’un mémorandum exigeant la baisse du carburant, la fin des dérives autoritaires et la libération immédiate des prisonniers d’opinion.

 

Crépin Mboli-Goumba place Touadéra face au tribunal de l’histoire et de l’opinion : après avoir mis le peuple au défi de marcher, le président devra assumer devant la nation entière quand Bangui battra le pavé.

 

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Fiche auteur : Alain NziloFonction Fondateur et directeur de publication de Corbeau News Centrafrique Journaliste d’investigationIdentité Journaliste centrafricain, né à Bangui. Créateur du groupe média Corbeau News Centrafrique, lancé en 2014.Formation Master en management des médias, École supérieure d’Action et de recherche commerciale, France Maîtrise en communication et médias, Université de Sherbrooke, Québec, Canada Doctorat en administration des affaires, option communication et médias, Université du Québec à Trois-Rivières, CanadaSpécialités Enquêtes d’investigation Analyses politiques africaines Crises sécuritaires en Centrafrique Politiques économiques africainesDescription Alain Nzilo est un journaliste spécialisé dans l’investigation et l’analyse politique. Son média, Corbeau News Centrafrique, est reconnu pour ses enquêtes sur les crises sécuritaires et les enjeux politiques du pays. Il est régulièrement cité par des institutions internationales comme source indépendante.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine Téléphone : +236 75 72 18 21 Email : alainnzilo@gmail.com