Centrafrique : quand la Banque mondiale montre comment la fonction publique absorbe la quasi-totalité des richesses nationales
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La Banque mondiale, dans sa Revue des finances publiques de la République centrafricaine publiée en 2025, préconise des réformes structurelles profondes de l’État.
L’analyse de l’institution internationale montre d’importants déséquilibres de gestion qui limitent l’impact des investissements structurants sur le territoire national.
Cette situation découle d’une asymétrie entre les faibles perceptions de l’administration et les exigences incompressibles du fonctionnement étatique.
Pour combler ce vide, les autorités s’appuient lourdement sur les contributions des bailleurs de fonds internationaux.
Cette dépendance externe finance la quasi-totalité des infrastructures de base, réduisant l’autonomie de décision politique.
Dans ce contexte, les gisements de matières premières comme le diamant, l’or et la forêt génèrent des dividendes dérisoires pour la collectivité nationale.
Ces richesses de la terre exploitées principalement par le groupe Wagner, les chinois et le Rwanda profitent peu au trésor public, laissant le fardeau fiscal peser sur la consommation ordinaire.
Parallèlement, les salaires des agents de l’État captent la quasi-totalité des richesses collectées à l’intérieur.
Cette absorption massive de ressources par l’administration asphyxie les initiatives d’équipement et de modernisation.
Les services d’instruction publique et de soins médicaux reçoivent ainsi des allocations d’une minceur préoccupante.
Ces dotations dérisoires s’accompagnent d’une répartition géographique favorisant uniquement les cercles de décision de la capitale.
Les campagnes demeurent dépourvues d’enseignants et de dispensaires fonctionnels au bénéfice d’intérêts de pouvoir centralisés.
De plus, l’attribution des marchés publics se soustrait fréquemment aux règles de la saine concurrence.
La majorité des transactions étatiques s’effectue hors des procédures normales de mise en concurrence.
Cette opacité relègue le pays dans les bas-fonds des classements évaluant la probité financière internationale.
Les tentatives de modernisation numérique peinent à s’étendre au-delà des bureaux du ministère de tutelle.
Les dettes accumulées par les compagnies d’énergie et de télécommunication publiques accroissent le danger.
L’aide internationale tente de pallier ces défaillances par des apports financiers constants.
Cependant, ces injections de liquidités s’effectuent sans véritable coordination avec les priorités locales.
Par Alain Nzilo
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