Centrafrique : Touadéra, Rator, la population vous demande si ces voyous qui ont investi la ville d’Amdafock sont-ils vraiment des Centrafricains ?

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Centrafrique : Touadéra, Rator, la population vous demande si ces voyous qui ont investi la ville d’Amdafock sont-ils vraiment des Centrafricains ?

 

 

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Par : la rédaction de ,  

C’est la question qui brûle les lèvres et sature les réseaux sociaux à Bangui depuis dimanche dernier. Au sein des groupes de discussion, dans les quartiers, parmi les partisans comme chez les opposants, l’incompréhension domine. Seuls ceux qui profitent directement des privilèges du pouvoir feignent de fermer les yeux. Pour le reste des citoyens, l’offensive menée ce dimanche 5 juillet 2026 pour reprendre la ville d’Amdafock jette un voile de suspicion total sur la nature réelle de la coalition gouvernementale.

 

Les faits parlent d’eux-mêmes. Après les combats acharnés qui se sont déroulés entre 10 heures et 15 heures, les éléments de cette fameuse troupe de reconquête forte de 1 000 à 1 500 hommes marchant aux côtés des mercenaires russes et des milices locales se sont empressés de célébrer leur présence. Ils ont choisi pour cela le même décor que leurs adversaires quelques jours plus tôt : le devant de la brigade de gendarmerie d’Amdafock. Photos et vidéos ont été diffusées pour prouver leur présence. Mais au lieu de rassurer, ces images ont provoqué la stupéfaction générale.

 

Aucun drapeau centrafricain : Place aux bannières de Wagner

Sur les images de cette prétendue libération, un symbole a particulièrement choqué la population : l’absence absolue des couleurs nationales centrafricaines. À la place, ces bandes armées, agissant en parfaite coordination avec les criminels des forces russes, ont fièrement arboré le drapeau noir frappé d’une tête de mort, emblème officiel de Wagner.

 

Se revendiquant ouvertement comme les « Wagner Noirs », ces miliciens ont hissé cette bannière étrangère tout en hurlant leurs slogans. Cette profanation symbolique illustre la dépendance totale du régime de Bangui vis-à-vis de forces et de voyous importés, actant la disparition des derniers vestiges de la souveraineté nationale au profit d’intérêts extérieurs.

 

Pas un mot de Sango, de l’arabe tchadien à tous les étages

Dans ces enregistrements qui tournent en boucle, un autre détail frappe immédiatement l’oreille de n’importe quel citoyen : l’absence de la langue nationale. Aucun de ces combattants ne s’exprime en sango. Les slogans de ralliement, les échanges entre les troupes et les harangues se font exclusivement en arabe tchadien. Les seuls termes audibles au milieu des cris se résument à des refrains sur le « moral, moral, moral, moral ». Pour les observateurs, le constat s’impose d’emblée : il n’y a aucun Centrafricain parmi ces troupes censées incarner la force légitime de l’État.

 

Le paradoxe de la communication gouvernementale devient alors criant. Paniqué par la perte de la ville et par les capacités des insurgés, Faustin-Archange Touadéra avait convoqué en urgence au palais présidentiel une frange de la communauté musulmane, dont Monsieur Rator, ancien président par intérim du Conseil supérieur islamique de Centrafrique. Lors de cette réunion, le communiqué officiel lu devant le chef de l’État par l’imam de la mosquée Ali Babolo du Kilomètre 5 affirmait haut et fort que les assaillants d’Amdafock étaient des mercenaires étrangers payés pour piller et massacrer. Or, la réalité de la contre-offensive offre un miroir identique : pour chasser des étrangers, le régime a envoyé d’autres étrangers.

 

Le business du DDR : Des ex-rebelles recyclés aux frais des contribuables

Derrière cette opération se cache le grand recyclage des anciens mouvements rebelles de l’UPC, du MPC et des 3R. Les jeunes combattants issus de l’UPC et des 3R sont en grande majorité des ressortissants tchadiens, tandis que les rangs du MPC regorgent de jeunes Soudanais. Ce sont précisément ces mêmes individus pour lesquels la communauté internationale et les Nations Unies ont injecté des sommes colossales dans les programmes de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR).

 

Au lieu d’un retour à la vie civile, ces hommes ont été intégrés en bloc au dispositif sécuritaire du régime pour servir de chair à canon. Pire encore, les revendications de ces troupes d’importation tournent au ridicule : ces hommes exigent désormais leurs récompenses et leurs grades au sein des forces régulières, réclamant à cor et à cri des galons de caporal-chef ou de sergent.

 

Cette situation démontre la faillite morale de cette gestion sécuritaire. En s’appuyant sur des miliciens venus d’ailleurs pour tenir des morceaux de territoire, le pouvoir de Bangui valide les pires craintes de la population. Les réseaux sociaux continuent de bouillonner face à cette armée de procuration, confirmant que la puissance tant vantée n’est qu’une illusion de plus.

 

Par Alain Nzilo

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