Après les pygmées dans l’armée, Touadéra fait appelle aux nabots et Kalakongba mystiques pour libérer Amdafock

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Par : la rédaction de ,
La vidéo de la reconquête de la ville frontalière d’Amdafock fait le buzz sur Internet : la présence d’un combattant d’à peine un mètre de haut provoque les moqueries et réveille les vieilles légendes de la Vakaga.
Décidément, l’art de la guerre version Touadéra et Wagner ne cessera jamais de surprendre les Centrafricains. Après l’intégration très commentée et controversée des Pygmées Aka au sein des forces armées centrafricaines, le régime de Faustin-Archange Touadéra semble avoir franchi une nouvelle étape dans le recrutement d’unités pour le moins… originales.

En effet, ce dimanche 5 juillet, alors que les médias proches du régime ainsi que le clan au pouvoir célébraient la libération de la ville stratégique d’Amdafok par les forces alliées et les mercenaires russes, c’est une tout autre séquence qui a enflammé les réseaux sociaux.
Dans une vidéo tournée par les combattants juste après les affrontements, un détail a immédiatement sauté aux yeux des internautes, déclenchant une vague de fous rires et de détournements : la présence, au milieu des troupes, d’un combattant d’une taille défiant toutes les normes militaires. Un vieux papa, visiblement courageux, mais dont la taille dépasse à peine un mètre.
Le “Nabot” d’Amdafock : Le buzz qui fait tordre de rire la toile
Sur Internet, l’image de ce combattant miniature, l’arme au poing au milieu de gaillards d’un mètre quatre-vingt, est devenue virale en quelques heures. Les commentaires ironiques fusent de toutes parts sur les groupes WhatsApp et les pages Facebook banguissoises.
« Mais s’il doit fuir face aux rebelles, combien de foulées va-t-il devoir faire pour parcourir dix mètres ? », s’amuse un internaute. Pour beaucoup, voir un homme de moins d’un mètre prendre de tels risques sur l’un des fronts les plus dangereux du pays relève du surréalisme total. Les moqueries ne visent pas le courage de ce monsieur, mais plutôt le recrutement hétéroclite du régime qui semble faire feu de tout bois et de toutes tailles pour combler les rangs.
Entre rire et réalité : Le mythe des Kalakongba de la Vakaga
Très vite, le public a trouvé un surnom à ce combattant hors-norme : le “Kalakongba”. En Centrafrique, et plus particulièrement dans la préfecture de la Vakaga et autour de Birao, ce terme en Sango désigne bien plus qu’une personne de petite taille. Il renvoie à un phénomène mystique profondément ancré dans les croyances.
Selon la tradition, les Kalakongba sont des êtres mystiques de petite taille qui vivent cachés au plus profond de la brousse et de la forêt. Possédant des pouvoirs occultes, ils s’amusent à piéger les villageois et les cultivateurs. Il suffit qu’un marcheur distrait touche une feuille ou une plante disposée intentionnellement par un Kalakongba pour qu’il perde instantanément tout sens de l’orientation.
Envoûtée, la victime se met alors à suivre aveuglément ces petits êtres à travers la forêt pendant deux jours, trois jours, parfois même un mois, errant sans fin.
Les habitants de Birao racontent encore l’histoire de cette femme, près de Birao, retrouvée après avoir marché pendant des jours sous le contrôle des Kalakongba , les pieds totalement en sang et hospitalisée dans un état de fatigue extrême.
Touadéra et la magie des urnes… et de la brousse
En voyant ce vieil homme d’un mètre célébrer la victoire à Amdafock, les Centrafricains ont immédiatement fait le lien : « Touadéra a envoyé les Kalakongba mystiques pour envoûter et chasser les rebelles d’Amdafok ! », lit-on sur la toile.
Derrière l’humour et la satire, cette histoire confirme la composition de plus en plus mystérieuse des forces engagées sur le terrain, où se mêlent ex-rebelles, recrues locales et figures insolites. Reste à savoir si, après les Pygmées et les Kalakongba, le régime n’extirpera pas d’autres créatures de la forêt pour sécuriser les frontières de la RCA. En attendant, le “petit” soldat d’Amdafok est devenu, malgré lui, la star incontournable de la libération du week-end.
Par Alain Nzilo
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