Après Sani Yalo et Binda Koyagbélé, l’appareil judiciaire se retourne contre le propagandiste Kossimatchi
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Par : la rédaction de ,
Les règlements de comptes s’accélèrent au sein du parti présidentiel. Dans la lignée de Sani Yalo et Binda Koyagbélé, le propagandiste Kossimatchi se retrouve directement menacé par des poursuites judiciaires imminentes.
Ces secousses internes démontrent que la stabilité apparente de la VIIe République cache des luttes de pouvoir acharnées. Il ne s’agit pas ici d’une contestation venue de l’extérieur, mais bien de violents tiraillements entre les acteurs installés au cœur même du système dictatorial de Faustin-Archange Touadéra. Les protagonistes partagent la même table, défendent la même gouvernance, mais se livrent désormais une guerre de positions sans merci.
L’origine de cette rupture interne réside dans les récentes manœuvres liées à la désignation du candidat pour la mairie de Bangui. Alors que l’état-major du Mouvement Cœurs Unis (MCU) avait officiellement choisi de soutenir Prisca Manou , Blaise Didatien Kossimatchi et son groupe ont choisi d’ignorer la consigne du MCU pour soutenir la candidature de Portia Abazène. Ce choix s’est avéré perdant, la candidate dissidente ayant essuyé un échec électoral complet lors du scrutin municipal de la capitale.
À la suite de ce désaveu, Blaise Didatien Kossimatchi a pris l’initiative d’annoncer son retrait du parti présidentiel en avançant des motifs officiels fallacieux. Toutefois, l’homme reste profondément ancré dans les rouages du pouvoir. Ce sont les critiques formulées par plusieurs ministres concernant son comportement qui ont mis le feu aux poudres. Informé de ces attaques, l’ancien porte-voix du parti a réagi par une intervention d’une virulence extrême sur les réseaux sociaux. Il a ciblé directement une dizaine de membres du gouvernement, les qualifiant publiquement d’incapables et de « nuls ».
Dans sa déclaration, il a utilisé des termes insultants, affirmant que ces ministres étaient couverts de galles, des boutons cutanés et qu’ils dégageaient une odeur insupportables. Il a promis de revenir dans les prochains jours pour s’en prendre à eux individuellement et les nettoyer à l’aide du savon antiseptique traditionnel communément appelés Makpakpa.
Blessés dans leur orgueil, les ministres concernés ont immédiatement répliqué sur le terrain légal. Ils ont contacté un huissier de justice pour consigner et transcrire la vidéo incriminée pour l’ajouter au dossier. Une plainte officielle a également été déposée auprès du procureur de la République pour obtenir son arrestation immédiate et son jugement pour injures publiques.
Si l’action judiciaire semble normale au vu des insultes proférées, l’empressement de ces ministres bras cassés provoque une profonde indignation. Ces membres du gouvernement sortent de leur léthargie uniquement lorsque leurs personnes sont visées. En revanche, ils restent totalement passifs devant les malheurs quotidiens de la population centrafricaine. Les exactions des mercenaires russes, les violences sexuelles perpétrées contre les femmes et les violations quotidiennes des droits humains ne provoquent chez eux aucune réaction ni aucune plainte.
Cette affaire confirme une immense hypocrisie. Ce gouvernement a lui-même fabriqué et utilisé Kossimatchi pour intimider l’opposition, harceler les avocats ou menacer l’ancien président de la Cour constitutionnelle. Tant que ses flèches visaient les adversaires du régime, ses excès étaient tolérés et les plaintes de ses victimes restaient sans suite. Aujourd’hui, la créature se retourne contre ses créateurs, ouvrant une période de conflits incontrôlables où l’appareil d’État sert de terrain de jeu pour des vengeances personnelles.
Par Alain Nzilo
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