Touadéra, on est où avec ton projet de formation de 30000 jeunes centrafricains en intelligence artificielle au Japon ?
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Par : la rédaction de ,
Après avoir inondé l’espace médiatique avec des promesses fallacieuses pour valider son coup d’état électoral et s’offrir un troisième mandat, Touadéra oublie aujourd’hui son projet d’envoyer trente mille jeunes en formation en intelligence artificielle au Japon, installant un mutisme total une fois le coup d’état électoral réussi.
Le retour du sommet de la TICAD au Japon avait donné lieu à un déploiement d’une propagande particulièrement intense de la part des autorités de Bangui. L’ancien porte-parole du gouvernement, madame Maxime Balalou, s’était empressé de saturer les canaux de communication officiels pour annoncer l’envoi massif de trente mille jeunes Centrafricains à destination de Tokyo. L’objectif affiché était de les spécialiser dans les technologies de pointe, une annonce spectaculaire formulée au moment exact où le régime cherchait par tous les moyens à capter l’attention publique pour légitimer son passage en force politique.
Cette manœuvre de diversion a fonctionné comme un outil de propagande direct à l’approche de l’échéance électorale. En chargeant les esprits avec des volumes de formation totalement disproportionnés, le pouvoir a cherché à masquer la précarité du quotidien et l’absence de perspectives réelles pour la population. Le mirage de l’apprentissage technologique à Tokyo a servi d’argument de vente, une formule perçue comme un levier politique destiné à obtenir l’acceptation d’un nouveau bail à la tête de l’État.
Plusieurs mois après la réussite de ce coup d’État électoral, le constat sur le terrain se résume à une absence totale de suivi. Une fois les positions politiques sécurisées, les discours enthousiastes sur l’avenir numérique de la jeunesse ont laissé place à un silence complet. Les vagues de départs promises vers les centres d’apprentissage nippons ne se sont jamais concrétisées, confirmant le but purement utilitaire de cette communication. Les interrogations sur le financement de ce déplacement massif ou sur les critères de sélection des bénéficiaires demeurent ignorées par l’administration.
Au lieu de concrétiser cette élévation technique, l’appareil d’État a opéré un glissement complet vers un agenda de contrôle. Le nouveau discours officiel se focalise désormais sur la chasse aux contenus en ligne et la régulation des plateformes numériques. Les autorités investissent leurs efforts dans la surveillance de l’opinion sous le prétexte de combattre la diffusion de fausses informations, substituant ainsi les promesses de modernité scientifique par des mesures restrictives visant à encadrer la liberté d’expression.
Ce revirement stratégique met en évidence la fragilité des engagements pris devant les citoyens. Alors que les infrastructures de base manquent cruellement, notamment l’accès à l’électricité et un réseau internet fonctionnel, le pouvoir préfère éluder le bilan de ses promesses passées. Les cadres du régime se trouvent aujourd’hui dans l’incapacité de justifier l’abandon de ce programme universitaire international, alors même qu’ils exigeaient des observateurs une adhésion totale à leur vision de développement. La jeunesse centrafricaine se retrouve ainsi confrontée au vide d’une gouvernance qui privilégie la préservation de ses acquis politiques au détriment des projets d’avenir brandis durant la campagne.
Par Alain Nzilo
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