Ndélé : le préfet Francis Bangue Doungoupo et son garde du corps transforment la route de la carrière Mbala en péage clandestin

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Ndélé : le préfet Francis Bangue Doungoupo et son garde du corps transforment la route de la carrière Mbala en péage clandestin

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

À Ndélé, la barrière illégale gérée par la sécurité du préfet Francis Bangue Doungoupo sur la route de la carrière Mbala impose une taxe forcée aux motocyclistes sous l’œil bienveillant de l’autorité locale.

 

La colline de Ndélé abrite la résidence officielle du préfet de la Bamingui-Bangoran, Francis Bangue Doungoupo, mais elle abrite désormais aussi un réseau d’extorsion routière à ciel ouvert. Juste à côté du domicile de la plus haute autorité de la région, son propre garde du corps a pris l’initiative d’installer une barrière de contrôle totalement illégale. L’emplacement n’a pas été choisi au hasard. Il se trouve sur la route de la carrière Mbala, une voie de sentier extrêmement fréquentée par les travailleurs, les commerçants et surtout les conducteurs de moto qui se rendent quotidiennement sur ce chantier minier pour tenter de gagner leur vie.

 

Sur cet axe à forte affluence, le garde du corps applique à la lettre une règle bien connue mais totalement illicite : la formalité. Dans le jargon imposé par les porteurs de tenue dans le pays, ce terme signifie une obligation simple et directe, celle de verser de l’argent en espèces pour obtenir le droit de passer. Chaque motocycliste qui emprunte cette route avec sa cargaison ou ses passagers se voit stoppé et contraint de payer une somme arbitraire. Ceux qui triment du matin au soir pour ramener de quoi nourrir leur famille doivent ainsi abandonner une partie de leurs maigres revenus à ce poste de contrôle sauvage.

 

Le point le plus grave de cette situation réside dans la complicité passive, voire active, du préfet Francis Bangue Doungoupo lui-même. L’autorité administrative est pleinement informée que son élément de sécurité rackette la population à quelques mètres de sa concession. Pourtant, aucune mesure n’est prise pour démanteler cette barrière ou punir l’agent indélicat. Ce silence complice indique une réalité évidente : le préfet tire un profit direct de cette entreprise criminelle. Les sommes d’argent perçues sur le dos des citoyens sont partagées, permettant aux dirigeants de s’engraisser grâce aux efforts d’une population déjà étouffée par la crise économique.

 

Cette gestion administrative représente le fonctionnement concret de la République sous le troisième mandat de Touadéra. Les forces de l’ordre et les représentants de l’État délaissent leurs missions de protection pour se muer en agents de perception privés. Au lieu de sécuriser les axes routiers ou de faciliter la circulation des biens et des personnes, les soldats et les autorités locales multiplient les obstacles artificiels pour soutirer les derniers billets des poches des usagers. Le système de prédation est validé au sommet de la hiérarchie locale, transformant la fonction publique en un moyen d’extortion où le chef profite directement des gains de son subordonné. Les motocyclistes de Ndélé continuent de subir quotidiennement cette loi du plus fort, sans aucun recours possible face à une autorité qui a choisi de devenir le bénéficiaire de l’illégalité qu’elle devrait combattre.

 

Par Barthelemy Kossi

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