Recharger un téléphone, s’éclairer : L’immense défi de l’accès à l’énergie au cœur du discours du dictateur Touadéra devant la BAD au Congo

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Recharger un téléphone, s’éclairer : L’immense défi de l’accès à l’énergie au cœur du discours du dictateur Touadéra devant la BAD au Congo

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Le décalage entre les ambitions de grandeur de l’empereur Faustin-Archange Touadéra et la misère quotidienne des Centrafricains a éclaté de manière spectaculaire lors du sommet financier de Brazzaville.

 

Les rideaux sont tombés sur les Assemblées de la Banque africaine de développement en République du Congo, laissant derrière eux le souvenir d’un grand oral présidentiel particulièrement humiliant pour le régime de Bangui. Venu initialement pour vanter les mérites de sa gouvernance et réclamer des milliards pour ses plans de développement, le dictateur centrafricain a dû poser genou à terre sur la question cruciale de l’électricité. Devant un parterre de banquiers et de chefs d’État médusés, l’empereur a mis de côté les grands projets industriels pour formuler une demande d’une pauvreté affligeante, l’achat en urgence de kits solaires individuels.

 

Cette sollicitation publique pour obtenir du matériel de poche afin de permettre aux populations de s’éclairer la nuit et d’alimenter les batteries des téléphones portables constitue l’aveu d’échec le plus retentissant de la décennie Touadéra. Après dix ans de pouvoir absolu, de promesses de reconstruction et de slogans sur l’émergence économique de la Centrafrique, le chef de l’État reconnaît implicitant que son administration est incapable de fournir le moindre kilowatt-heure stable à la capitale et aux provinces. Le quotidien des habitants de Bangui se résume désormais à une quête permanente d’énergie pour des besoins de survie technologique et domestique élémentaire.

 

Le naufrage est d’autant plus complet que les institutions régionales avaient élaboré des programmes d’envergure, à l’instar du projet M300 destiné à transformer le paysage énergétique national. Mais au micro des journalistes à Brazzaville, le dictateur a enterré ces chantiers structurels en expliquant qu’ils nécessitent des années pour leur implémentation et que l’urgence du peuple se situe au niveau de la débrouille immédiate. Cette incapacité à piloter des infrastructures à long terme découle directement de l’incompétence des ministères de la dictature, où le népotisme et la mauvaise gestion bloquent les dossiers techniques indispensables à la libération des financements.

 

Les statistiques de la BAD confirment cette paralysie générale de l’appareil d’État centrafricain sous le règne de l’empereur. Sur l’ensemble des crédits alloués pour les grands travaux régionaux, le gouvernement n’a réussi à consommer que le taux dérisoire de 28%, laissant les 72% restants bloqués dans les caisses du bailleur de fonds en raison de l’opacité administrative et du manque de transparence de Bangui. Les investisseurs constatent que le régime préfère quémander des gadgets solaires à distribuer lors des campagnes politiques plutôt que de se plier aux règles rigoureuses d’audit qui permettraient de bâtir de véritables centrales électriques.

 

La stratégie de communication du pouvoir, qui tentait de recycler le Plan national de développement présenté au Maroc pour masquer la faillite locale, s’écroule d’un coup. En mendiant des chargeurs de téléphones portables au Congo, le dictateur ramène la République centrafricaine au rang des nations sous perfusion humanitaire perpétuelle, incapable de traduire ses immenses richesses naturelles en services de base pour sa population. Les responsables de la Banque africaine de développement maintiennent leurs exigences de bonne gouvernance, refusant d’accélérer les décaissements pour un régime qui navigue à vue et transforme les sommets internationaux en foire aux lampes de poche, tandis que les foyers centrafricains restent plongés dans l’obscurité totale sous le regard impuissant de l’empereur.

 

 

Par Alain Nzilo

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