45 JOURS APRÈS L’INVESTITURE DE TOUADÉRA : UN MANDAT QUI COMMENCE COMME IL RISQUE DE FINIR

0
14

45 JOURS APRÈS L’INVESTITURE DE TOUADÉRA : UN MANDAT QUI COMMENCE COMME IL RISQUE DE FINIR

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Quarante-cinq jours après son investiture, Faustin-Archange Touadéra gouverne comme s’il n’avait jamais promis quoi que ce soit au peuple centrafricain. Le redressement annoncé n’est plus qu’un souvenir de discours. À sa place, un régime entièrement tourné vers sa propre conservation, indifférent aux urgences réelles du pays.

 

Ce que l’on observe depuis le début de ce nouveau mandat n’est pas une rupture avec les pratiques passées. C’est leur continuité assumée. La justice répond aux injonctions du pouvoir. Les institutions de la République servent les intérêts de l’empereur plutôt que ceux des citoyens.

 

L’affaire Anicet-Georges Dologuélé cristallise cette réalité. Le président de l’URCA, Union pour le Renouveau Centrafricain, ne peut pas voyager, faute de passeport. Ses proches parlent d’apatridie administrative. Dans l’opinion, la lecture est simple : en Centrafrique, un document aussi banal qu’un passeport peut être refusé à un adversaire politique sans que personne au sein de l’État ne juge utile de s’en expliquer.

 

TOUADÉRA, patron de LA CORRUPTION

Avant même la fin de ces quarante-cinq premiers jours, le dictateur se retrouve personnellement cité dans des affaires qui en disent long sur son régime. Le cas du Km5 a choqué une partie de l’opinion. Lors d’une cérémonie publique, un chèque de cinquante millions de francs CFA lui est remis directement par des mafieux tchadiens.

 

Cette image a circulé dans un contexte précis : celui d’un quartier où les habitants manquent toujours d’eau, d’électricité, de structures sanitaires et d’écoles dignes de ce nom, dix ans après les violences de 2013. La scène confirme l’écart entre les discours officiels sur la lutte contre la corruption et ce qui se passe réellement.

 

UN GOUVERNEMENT DONT ON PARLE DÉJÀ AU PASSÉ

La composition complète du nouveau gouvernement se fait toujours attendre. Plusieurs observateurs évoquent déjà un exécutif mort avant d’avoir gouverné. La politique économique n’est plus au cœur des débats. Ce qui occupe le quotidien des Centrafricains, ce sont les urgences sécuritaires, le délabrement des services publics et les tensions institutionnelles.

 

Le bilan du Premier ministre Félix Moloua reste sévèrement jugé. Sa réputation de travailleur rigoureux n’a pas suffi à effacer ce que retiennent de son passage à la primature : l’échec du RCPCA, les nominations partisanes, le clientélisme dans l’administration, et des élections dont l’organisation a été contestée de toutes parts.

 

L’ENTOURAGE DE GOUANDJIKA ET L’IMPUNITÉ QUI S’AFFICHE

Parmi les premières affaires ayant pesé sur le début du mandat figure celle des propos attribués à l’entourage de Ionel Gouandjika. Des déclarations insultantes ont circulé sur les réseaux sociaux, provoquant une vague de réactions. Ce qui a aggravé la situation, c’est le silence des autorités. Ce silence valait réponse : les proches du pouvoir peuvent se permettre ce que d’autres ne peuvent pas.

 

LES “BACS EXCEPTIONNELS” ET LES ENTORSES AU CODE ÉLECTORAL

Le ministre Aurélien Simplice Zingas a signé des baccalauréats dits exceptionnels. L’initiative a suscité des protestations dans les milieux enseignants, qui y voient une dévaluation supplémentaire d’un diplôme déjà fragilisé par des années de dysfonctionnements scolaires.

 

Mais l’affaire a pris une autre dimension quand l’Autorité Nationale des Élections a validé des candidatures de personnes ne disposant pas du niveau de baccalauréat pourtant exigé par le code électoral. Des partis et des organisations citoyennes ont dénoncé une application sélective des règles, au profit des candidats proches du pouvoir.

 

L’ÉTAT AU SERVICE DU MCU

L’empereur a multiplié les déplacements dans des localités pour soutenir des candidats aux législatives, régionales et municipales. Fonctions républicaines et intérêts partisans du MCU : la frontière n’existe plus.

La reconduction de Simplice Mathieu Sarandji à la tête de l’Assemblée nationale a renforcé ce constat. Touadéra et Sarandji concentrent progressivement l’ensemble des leviers institutionnels entre les mains d’un même cercle, au détriment du principe de séparation des pouvoirs.

 

Lim-Pendé et Haut-Mbomou : les populations livrées à elles-même

Pendant que Bangui s’agite, les préfectures continuent de saigner. Dans la Lim-Pendé, des éléments du groupe 3R circulent en armes à Paoua et installent des barrières illégales sur les axes routiers. Les populations civiles y sont régulièrement rackettées sans que les forces de sécurité n’interviennent.

 

Dans le Haut-Mbomou, des villages entiers vivent dans la peur. Des milliers de personnes ont quitté leurs localités. Le mouvement A Zandé Ani Kpi Gbé exige le retrait des éléments de Wagner de la région, qu’il tient pour responsables de l’aggravation des tensions. Des fonctionnaires de l’État restent retenus en otage dans certaines zones, ce qui dit quelque chose de concret sur l’état du contrôle administratif dans cette partie du territoire. Les organisations humanitaires alertent régulièrement, sans que leur voix semble peser sur les décisions de Bangui.

 

LA FAMILLE BORGO ET L’AFFAIRE ZÉMIO

L’attaque contre la famille Borgo à Am-Dafock a provoqué une vive émotion. Dans cette zone frontalière déjà sous tension, les populations réclament des enquêtes sérieuses et des réponses que les autorités n’ont pas encore fournies.

 

À Zémio, l’arrestation d’Antoine Zogonimbou et d’un autre citoyen connu sous le nom de MESAC a provoqué une polémique distincte. Après plusieurs jours de détention dans les locaux de la gendarmerie locale, les deux hommes ont été transférés à Bangui par des éléments liés à Wagner, sans validation judiciaire. Leurs familles dénoncent une violation des procédures et attendent toujours une réponse officielle.

 

MERCURE LOGISTIQUE ET LES VIOLENCES AU TRAVAIL

La société Mercure Logistique est au cœur de plusieurs affaires qui ont alimenté les débats sur les réseaux sociaux. Samatan Olivia Imanga a dénoncé publiquement du harcèlement et un licenciement qu’elle attribue au directeur technique de l’entreprise. Plus grave encore, des accusations de viol visant un responsable de la même société ont relancé les questions sur les violences faites aux femmes dans les milieux professionnels centrafricains et sur l’impunité dont bénéficient certaines entreprises.

 

PRESSE ET OPPOSITION SOUS PRESSION

Des journalistes de Radio Centrafrique ont été sanctionnés après avoir évoqué les coupures récurrentes d’électricité à Bangui. Le journaliste Rolf Steve Domia-Leu et le porte-parole de l’URCA ont été interpellés à la suite d’une conférence de presse organisée par Dologuélé. Ces affaires s’ajoutent à une liste qui s’allonge.

 

LES RÉFUGIÉS DE ZAPAY OUBLIÉS

Sur le site de Zapay, en République démocratique du Congo, des réfugiés centrafricains ayant fui les violences du Haut-Mbomou survivent dans des conditions qui inquiètent les humanitaires. Certaines organisations ont commencé à se retirer de la zone, laissant des milliers de personnes face aux maladies, au manque de nourriture et à l’absence de soins. Le risque épidémique est réel. Bangui n’en parle pas.

 

Par le journaliste Roméo Silvère Doubalet,   La voix des sans voix.

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email : corbeaunewscentrafrique@gmail.com