Retour de l’ancien ministre Armel Sayo à la prison du Camp de Roux : un corps déformé , l’homme devenu méconnaissable par des mois de détention secrète à la prison russe
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’ancien ministre Armel Sayo a été réincarcéré à la maison d’arrêt du Camp de Roux ce mardi 12 mai 2026. Son état physique témoigne des sévices subis durant sa longue disparition.
Une réapparition dans un état de délabrement physique
Après avoir passé près d’un an entre les mains des mercenaires russes du groupe Wagner, Armel Sayo est revenu à la prison du Camp de Roux, également appelée Guantánamo de Touadéra. L’homme qui a franchi les grilles de l’établissement ce mardi n’est plus que l’ombre de lui-même. Selon des témoins oculaires, l’ancien ministre est devenu méconnaissable : ses cheveux sont longs et hirsutes, sa démarche est chancelante et son corps semble avoir subi des traumatismes structurels, notamment au niveau des côtes.
Actuellement, son état de santé est jugé si critique qu’il a été immédiatement transféré à l’infirmerie de la prison. Cette situation confirme les alertes lancées depuis des mois par son avocate, Maître Arlette Sombo-Dibele, qui dénonçait déjà en octobre 2025 des conditions de détention s’apparentant à celles d’un camp de concentration.
Chronologie d’une extraction extrajudiciaire
L’épreuve d’Armel Sayo débute le 7 juillet 2025. Alors qu’il est officiellement détenu sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux, il est extrait de sa cellule par le directeur de l’OCRB, officiellement sous mandat du Procureur de la République. Sauf que durant la nuit de ce lundi 7 au mardi 8 juillet, il est remis aux mercenaires russes. Ce transfert, réalisé sans aucun cadre légal et sous la pression de Touadéra en personne, marque le début d’un cycle de disparitions et de brèves réapparitions instrumentées pour tromper la communauté internationale.
Malgré les demandes d’explications du CICR, de l’ambassade de France et même du président camerounais Paul Biya, le pouvoir de Bangui a maintenu une opacité totale sur son sort. Les autorités utilisaient un stratagème rodé : ramener Sayo temporairement à l’OCRB pour des auditions judiciaires filmées, avant de le renvoyer dans les geôles souterraines russes du Camp de Roux ou dans des conteneurs à l’aéroport de Bangui-Mpoko.
L’échec des garanties judiciaires
Cette affaire met à nu l’effacement de l’autorité judiciaire centrafricaine devant les milices étrangères. Pendant que le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, tentait de justifier cette situation par de prétendus complots, l’ancien ministre subissait des interrogatoires hors de toute présence d’avocat. Des techniques de manipulation numérique, incluant le clonage de voix par intelligence artificielle, ont même été employées pour diffuser de faux aveux de la victime.
Le retour d’Armel Sayo à l’infirmerie de la prison du Camp de Roux met fin à une disparition forcée, mais ouvre le chapitre des responsabilités quant aux tortures qu’il a manifestement endurées sur le sol national sous le regard du régime.
Par Alain Nzilo
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