Mapenzi déclare que l’Assemblée nationale n’est pas une chorale, mais il veut par contre que tout le monde chante la partition du régime à voix haute

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L’arrogance de Jean Symphorien Mapenzi s’affiche sans complexe au perchoir. Sous un vernis de sagesse institutionnelle, le vice-président prépare en réalité la mise au pas définitive des élus de la nation.

 

Mapenzi déclare que l'Assemblée nationale n'est pas une chorale, mais il veut par contre que tout le monde chante la partition du régime à voix haute

Jean Symphorien Mapenzi manie l’ironie avec une maladresse qui trahit ses intentions réelles. En affirmant que l’Assemblée nationale ne ressemble pas à une « chorale », il tente de balayer les critiques sur le monolithisme écrasant du MCU. Pourtant, la suite de son propos détruit immédiatement cette posture : il exige que chaque député suive le « tempo » imposé par le chef d’orchestre Simplice Mathieu Sarandji. Cette vision transforme le débat parlementaire en une simple répétition générale où aucune fausse note, aucune contestation, n’est tolérée. L’hémicycle devient ainsi un espace de soumission où la réflexion individuelle s’efface devant les ordres du parti.

 

Cette volonté de caporaliser les élus s’appuie sur une logique de clan qui ne dit pas son nom. Mapenzi revendique une unanimité de façade pour justifier l’absence de pluralisme. Pour lui, le fait que de nombreux postes n’aient eu aucun concurrent constitue un succès, alors que c’est la preuve d’un étouffement politique total. Il installe une discipline de fer qu’il appelle « aciduité », un terme policé pour exiger le silence des représentants du peuple. Les députés ne sont plus là pour questionner, mais pour valider les projets de loi que le gouvernement décide d’importer, selon ses propres termes.

 

L’élu du MCU pousse le cynisme jusqu’à nier les tensions sociales internes. Alors que le mécontentement gronde, il préfère parler d’entente et de cohésion. Sa loyauté aveugle envers le chef de l’État l’amène à considérer l’institution comme un simple « instrument » au service d’une politique unilatérale. En se proclamant gardien de la volonté présidentielle, Jean Symphorien Mapenzi tourne le dos à sa mission de contrôle. Il ne cherche pas l’équilibre, mais l’alignement pur et simple de l’appareil législatif sur les intérêts d’une minorité au pouvoir, transformant la représentation nationale en un comité de soutien zélé.

 

Par Éric Azoumi

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