Centrafrique : Bangui paralysée par une « ville morte » naturelle administrative

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Un climat de fin de règne plane sur la ville de Bangui jeudi 29 octobre : les routes sont désertes, vidées de leurs véhicules et de leurs passagers. Non pas parce que la cité s’apprête à accueillir des hommes armés, mais parce que la nature a décidé d’instaurer sa propre « ville morte ».

 

À Bangui, certains y voient déjà un signe du destin, un signe de Dieu qui appelle les dirigeants comme le peuple à revenir à la réflexion.

 

Centrafrique : Bangui paralysée par une « ville morte » naturelle administrative
circulation dans la ville de Bangui 1

 

Alors que le régime vient de réprimer et d’incarcérer arbitrairement les initiateurs de la récente journée « ville morte » dans les geôles de la police, puis maintenant dans celles de la gendarmerie et du SRI, la nature a pris le relais de la contestation.

 

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En quoi? Par des pluies diluviennes et une ville morte naturelle dictée par le Ciel.

 

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Des pluies diluviennes se sont abattues sur la capitale, Bangui, comme à l’accoutumée en ce mois d’octobre, provoquant d’énormes dégâts matériels et des pertes en vies humaines dans plusieurs quartiers.

 

Mais le coup de grâce est venu d’ailleurs : dès ce jeudi 29 octobre, la ville est littéralement « morte » d’elle-même, sans que personne ne le demande, paralysée par une pénurie totale de carburant dans les stations-services.

 

Une situation critique qui désavoue spectaculairement les récentes menaces du Premier ministre Félix Moloua, lequel fulminait contre l’absentéisme des fonctionnaires tout en ignorant superbement le calvaire quotidien des citoyens.

 

La déconnexion du Premier ministre face au calvaire quotidien

 

Cette paralysie involontaire, cette ville morte naturelle, vient percuter de plein fouet l’arrogance de l’exécutif. Pas plus tard que le lundi 26 octobre 2026, lors de la traditionnelle cérémonie de levée des couleurs au ministère de la Fonction publique, le Premier ministre Félix Moloua s’est fendu d’une sortie musclée.

 

Devant le ministre Marcel Djimassé, le chef du gouvernement a prôné la « tolérance zéro », ordonnant de traquer et de chasser les fonctionnaires « dormeurs » et absentéistes des bureaux climatisés, allant jusqu’à lancer : « Ceux qui dorment, il faut les laisser dormir tranquillement. Le ministre va les aider à dormir à la maison ».

 

Une mise au point hors-sol qui oublie superbement une réalité implacable.

 

Non seulement les fonctionnaires perçoivent des salaires de misère, entre 80 000 et 120 000 FCFA, pour la quasi totalité d’eux, mais ils doivent consacrer la moitié de leur paie uniquement pour payer leur transport afin de se rendre au travail.

 

Interrogée par notre rédaction, une fonctionnaire habitant le quartier de Gombongo confrontée à cette journée ville morte naturelle, confie ainsi qu’après avoir cherché en vain un moyen de transport pendant près de trois heures pour rejoindre son bureau au ministère du Tourisme, elle a dû rebrousser chemin et rentrer chez elle.

 

Entre l’allée, mission impossible déjà et le retour annoncé comme un véritable calvaire, c’est l’angoisse totale quant aux semaines à venir, a-t-elle conclu.

 

Sur le terrain, le reportage réalisé par notre rédaction témoigne du désespoir général. Dans les rares stations encore approvisionnées, les files d’attente s’étirent sur des kilomètres. Des conducteurs de motos-taxis et de taxis passent des heures, voire des journées entières, sous le soleil et sous la pluie, pour récolter au compte-gouttes quelques litres d’essence indispensables à leur survie quotidienne.

 

Face à cette faillite chronique, de nombreux citoyens s’interrogent déjà ouvertement sur la gouvernance erratique du régime de Faustin-Archange Touadéra.

 

Pourquoi le chef de l’État s’entête-t-il à refuser de libéraliser le secteur pétrolier et à balayer d’un revers de main les solutions pragmatiques préconisées par les leaders de l’opposition démocratique et du BRDC, à l’instar des anciens Premiers ministres Martin Ziguélé et Anicet Georges Dologuélé ?

 

Face à la pénurie de carburant généralisée, le Premier ministre Félix Moloua maintient ses menaces contre les fonctionnaires absentéistes tandis que le président Faustin-Archange Touadéra s’envole pour Moscou.

Ces derniers suggèrent pourtant des alternatives logiques, comme le ravitaillement par le fleuve et l’approvisionnement auprès des pays de la CEMAC producteurs de pétrole. Plutôt que d’écouter la raison, Touadéra préfère s’en remettre à ses mercenaires russes qui prennent en otage, avec son neveu Arthur Piri, le monopole de la commercialisation des produits pétroliers.

 

Ces mercenaires russes, pour leur commerce, imposent d’importer du carburant depuis leur pays, prétendument moins cher en raison des sanctions internationales et de l’embargo, ignorant superbement les coûts logistiques colossaux et aberrants nécessaires pour acheminer ce produit jusqu’à Bangui.

 

Pendant ce temps, Touadéra, accompagné du quart des effectifs de son gouvernement, a pris une nouvelle fois la clef des champs, s’envolant pour Moscou alors que sa capitale Bangui suffoque sous les inondations, la crise des carburants et la cherté de la vie.

 

En voulant menacer les fonctionnaires de sanctions et en ignorant les véritables causes de la léthargie administrative, Félix Moloua et son gouvernement ont reçu une leçon cinglante de la réalité qu’ils ignorent. Ce n’est pas la paresse des agents qui vide les bureaux de l’État, mais bien l’effondrement systémique d’un régime à bout de souffle, engoncé dans des choix mercenaires absurdes et totalement déconnecté du calvaire de ses administrés.

 

A suivre…

 

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